De Bèze, HUt. eccL, U II, p
Une désapprobation plus sérieuse, celle de Coligny, était réservée au prince de Condé : il ne tarda pas à la subir.
<r L'admirai , rapporte Castelnau ^ , qui estoit en la basse
> Normandie, où U avait pris plusieurs villes et réduit les ca- 1 tholîques eji mauvais estât, fut adverty par le prince de Condé i> que la paix estoit accordée et qu'il laissast la Normandie pour » se trouver à la conclusion des articles ; ce qu'il fit, comme il » m'a dit depuis, avec regret, pour la grande espérance qu'il
> avoit, après la mort du duc de Guise, d'avancer mieux ses
> affaires qu'il n'avoit fait auparavant : et pour le moins, si le » prince de Condé eût un peu attendu , d'avoir entièrement 3 l'édit de janvier. Mais voyant que c'estoit fait, il partit de » Caen, le 14 de mars, avec sa cavalerie, etc., etc. >
Coligny était fermement résolu à tenter, dans l'intérêt de la liberté religieuse, un suprême effort.
Écoutons le langage qu'il tenait alors à un ami * : « 11 me 1 semble que vous ne sçauriez mieulx faire que de vous ache- D miner à Orléans, où j'espère que j'auray le moyen de vous » veoir. Et cependant asseurez-vous qu'il ne tiendra point à » moi que nous n'ayons une paix. Mais si on la pense faire avec i> les articles que j'ay vus, l'on ne peult espérer que plus graves >» troubles en ce royaulme que jamais; car c'est trop grand » pitié que de limiter ainsy certains lieux pour servir à Dieu » comme s'il ne vouloit estre servy en tous endroits. »
L'amiral, € arrivé à Orléans, le 23 mars, avec toutes ses * forces, trouva que l'édict de la paix avait esté accordé, dressé, » signé et scellé, en son absence, dès cinq jours auparavant, et ^ le lendemain en dit franchement son advis au conseil ^, en la
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