Mém. de Condé, t. IV, p. 339 à
y> cunes desquelles, qui sont tenues assez secrètes, ila deschai^ë ]i> ledit seigneur admirai; et par les autres qui^ ont été semées jd en plusieurs endroits, il Ta chargé; lesquelles, quelque désir :p et espérance que ledit Poltrot ayt tousjours démontré avoir j> de prolonger sajvie, ledit seigneur admirai tient pour supecles y> de subomement, et ne doute point qu'on n'ayt assez essayé de j> faire accroire audit Poltrot, qu'en parlant ainsi c'estoil un -^ moyen de reculer Texécution de sa sentence : pour le moins, i> qu'il croit seurement et avec raison qu'elles ont esté falsifiées i> ou desguisées ; attendu qu'il se vérifiera par le tesmoignage de i> plusieurs gens de bien et dignes de foy, qu'estant ledit Poltrot
> en la conciergerie de Paris, il leur a dit qu'il avoit entièrej> ment deschargé ledit seigneur admirai devant les juges, et a i> fait le semblable à l'ouye d'une infinité de personnes, lors-
> qu'on le menoit au supplice ; attendu aussi que lesdites dépo- )>' sitions ont esté escrites par ses ennemis déclarez, et faites 3> en leur seule présence; desquels il est trop aysé à juger, si y> ayans en cela moyen de luy nuire, et par mesme moyen com- D plaire à ceux pour lesquels ils ont bien osé entre autres choses » engager leur honneur et âme, ils s'y seront espai^nez; de y> quoy feront assez de foy les lettres qu'on a veues, et desquelles y> on fera apparoir quand besoin sera, escrites à la cour, du 6 et » 45 mars par les principaux juges, pour advancer l'exécution y>' dudit Poltrot, es quelles ils usent de ces propres termes : que D la garde dudit Poltrot ne valloit rien, et que l'on ne devoit plus jr différer de le faire despescher, parcequ'il se vouloit desdire. JD — D'autre part aussi, il a esté assez adverti, que sur ce » qu'il advoué par sadile response avoir baillé aident audit i> Poltrot, aucuns ont basti une conjecture en leur cerveau, et
.ï) là-dessus fondé leurs calomnies. » — Insistant, une fois de plus, à cet égard, sur sa réponse antérieure, savoir : que les deux sommes données à Poltrot n'étaient que le salaii-e de l'office d'un espion chargé de- fournir des. renseignements sur
le camp du duc de Guyse, ramiral exposait combien il était important pour lui de savoir s'il serait inquiété ou non par f ranemi dans sa marche vers la Normandie. — Panant du duc de Guise^ Famiral terminait son écrit par ces mots : c T eut-il 1 jamais un emiemy plus déclaré contre autre, que cestuy-là? 1 Et qu'il ne soit vray, pourquoy esloit-il devant Orléans, que ^ pour exterminer femmes, enfans, et tout ce que ledict sei- 1 gneur admirai avoit de cher en ce monde? Voire que gens 1 dignes de foy disent qu'il s'estoit vanté de ne pardonner à nu! 1 sexe, de ce qui se trouveroit audit Orléans. Il ne faut aussi 1 douter que l'homme de toute Farmée que ledit seigneur I admirai chercha le plus, le jour de la bataille dernière ne flst 1 cestuy-là. Aussi peu faut-il douter que s'il eust peu bracquer 1 un canon centime luy pour le tuer, qu'il ne Teûsc fait; qu'il 1 n'enst semblablement commandé à dix mille harquebouziers,
> s'il les eust eu à son commandement, de luy tirer entre tous
> les autres, fust-ce en campagne, au-dessus d'une muraille, » ou derrière une haye. Bref, il n'eûst espargné un seul moyen
> de ceux que le droit des armes permet en temps d'hostilité,
> pour se desfaire d'un si grand ennemy que cestuy-la luy estoit,
> et à tant d'autres bons subjects du roy *• Et, pour conclu-
> sion, ledit seigneur admirai proteste devant Dieu et ses » anges, qu'il n'en a fait ni commandé rien davantage que ce 1 qu'il en a mis par escript. Que s'il y en a qui veuillent estre if esclaircis davantage, qu'ils parlent à luy et il leur respondra. »
Condé, à la différence de l'amiral, n'avait quitté Orléans que
1« c Or, si le mal faseboit à toutes geos de bien, M. de Gaise, qyi ayait
> allumé le feu, ne ponrort pas être espargné. Et de moy, combien que j'aye » tmijours prié Dieu de luy faire mercy, si est-ee que j'ay sou? eut désiré que » Dieu mist la maiu, sor hiy pour en desliyrer son église, s'il ne le vouloit
> convertir. Tant y a que je puis protester qu'il n'a tenu qu'à moi que, devant » la guerre, gens de foire et d'exécution ne se soyent efforcez de rexterminer
> du monde, lesquels ont esté retenuz par ma seule exhortation, i (Calvin, lettre franc., t. II, p. 553).
