‹ Gaspard de ColignyChapitre 91 sur 226 · Bull, de la soc. d'hist. du protest, franc, t. n, p · texte numérisé non relu

Bull, de la soc. d'hist. du protest, franc, t. n, p

3. c AI XXIII de! mese présente (marzo) ginnse l'amiraglio Chastiglione in t Orléans, il quale al XXIV andô et il principe di Condé con d'Andelol, et » altri suoi a rilrovare la regina, la quale îi racolse in publico tutti molto amo-

> revolmente ; dapoi si ristrinsero al consiHo ove stettero Inngameate, etc. > (Dé-

i> présence du prince, remonstrant entre autres choses qu'on se » devoit souvenir, que dès le commencement de ceste guerre, » le triumvirat avoit offert Tédict de janvier, en exceptant seu- ^ lement Paris, et que considérant Testât présent, les affaires » des églises n'avoient jamais esté en plus beau train de s'avan- D cer, estant des trois autheurs de ceste guerre, les deux morts ï> et le troisième prisonnier, qui servoit de bon guarent pour la » sauveté du prince. Il remonstra aussi qu'ayant restreintes les » églises à une ville pour bailliage, avec autres semblables ex- ^ captions, on avoit fait la part à Dieu, et plus ruiné d'églises p par ce trait de plume que toutes les forces ennemies n'en » eussent peu abattre en dix ans; et quant à la noblesse, qu'elle f> devoit confesser que les villes leur avoient monstre l'exemple, » et les pauvres monstre le chemin aux riches. Joint que bien- )> tost les gentilshommes qui voudroient faire leur devoir sentii> roient par expérience combien il leur seroit plus commode » d'aller au sermon en une ville ou bourgade voisine, que rece- » voir une église en leur maison; outre ce que les gentilshommes i> mourans ne délakseroient pas tousjours des héritiers de » mesme volonté. Bref, il discourut tellement et si pertinemy> raent sur ce faict qu'outre le mescontentement de ceux qu'on » n'avoit pas attendus, la pluspart de ceux qui avoient accordé s ceste paix eussent bien voulu que c'eûst esté à refaire. Mais

> le prince opposait à tout cela les promesses qu'on lui avoit i> faites, qu'en bref il seroit en Testât du feu roy de Navarre, i> son frère, et que lors avec la royne, comme on luy avoit pro- T> mis, ils oblietidroient tout ce qu'ils voudroient. Bref, quelque y> peine que se donnast Tamiral accompagnant le prince en 3> plusieurs abouchemens avec la royne, cest édict demeura tel

> qu'il avoit esté arresté, et ne se peut obtenir autre chose, sinon 1» que quelques gentilshommes gagnèrent ce poinct, que quelpêche de M. A. Barbaro, du 29 mars J 563. Archivesgen.de Venise, yol. francia, 1563 à 1566. Senato, 111, sécréta.).

> ques villes des meilleures furent nommées en quelques pro- » vinces pour Texercice des bailliages : mais cela ne fut qu'en » papier, en plusieurs endroits *• i>

L'amiral et ceux de ses adhérents dont les convictions et les vues concordaient avec les siennes se soumirent, par patriotisme, au fait accompli, dont ils déclinaient d'ailleurs à juste titre la responsabilité^ •

Coligny n'en tint pas moins à ce que les princes prolestants d'Allemagne et la reine d'Angleterre fussent immédiatement informés, avec une entière exactitude, des circonstances dans lesquelles était intervenu le traité de paix. On trouve la preuve de sa sollicitude à cet égard dans deux lettres de lui datées d'Orléans même.

La première, adressée au duc de Wurtemberg^, portait : « Monseigneur, ayapt pieu à Dieu de nous donner la paix tant i> désirée et tant nécessaire en ce royaulme, monsieur le prince ^ de Condé n'a pas voulu laisser passer ceste occasion sans vous y> faire entendre comment les choses sont convenues pour le » faict de la dite paix; et pour cest effect, despescher vers vous ï> monsieur d'Esternay, présent porteur, par la suffisance du- » quel vous serez informé de toutes les occurrences qui s'ofi> frent à vous mander de nostre costé; ce qui me gardera de » vous en dire aulcune chose, mais je l'ay bien voulu ac- 3> compagner de ce mot de lettre pour me ramentevoir en D vostre bonne souvenance et vous asseurer qu'il n'y a gen- 3> tilhomme en ce royaulme que vous trouviez jamais plus af-

i. De Bèze, HisU eccL, t. II, p. 335, 336.

2. < Supervenitamiraldus,quumjamtraDsactumesset,acleoproperaranthostes

> reditum nostrumantevertere, ac initioquidem duriores nobis istœ conditiooes

> Tidebantur, quum prœsertim integram in manibus Yictoriam haberemiis;

> se4 tandem spe nobis meliore facta ne patriœ eversionem quœsivisse videre-

> mur, nos quoque acquievimus. > Beza TigurinsB ecclesiœ pastoribus et doctoribus, 12maii 1563. (Baum, append.. p. 20).

3. Orléans, !•' avril 1563. (Archiv.de Stuttgart, P. st. 29, 1. 16, f. 111 37).

> fectionné à vous faire service que moy, ainsi que j'ay prié » le dit sieur d'Esternay de vous dire plus amplement. » Dans la seconde lettre, l'amiral écrivait à Beauvoir* :

ce Au regard de ce que vous me mandez, que les Anglois

» sont entrés en une merveilleuse deffiance de ce que la paix » a esté faite en mon absence, et sans avoir esté parlé de la » royne d'Angleterre, sur cela je vous respondray qu'il n'a esté 1 rien accordé que l'ambassadeur de la dite dame n'eust esté » appelle; et pour ceste occasion fut envoyé quérir pour se * ti'ouver à la court pour luy en parler. Suivant cela, l'on a

> despesché M. de Briquemault pour aller en Angleterre vers

> Sa Majesté, pour lui faire entendre comme toutes choses ont » esté accordées, et estime qu'elle trouvera que les choses ont TD esté bien conduites; et quant à ce qu'ils disent que l'article ï> porte qu'on fera sortir les étrangers, cela ne s'entend pas » pour eulx; car quand j'ay esté de retour de mon voiage en » Normandie, j'enay mesmcs parlé au dit ambassadeur, qui a » trouvé lesdits accords bien bons, d'autant que la royne d'An- 5> gleterre m'a tousjours mandé que surtout nous fassions la

> paix. »

Quant aux meneurs du parti catholique, ils considérèrent l'édit de pacification comme une regrettable concession faite aux réformés, et à la ruine de laquelle devaient tendr<3 des efforts soutenus *.

L'exécution de diverses mesures d'intérêt général retint pendant quelques jours à Orléans le prince, Coligny, d'Andelot, de Larochefoucault et d'autres chefs des réformés.

Le dimanche 28 mars eut lieu dans l'église de Sainte-Croix une imposante solennité religieuse à laquelle ces divers personnages assistèrent. Autour d'eux se groupaient des milliers

1. Orléans, 3 avril 1563. (Record office, slale papers. France, vol. 31. — De Laferrière, le XVI^ Siècle et les ValoiSyp. i 1 7.)

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