‹ Gaspard de ColignyChapitre 8 sur 226 · Id., ihid., n · texte numérisé non relu

Id., ihid., n

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Enfin, les 15, 16, 17 et 18 février 1562, a lieu, à Saverne, une entrevue dans laquelle les deux frères, en habiles comédiens, jouent, vis-à-vis du loyal et trop confiant Christophe, le rôle de personnages débonnaires, animés d'un esprit de tolérance et de conciliation, faisant bon marché de certaines croyances et pratiques propres au catholicisme, n'attachant de prix qu'aux grandes doctrines évangéliques, et disposés à se rallier à la confession d*Augsbourg. C'est bien sous cet aspect que, sans s'en douter, le duc de Wurtemberg, dont ils ont surpris la bonne foi, nous met lui-même à portée d'envisager ses deux interlocuteurs, dans une fidèle relation des conférences de Saverne qu'il a écrite K Parmi les détails qu'elle renferme, il en est un surtout qui excite Tindignation, alors qu'on voit les deux Lorrains porter jusqu'aux dernières limites l'audace dans le mensonge^ . Écoutons sur ce point le pieux et véridique Christophe : c Je dis au duc de Guise: Puisque nous en sommes maintenant 1 à nous expliquer l'un avec l'autre, je ne puism'empescher de 1 vous informer que vous et vostre frère estes hautement soupji çonnés, en Allemagne, d'avoir contribué à faire périr après le t le décès de Henri II, et encore de son vivant, plusieurs mil- » liers de pei'sonnes qui ont été misérablement livrées à la

> mort, à cause de leur foi. Comme ami et comme chrétien, je 1 dois vous avertir : Gardez-vous du sang innocent; les châti- » ments de Dieu vous atteindraient dans cette vie et dans l'au- » ti-e. Il me répondit avec de grand ssoupirs : Je sais bien qu'on

> nous accuse de cela et d'autres choses encore mon frère et » moi, mais on nous fait tort ; nous vous l'expliquerons tousdeux

> avant votre départ. — Plus tard, le cardinal me dit, en pré-

> sence du duc de Guise : Vous avez informé mon frère, qu'en

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