pour aller, loin du foyer domestique, occuper, dans un milieu délétère, une situation aux périls de laquelle pouvait seule résister une âme fortement trempée. Placé désormais auprès du roi et de la reine mère, appelé, en sa qualité de prince du sang, à siéger au conseil privé et à prendre part à la direction des affaires du royaume, il voyait, à la cour, s'agiter de détestables passions. A Taspect de ce foyer des haines déchaînées contre Coligny, il était sans illusions sur les perverses tendances des ennemis de cet homme éminent. Il savait que les Guises Taccusaient d'avoir provoqué le meurtre de François de Lorraine, et qu'ils incitaient leurs adhérents à la vengeance d'une complicité imaginaire. Neveu dévoué, ami fidèle, il veillait dès lors avec une sollicitude incessante sur les jours menacés de l'amiral, et s'efforçait de maintenir au-dessus de toute atteinte l'honneur de ce noble représentant de la réforme française. <c Je crains, disait-il à ce moment *, que parmi tant d'hommes y> de guerre qui sont ici, il n'y en ait un qui lui tire un coup de ]& pistolet; et je prends autant de soin de son existence que de 3) la mienne. y> Aussi, dès que le prince apprit que son oncle, informé des odieuses menées des Guises, avait quitté Châtillonsur-Loing pour venir à Saint-Germain, dans l'espoir d'y confondre ses calomniateurs, vola-t-il à sa rencontre, et le conjurat-il, en le joignant à Essonne^, de ne pas se rendre à la cour, où sa vie serait en danger ^, et où sa présence pourrait, dans
1. Calend. of state pap. foreign. Smith to the queen, 11 mai 1563.
2. Mém, de Condé, t. V, p. 20. — Calend of state pap. foreign. Middlemore to ceci], 17 mai 1563.
; 3. Calend. of state pap foreign. Middlemore to ceci!, 17 mai 1563 : c The
> secret enterprises of his enemies were then discovered to the admirai, and 1 his friends advised him not to come there; of which mind was also the
> queen mother, but rather for fear of him. She entertains ail such practises
> as may ruin him. His enemies meant to put the following into exécution ) against him : they obtained secretJy what they call hère a pri$e de corps
> against bim for the death of the Duke of Guise, to be saved upon him ou his ) coming, having won ail the guards about the same. And if he should resist
rétat de fermentation des esprits, devenir, malgré lui, le signal de nouveaux troubles. De ces deux considérations, la seconde surtout arrêta l'amiral. Touché des supplications et des conseils de Condé, il consentit à retourner à ChâtUlon-sur-Loing, mais en exprimant la ferme résolution d'aller, dès que les circonstances le permettraient, occuper auprès du roi la place que lui assignaient sa naissance, sa charge et ses devoirs, comme défenseur des droits de ses coreligionnaires.
Tandis que Condé revenait à Saint-Germain, accompagné de d'Andelot, Coligny^ moins en souci de lui-môme à ce moment que de son jeune compagnon d'armes, le prince de Portien, lui écrivait, d'Essonne, le 12 mai, au sujet de difficultés susdtées k tort, en ce qui concernait la solde des reîtres reconduits à la frontière * : > Je croy que la royne et monsieur le prince
> (de Condé) y donneront ordre : vous advisant que si j'eusse D esté à la cour, je n'eusse failli de mectre peine de faire bien ]> entendre vos remonstrances et de prendre en main ce qui
> vous touche,comme je feray toute ma vie ; mais encores q^ue je
> m'y fûsseachemyné,je n'ay peu y aller, pour les occasions que
> ce porteur vous pourra dire. Au demeurant, quant à ce que
> mandez pour mon particulier, je ne suys pas, de ceste heure, à :& cognoistre la bonne affection que me portez m'en ayant fait assez j> de démonstration par tant de notables effectz, vous priant 7> affectueusement d'y vouloir continuer, ensemble faire entièrey> ment estât de moy comme de celuy que vous trouverez tousi> jours prest de s'en revencher et de vous servir partout où les ^ moyens et l'occasion se présenteront*, .je vous pry, encores une jD bonne fois, penser que je me sens tant tenu à vous, que vous me i> trouverez tousjours votre humble et bien affectionné amy, »
» they meaDt to eut him in pièces. This enterprise would ne ver hâve been » taken in hand without connivance of the greatest of the court. >
l.Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3196, ^ H. L'amiral avait déjà écrit au prince de Portien sur le même siget, le 8 mai 1563. (Bibl. nat. mss. f. fr.vol. 3196/ f 8.)
