Hist. eccL, t. 11, p
» osté quelques-uns de ses serviteurs ; mais le cœur ne luy faillit
> pour cela, parlant plus haut et plus généreusement que ja- » mais, comme aussi il en escrivit à Orléans, exhortant la prin-
> cesse et tous les chefs de l'armée à vertu et constance, et à » s'assurer qu'encores que ses ennemis le fissent mourir. Dieu » leur susciterait un aultre chef et favoriseroit jusques à la fin
> leur cause qui estoit la sienne. »
Les exhortations du prince à vertu et constance avaient été devancées, dans les murs d'Orléans, à l'approche de l'armée cathoUque, par d'Ândelot, la princesse et madame Tamirale, dont l'attitude était admirable.
Miné par la fièvre, d'Andelot n'en déployait pas moins, en face de l'ennemi, une activité incessante. Il avait établi dans la ville un ordre parfait et mis la défense sur un pied respectable. Le soin des pauvres, des malades, la direction de l'assistance spirituelle, étaient plus particulièrement le partage de la princesse et de sa tante, Charlotte de Laval, qui, Tune et l'autre, mralgré l'état chancelant de leur santé, se prodiguaient au dehors et utiHsaient pour le bien commun le concours de plusieurs femmes dévouées qui s'inspiraient de leurs nobles exemples. Déférant aux avis de sa sœur et de sa nièce, d'Andelot s'était efforcé de mettre chacun à même de concilier, avec les exigences auxquelles était nécessairement soumise la population d'une ville assiégée, l'accomplissement de devoirs supérieurs, dans l'ordre religieux et dans le domaine de la charité appliquée au soulagement des souffrances physiques et morales. De là, à la suite de conférences tenues avec les miaistres et diverses personnes considérables, l'adoption du régime suivant : « Quant à l'ordre de l'église, outre les prédications ordinaires
> et les prières aux corps de garde, on faisait prières générales
> extraordinairement à six heures du matin, à l'issue des- ^ quelles les ministres et tout le peuple, sans nul excepter,
> alloient travailler aux fortifications de tout leur pouvoir, se re-
y> trouvant chacun de rechef à quatre heures du soir aux » prièi^es : et fut aussi un bien assigné pour recueillir les y> blessés, qui estoient pansés et traités très humainement par j> les femmes les plus honorables de la ville, n'y épargnant y> leurs biens ni leurs personnes. En quoy firent entre autres D un merveilleux devoir les demoyselles des Marets, la baillive » d'Orléans et de Martinville, dignes de perpétuelle méj) moire ^ j
Les 6 et 9 février, le duc de Guise, qui, dès le 5, était venu camper près d'Orléans, s'était emparé du portereau et des tourelles *. Enflé par ce double succès, il avait osé « mander à la » royne mère qu'il la prioit ne trouver mauvais s'il tuoit tout > dans Orléans, jusques aux chiens et aux rats, et s'il faisoit D destruire la ville jusques à y semer du sel ^ ï>.
Sans s'arrêter à la jactance du duc, et alors que du 9 au 18 février il activait ses préparatifs pour assaillir les îles et tenter de pénétrer de vive force dans la ville, Catherine de Médicis s'occupait de nouveau à ménager une entrevue du prince de Condé avec le connétable. Les préliminaires en devaient être ouverts, du côté de la cour, par l'évêque de Limoges et d'Oysel, qui préalablement se rendraient à cet effet auprès d'Anne de Montmorency *, et, du côté de Louis de Bourbon, par deux officiers protestants, Boucard et d'Esternay, qui, préalablement aussi visiteraient le prince dans sa prison.
Le 13 février, « messieurs de Limoges et d'Oysel s'en al-