‹ Gaspard de ColignyChapitre 85 sur 226 · De Béze, Hist. eccl, t. H, p · texte numérisé non relu

De Béze, Hist. eccl, t. H, p

2. Id., Ibid, t. n, p. 308, 309. — Mém, de Condé, t. IV; p. 303, 304.

1 que ledit PoUrot fust exécuté, que premièrement la vérité i> du faict ne fûst bien cogneue, je supplie très humblement

> Voslre Majesté de commander qu'il soit bien gardé : et cepen-

> dant j'ay dressé (fuelques articles sur chacun des siens qui

> me semblent mériter réponse, que j'envoye à Vostre Majesté 3 par ce trompette, par lesquels toutes personnes de bon juge- ^ ment pourront à plus près estre esclaircies de ce qui en est. » Et outre cela je dis qu'il ne se trouvera point que j'aye jamais

> recerché cestuy-là ni autre pour faire un tel acte : au con- 1 traire, j'ay tousjours empesché de tout mon pouvoir que telles

> entreprises ne se missent à exécution. Et de cela en ay-je 1 plusieurs fois tenu propos à monsieur le cardinal de Lorraine ip et à madame de Guyse, et mesmes à Vostre Majesté, laquelle

. ^ se peut souvenir combien j'ay esté contrariant à cela, réservé » cinq ou six mois en ça que je n'ay point fort contesté contre

> ceux qui monstroient avoir telle volonté. Et ce a esté depuis 1 qu'il est venu des personnes que je nommeray quand il sera 1 temps, qui disoient avoir esté pratiquées pour me venir tuer, j> comme il plaira à Vostre Majesté se souvenir quand je luy » dis à Paris, en sortant du moulin où se faisoit le parlement,

> ce que j'ay aussi dit à monsieur le connestable : et néant-

> moins puis-je dire avec vérité que de moy-mesme je n'ay

> recerché, sollicité, ni pratiqué personne pour tel effect : et

> m'en rapporteroys bien à tous ceux qui ont veu mettre telles 1 entreprises en avant devant moy combien je m'en suis moqué :

> et pour n'ennuyer Vostre Majesté déplus longue lettre, je la

> supplieray, encore un coup très humblement, commander ]^ que ledit Poltrot soit bien et soigneusement gardé pour vérii> fier de ce faict ce qui en est; aussi qu'estant mené à Paris, 1 comme on m'a dit, je craindroys que ceux de la cour de par- ]> lemenl le vousissent faire exécuter, pour me laisser ceste ca- » lomnie et imposture, ou bien qu'ils vousissent procéder à

> rencontre de moy pour ce faict : ce qu'ils ne peuvent faire,

» estant mes parties et récusés comme ils sont. ^ Et cepen- D danl ne pensés pas que ce que j'en dis soit pour regret à la D mort de monsieur de Guyse : car j'estime que ce soit le plus i> grand bien qui pouiToit advenir à ce royaCUme et à l'église de

> Dieu, et particulièrement à moy et à toute ma maison, et » aussi que s'il plaist à Vostre Majesté, ce sera le moyen pour ». mettre ce royaume en repos. Ce que tous ceux de ceste armée D désirons bien vous faire entendre, s'il vous plaist nous donner » seureté de ce faire, suivant ce que nous vous avons fait re- 3» quérir aussitost que nous avons esté advertis de la mort dudit » sieur de Guyse. »

Rien de plus fondé que la demande de confrontation formée par Coligny : mais, loin d'en tenir compte, ainsi que les règles les plus élémentaii'es de la justice le leur commandaient impérieusement, ses ennemis, d'accord avec Catherine de Médicis, lui enlevèrent le moyen de confondre par sa présence et son langage l'imposture de l'assassin. On précipita le jugement et la condamnation de celui-ci, alors que l'amiral était encore au loin. Poltrot fut traduit devant le parlement de Paris. « Ceux D qui avaient le procès dudit Poltrot en mains, voyant à l'œil » que son dire n'avait aucun fondement, écrivirent au parle- » ment, dès le 15* de mars, que la garde de Poltrot ne valoit ]> rien et qu'il se vouloit desdire ^ >. Il le voulait, en effet, si bien que, lorsqu'il fut amené, le 18 mars, « en la chambre delà question > pour y entendre le prononcé de l'arrêt qui le condamnait à mort, il déclara : a Que la prenUère déposition par » luy faite devant la royne-mère estoit toute fausse et qu'il avoit ]& icelle faite d'autant qu'il craignoit estre tué par plusieurs

D hommes, serviteurs et domestiques de M. de Guyse j que

]» sa dite première confession; quant au sieur admirai, estoit

> toute fausse, etc., etc. *. j>

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