‹ Gaspard de ColignyChapitre 92 sur 226 · Voy. appendice, n · texte numérisé non relu

Voy. appendice, n

de leurs coreligionnaires, hommes et femmes. De Bèze diri- , geait le service, dans lequel la sainte cène fut distribuée. Il rappela aux assistants que, douze mois auparavant, la plupart d'entre eux avaient pris la cène à Meaux, alors qu'ils s'assemblaient pour la défense de la religion; et il ajouta que maintenant sur le point de se séparer pour regagner leurs foyers, ils venaient de reconquérir une liberté de conscience et de culte qui, sans être, il est vrai, aussi étendue qu'ils l'eussent souhaité, n'en devait pas moins cependant les porter à rendre de sérieuses actions de grâces à Dieu ^

Th. de Bèze ne pouvait clore d'une manière plus élevée et plus touchante que par sa lai^e coopération à la solennité dont il s'agit, l'utile ministère qu'il avait tour à tour accompli à Orléans et au dehors, auprès de Condé et de Coligny. Le prince et l'amiral tinrent à honneur, au moment où il allait les quitter pour retourner à Genève, de rendre, dans des lettres adressées au conseil de cette ville* , un éclatant hommage à la continuité de son dévouement et à l'étendue de ses services.

La lettre de l'amiral était ainsi conçue : « Messieurs, puisque » par voslre congé et moyen monsieur de Besze, présent pory> teur, est venu par deçà, la présence duquel m'a grandement 3> contenté avec toute ceste compagnie, je n'ay voulu le laisser y> aller sans la présente pour vous remercier de ce plaisir et de y> plusieurs autres es quelz nous avons apperçeu et cogneu par y> expérience plus que jamais combien la gloire de Dieu et D l'augmentation des églises de ce royaume vous sont chères et » précieuses; celuy auquel vous avez eu le principal esgard en y> ce faisant vous en sera libéral rémunérateur, et, de ma part, » messieurs, je vous prie vous assurer que j'en auray telle sottie venance que me trouverez tousjours amy en toutes sortes que

1 . Galend of state pap. foreign, 31 mars 1563. Smith to the queeo.

2. Lettres des 28 et 30 mars 1563. (Archives de la ville de Genève, n*» 1712 et

> je pouvray m'employer pour Yostre bien et conservation, » d'aussi bon cœur que je me reconunande à vos bonnes prières,

> après avoir prié nostre Dieu qu'il vous maintienne en sa 3 sainte garde et protection. D'Orléans ce XXX de mars 1562 D (4563 n. S.). *

Le ^ mars eut lieu chez le prince et la princesse de Condé un repas de famille auquel avaient été conviés l'amiral, d'Audelot et de Larochefoucault. Un seul étranger, Smith, ambassadeur d'An^eterre, récemment arrivé à Orléans, y fut admis et provoqua un long entretien qui roula à peu près exclusive^ ment sur le sort ultérieur du Havre et de Calais.

De Bèze, qui, le 29 mars, avait annoncé à Calvin son prochain départ* , l'effectua le 30.

Le l""' avril, Catherine de Médicis fit, sans grand apparat, son entrée dans Orléans. Devant elle mai chaient le connétable, le duc de Montpensier, Bourdillon, Cipierre et divers dignitaires; à ses côtés se trouvaient le prince de Condé et le cardinal de Bourbon; l'amiral et le chancelier la suivaient. Elle s'arrêta au logis du roi, où elle reçut les notables de la ville, qui lui offrirent du vin et des fruits* .

Le même jour, le prince et la piincesse de Condé reçurent à leur table le connétable, le cardinal de Bourbon, le duc de Montpensier et plusieurs autres convives. Parmi ceux qui vinrent s'asseoir à celle de l'amiral figuraient Michel de l'Hospital et Éruslart.

Le lendemain, la reine mère partit pour Blois. Condé s'excusa de ne pouvoir déférer au désir qu'elle lui exprimait de l'emmener avec elle : il lui promit de la rejoindre au plus tôt.

1. c ... Eram vel cùm certo periculo iter ad vos ingressurus, nisi me hùc us- > que retinuissent fratrum preces, quibus aliquot dies concessi... Cras iter ini grediar Burgundiam versus. (Beza Calvino, 29 mars 1563. Baum, Append. p. 206).

2. Calond. of state pap. foreign, 2 aviil 1563. Mém. to Ihe Rhjngrave.

Dès le début d'avril, l'évacuation d'Orléans par les troupes réformées et la plupart de leurs chefs était accomplie. Aussi, le chancelier de l'Hospilal, deretourà Blois, écrivait-il, le 3 avril, à de Gonnor * : « Nous sommes esté à Orléans que nous avons 3> trouvé sans gardes et sans armes, etc., etc- »

Au jeune prince de Portien, non moins remarquable, dans Texercice du commandement, par sa fermeté que par sa bravoure, avait été confiée la difficile mission de reconduire aussi promptement que possible les auxiliaires allemands à la frontière du royaume, et de défendre contre leurs habitudes de désordre et de déprédation les habitants des provinces qu'il devait leur faire traverser* .

li'amiral, accompagné de sa femme, de ses enfants, de ses jeunes neveux et ded'Andelot, leur père, ne tarda pas à se retirer dans son domaine de Châtillon-sur-Loing.

1. Le Laboureur, addit. aux Méin. de Gastelnau, t. H, p. 246.

2. Ici se place, comme se rattachant à la date à laquelle les rcîtres, arrivés à la frontière, devaient recevoir leur payement définitif, un engagement souscrit au profit de Fun d'eux, à la décharge du connétable par l'amiral, et dont voici la teneur : c Nous, Gaspard de Coulligny, sieur de Chastillon-sur-Loing, che-

> valierde Tordre du Hoyi etc., etc., promettons et nous obligeons par la présente,

> signée de nostre main et scellée du scel de nos armes, à Volpert von Dursl,

> gentilhomme allemand,. Soubz la cornette de Arnold von Ampfel, luy paier la

> somme de deux mil escutz sur et tant moins de la somme de six mil escutz qui

> luy a esté accordée pour la prise çt rançon de monseigneur le connestable,

> laquelle somme de deux mil escutz nous luy promettons paier et faire fournir

> sur la frontière de ce royaulme, auparavant que les reislres en partent. Faict

> à Orléans, le quatriesme jour d'avril. Tan 1562 avant pasques (1563, n. s.). > (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3243, f 99, et vol. 20509, f"^ 140.)

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