De Bèze, Hist eccL, t. II, p
rdès les premiers jours de sa rentrée dans son château, facilita au second de ces jeunes gens son retour en Suisse.
Peu de temps après l'accomplissement de sa mission à Berne, en 1562, d'Erlach était revenu en France. En octobre de la même année, les magistrats Bernois, sur la demande de sa famille, avaient prié Coligny de le renvoyer dans ses foyers. Les dangers d'un trajet à effectuer, en France, alors que la guerre civile sévissait dans une foule de localités, avaient retardé son . départ. « Pavois juste crainte, écrivit plus tard l'amiral à la
> seigneurie de Berne *, qu'il luy advînt quelque inconvénient. 1^ Il me sembloit estre trop plus expédient de différer son retour
> jusques à ce qu'il eût pieu à Dieu nous restablir en une
> tranquillité et repos, pour le regret que j'eusse eu, s'il fûst » tombé en dangier. 3> Sous l'influence du changement de circonstances qui venait de s'opérer^ au printemps de 1563, l'amiral ajoutait : « Dieu nous ayant puis naguères faict ceste grâce 9 de nous regarder en pytié et remis les affaires de ce royaume ï en un estât plus tranquille et paisible, j'ay bien esté d'advys j> que, suyvant le vouloir et désir de ses parens, il s'acheminast ]& par devers eux, pour donner ordre aux affaires pour lesquelles ^ ils le rappellent. :^
Les motifs qui avaient décidé l'amiral à se séparer du jeune d'Erlach ne pouvaient pas se produire vis-à-vis de Téligny, maître de ses actions *. La touchante affection qui unissait si intimement le protecteur au protégé les rendait tous deux de plus en plus nécessaires l'un à l'autre, et excluait, par cela seul, l'idée de séparations même momentanées, qui n'eussent pas été commandées par le devoir. Téligny resta donc au château de Ghâtillon, où, traité en fils par l'amiral et sa compagne, en frère aîné par leurs enfants, il continua à voir son second
1. Lettre du 15 avril 1563, datée de Chàtillon-sur-Loîng. (Archives de Berne. Frankreich. vol. 1).