Voy. le texte de celle relalion à TAppendice, n
1 CaJvinus Sturmio, !25 mars ioi\^ (op. Calvini; t. i9, p. 359, n«3754) : c Si
> quidnuperTabernis simularant istœ furiaB (Guysiani), quàm vanœ et fallaces
> cssenl eorum blaiidiliœ, detexil quod mox subsequulum est facinus. >
y> Allemagne on nous soupçonne tous deux d'avoir contribué à D faire mourir un grand nombre de chrétiens innocens, sous les }> règnes de Henri et de François II : eh UenI je vous le jure au j> nom de Dieu, mon créateur et en y engageant le salut de mon D âme, je ne suis coupable de la mort d'aucun homme condamné
j> pour cause de religion Le duc de Guise, de même, avec
D de grands serments, affirma qu'il était innocent de la mort de » ceux qu'on avoit condamnés pour cause de leur foi... je les }> conjurai ilérativement de ne pas persécuter les pauvres chré-
> tiens de France : Dieu ne laisserait pas sans châtiment, dis-je, » un pareil péché. — Ils me donnèrent alors la main, promet- 9 tant sur leur foi de princes et sur le salut de leur âme, de ne
> persécuter ni ouvertement ni en secret les partisans de la » nouvelle doctrine. — Nous quittâmes Saverne, le 48 février, i> après-midi, les quatre frères de la maison de Guise* et mol D Avant de nous séparer, tous les quatre, en me donnant la » main, me promirent encore une fois de n'agir ni en ennemis, » ni en persécuteurs envers ceux qui, disaient-ils, ont adopté la » nouvelle doctrine et quitté le papisme, mais de contribuer » selon leur pouvoir à l'établissement d'une concorde chré- » tienne. »
Or voici de quelle manière le duc de Guise entendit, pour sa part, y contribuer immédiatement : ce fut d'abord, à son retour d'Alsace en Lorraine, en faisant pendre un pauvre artisan auquel il n'imputait d'autre crime^ que celui d'avoir fait baptiser son enfant à la mode de Genève^; ce fut, de plus, en adressant les instructions suivantes à Lamothe-Gondrin, son lieutenant
1. Le cardinal de Guise et le grand-prieur, de même que leurs frères, le duc de Guise et le cardinal de Lorraine, s'étaient rendus à Saverne.
2. c Retournant le duc de Guyse au moys de febvrier des frontières d'Aile-
> maigne, par sou moyen et sa poursuite, un espinglier du bourg de Saint-Ni-
> colas, en Lorraine, fut pendu el estranglé à une potence, près la halle dudit
> lieu, pour avoir faict baptiser son enfant en la forme et manière qui se fait
> es églises réformées. > {Mém. de Condé, t. III, p. 132-133.)
en Dauphiné, qui venait de soulever l'indignation des réformés de Romans en les troublant dans l'exercice de leur culte : c Je pense que, s'il se fait par delà quelque assemblée notable j et où il y ait beaucoup de gens, il sera bon de se saisir du j ministre et le faire tout soudain pendre et estrangler, comme
> auteur des séditions et tumultes dont on a usé àl'encontrede
> vous...., estimant que par ce moyen les autres se voudront ) garder de mesprendre, et que cela réprimera à plusieurs leur
> folie. Vous me ferés plaisir de n'espargner en cela chose que )vous puissiés, car je ne pense point qu'on en puisse autre-
> ment venir à bjOut. — P. S. Vous estes homme de guerre; il
> vous faut attraper le dit prédicant, quand ils sont peu accom-
> pagnes, hors leurs presches, ou en autres lieux, comme ver-
> résà propos, et soudain, le billot au pied,le faire pendre parle
> prévost comme séditieux, contrevenant aux édits du roy*... y> Tel fut, de la part du duc de Guise, à la date du 28 février, le
prologue d'un drame sanglant qui, le lendemain 1" mars, se déroula à Vassy, localité voisine de Dammartin-le-Franc,où il venait de tracer ses instructions à Lamothe-Gondrin ; drame dont les effroyables scènes arrachèrent au duc de Wurtemberg, désormais désabusé sur le caractère des Guises, cette douloureuse exclamation : « Hélas! on voit maintenant comment ils
> ont tenu leurs promesses!! Dans sit ultor doli et perjurii, eu- ^jusnamque res agitur^... »
1. Béze, HisL eccl.,%. Hï, p. 250. — Le ministre Jean de Laplace écrivit de Valence à Calvin, le 22 mars 1562 (op. Galvini, 1. 19, n«>3 751, p. 353 à 356) : c... Le nombre des Gdèles est multiplié... ce qui cause ung merveilleux mal de » teste à nos ennemis et surtout à celuy qui nous est adversaire juré (Lamothe- 1 Gondrin), lequel, de grande fureur, s'efforce d'intimider les uns et les autres » par menaces, se vantant qu'il en fera pendre, ayant de ce faict charge
> expresse, comme il faict appïiroistre par lettres que celuy duquel il despend
> entièrement luy a envoyées de Ginville (Joinville), lesquelles moy mesme ay
> reues par subtil moyen. Quoy qu'il en soit, il machine de grandes choses
> contre l'église de Dieu. >
1 Ces quelques mots, écrits de la main même du duc Christophe de Wur-
Quelques mots d'abord sur certaines circonstances par lesquelles s'explique la présence de François de Lorraine à Dammartin-le-Franc, le 28 février 1562.
Dans les derniers jours de ce mois, Paris, foyer principal des intrigues ourdies contre Tédit de janvier, était en proie depuis plusieurs semaines à une agitation menaçante pour les réformés et pour la royauté elle-même *. Le parlement osant tenir pour non avenues les lettres de jussion qui lui avaient été successivement adressées, il s'agissait d'imposer un terme à une résistance dont l'insolite opiniâtreté touchait au scandale : aussi, Catherine crut-elle devoir conférer, le 22 février ^, avec les membres influents de cette compagnie, alors plus factieuse que grave. Elle réussit aies mettre sur la voied'une soumission nécessaire; et le parlement de Paris, abordant enfin cette voie, procéda le 6 mars à l'enregistrement de l'édit, mais en se retranchant dans la formule suivante : c Attendu la nécessité urgente, et en oby> tempérant à la volonté du roi, sans approbation de la nouvelle y> religion; le tout, par manière de provision, et jusqu'à ce > qu'il en soit autrement ordonné ^. y>
Seul, le parlement de Dijon, appuyé par le duc d'Aùmale, gouverneur de la Bourgogne, et par Tavannes, son lieutenant, prolongeait une absurde et mesquine résistance * dont des lettres de jussion eussent assurément triomphé, sans les incompréhensibles tergiversations qui en retardèrent l'envoi ^.
A l'issue de la conférence du 22 février, Catherine, voulant
iemberg, sp. trouvent à la suite de sa relation des conférences tenues à Saverne du 15 au i 8 février 156:2.