‹ Gaspard de ColignyChapitre 96 sur 226 · Voy. Appendice n« 2i · texte numérisé non relu

Voy. Appendice n« 2i

père l'associer à la plupart de ses occupations, et le former, sous sa direction judicieuse, à Tétude des questions les plus graves et au maniement d'intérêts d'un ordre supérieur.

Coligny qui, depuis le traité de paix, était demeuré dans d'honorables relations avec la reine d'Angleterre, se sentit libre de lui soumettre, dès les premiers jours de son retour à Châtillon-sur-Loing, une réclamation qui touchait à des intérêts dont il était le gardien, a: Madame, lui écrivit-il, le 16 avril *, t> j'ay reçeu la lettre qu'il a pieu à Votre Majesté m'escrire par ' D le s' du Chastellier par lequel aussy j'ay entendu beaucoup y> de gratieux et honnestes propos qu'il vous a pieu luy tenir T> de moy, dont je me sens grandement heureux et content, et Ti mettray peine, Dieu aydant, que vous n'aurez poinct occasion » de perdre ceste bonne opinion que vous avez; et pour ce, i> madame, que je ne doubte -point que Vostre Majesté ne puisse -ù bien juger qu'il nous a fallu emprunter grands deniers pour » les frais qu'il convient faire pour ces guerres, et que pour en » estre aulcunement remboursé, j'avoys à donner plusieurs asy> signations sur la vente qui se debvoit faire des prises adraeï) nées au Havre de grâce par Françoys Leclerc, et néantmoings » j'ay entendu qu'on n'en peult obtenir main-levée de messieurs y> de vostre conseil, je supplie très humblement Vostre Majesté ^ commander que raison nous soit faicte; car de ce que aucuns » flamands vouloient réclamer les dictes prises, il se prouvera y> assez du contraire par deux mémoyres que j'envoye préseny> tement au s' de Briquemault auquel j'escripts d'en informer i> plus particulièrement Vostre Majesté, aussi je la supplie corny> mander qu'il ne me soit point mys d'empeschement à la vente y> .d'aucuns bledz, cidres et autres vivres que j'avoys envoyés « dernièrement au Havre, moy estant à Caen* »

1. Record office, slate papers. France, vol. XXXU. — De Laferrière, le xvr s. et les Valois, p. 133. — Voir, en outre, à V appendice y no 23, une lellre adressée le 11 avril 1563, par Coligny à Warwick; • .

Le calme que Coligny était venu chercher dans sa retraite deChâtillon ne tarda pas à être troublé par Tavis qu'il reçut de l'existence d'indignes manœuvres ourdies au dehors contre lui.

En effet, ce il ne fut aussitost arrivé en sa maison, que ses

> ennemis le craignans, comme il est vraysemblable, ou esti-

> mans que sa présence à la cour reculerait leurs affaires et » l'effect de leurs entreprises, bandèrent tous leui^ esrrits en » ce seul dessein d'empescher qu'il n'y vînt; et pour cest enecï, j> commencèrent à vouloir charger ledict sieur admirai de ia » njort du feu duc de Guyse et à tirer un chascun à ceste opiî nion, qu'il avait induit Poltrot à ce qu'il avoit faict; ou parce ^ qu'à la vérité, ils estimoient que ledict sieur admirai en fùst ï> coulpable et consentant; ou aussi afin que, sous couleur de » poursuivre la vindicte de ladicte mort, ils eussent moyen de i> s'armer et se rendre plus forts et suivis, pour tousjours main- » tenir leur grandeur, crédit et réputation, et eslongner de la » cour ou accabler, s'ils pouvaient, ledit sieur admirai *. y>

Ce fut alors que Coligny qui déjà dans sa protestation en réponse aux allégations mensongères de Polliot, et dans sa lettre d'envoi à Catherine de Médicis, avait péremptoirement établi son innocence, en confirma surabondamment la démonstration par la publication d'un écrit qu'il rédigea, le 5 mai, à Ghâtillon^. Dans cet écrit, l'amiral après avoir signalé de nouveau la coupable précipitation qu'on avait mise à juger et exécuter Poltrot, sans admettre la confrontation demandée, disait : c Depuis, le dit seigneur admirai a bien sçeu que ledit Poltrot i> a tousjours recognu que ladite première depposition estoit » fausse; qui donne une certaine présomption que dès le com- » mencement on l'avoit altiltré à parler ainsi. Il y a eu en outre » autres diverses dépositions attribuées audit Poltrot, par au-

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