Avant de quitter Essonne, Colignj, le jour mtaie où il écrivit an prince de Portien, eut avec l'un des agents de la reine d'Angleterre, Middelmore, un entretien relaté par celui-ci dans une dbpèche qu'il adressa le 17 mai, à Cécil ^ *
Cet agent avait déjà, plus d'une fois^ soit à Orléans, s(»t ailleurs, insisté auprès de la reine mère, de Condé et de l'amiral, pour qu'on reconnût à sa souveraine le droit de conserver le Havre, tant que Calais ne loi aurait pas été remis. Cette p^ tention avait été constamment r^ussée par les motifs suivants, savoir : que le traité de paix de mars 156S dédarait que les troupes éti^ngères seraient tenues de sortir immédiatement de France, et qu'Elisabeth devait d'autant mieux se soumettre à cette obligation, en ce qui concernait ses soldats, qu'elle avait déclaré dans une proclamation solennelle, ne les avoir envoyés que pour soutenir la cause du roi contre les usurpateurs de son pouvoir, et celle d'un grand nombre de ses sujets contre les excès de leurs oppresseurs ; que la paix venait de consolider le pouvoir royal, d'affranchir les opprimés du joug qui pesait sur eux; et que dès loi*s l'appui de la reine d'Angleterre devenait sans objet. Quant à la restitution de Calais, cette princesse n'était fondée à prétendre rien de plus que ce qui était consigné dans le traité deCateau-Cambrésis, auquel nulle modification n'avait été apportée depuis sa signature. Condé et Tamiral s'étaient nettement prononcés, à plusieurs reprises, sur ce point spécial, et notamment dans un message adressé, le 30 avril, à la reine d'Angleterre * .
En abordant Coligny, Middlemore reproduisit les prétentions
1 . GaIen(L of state pap. foreign. De Laferrière> le 16*^ siècle et les Valois, f» 132 â 135.
2. Calend. of state pap. foreiga. Message from Goadé and admirai to the (fueen, 30 avril 1563 : c M. Briquemault in tbeir name required that she woold, > according to her pfotestation be content, the tjrranny of G«iise beingremafed » to restore Newba? en ta Uie french king, and for the restitution of Caiais, to » hare treaty of Cambresîs utwly ratiûed* >
d'Elisabeth, et se plaignit de ce que le prince et Famiral méconnaissaient ses droits. — L'amiral lui répondit qu'elle n'aurait aucun grief sérieux à formuler, si l'argent qu'elle avait prêté lui était rendu, comme il le serait en effet, et si son droit sur Calais était garanti, comme il continuerait à l'être par le traité de 1559. Il déclara hautement qu'il n'avait jamais promis à la reine d'Angleterre, soit par lettre, soit autrement, qu'il lui serait loisible de garder le Havre jusqu'à ce que Calais lui fût restitué ; et que si elle avait une lettre de lui en sens contraire, il serait curieux de la voir. ~ Middlemore excipant de la clause du traité d'Hampton-Court, relative à l'occupation du Havre, clause qui avait été insérée, sous la pression des négociateurs anglais, lors de la conclusion intervenue entre eux, le vidame de Chartres et R. de la Haye, l'amiral affirma qu'originairement il ignorait les termes de ce traité; qu'il ne l'avait jamais vu avant son expédition de Normandie, lorsque Throckmorton le lui communiqua ; et que si, avant d'en signer, de confiance, la confirmation, il avait pu croire qu'on y eût inséré autre chose que l'assurance donnée à la reine qu'elle serait remboursée des sommes par elle prêtées, et que le secours qu'elle accordait ne préjudicierait pas à son droit sur Calais, il se fût privé de la bénédiction de Dieu.
On verra bientôt quelles furent, pour Elisabeth, relativement au Havre et à Calais, les conséquences de sa ténacité et de celle de ses agents.
Le 15 mai, à Saint-Germain, trois jours après l'entrevue de Coudé et de Coligny à Essonne, au cours d'une séance du conseil, à laquelle assistait Catherine deMédicis, il fut, sur l'ordre du roi, donné lecture par le secrétaire d'Etat Bourdin, d'un écrit dans lequel Louis de Bourbon, s'adressant à cette princesse, lui tenait ce généreux et ferme langage ' :
1. Mém. de Gondé, t. V, p. 20 à 22.— Bibl. nat. mss. f. fr. vol.. 31 93,
« Madame, j'ay esté parler à monsieur Tadmiral, et fait
> venir icy monsieur d'Andelot, pour, en la présence du roy,
> dire à vostre majesté que monsieur l'admirai m'aasseuré, et 3> le croy, que tout ce qui a esté ou pourroit estre ajousté, préy> sumé et mis en avant contre luy, sur le fait de la mort de y> monsieur de Guyse, outre ce qu'il a confessé et fait imprimer, » est faux ; qu'ayant esté calomnieusement chargé par la dépoy> sition subornée de defîunt Merey, contre luy, combien que » de droit il n'y fûst obligé, estant question d'un fait d'hostilité, )) il a requis à vostre majesté ledit Merey estre gardé prisonnier D jusques àce qu'il peust estre confronté avec luy, et proteste de » sa sincérité, à faute de ce faire : à quoy n'ayant esté satisfait, y> par l'importunité de ses ennemis, cuidants rendre obscure y> la lumière de son innocence, il estime que la protestation par » luy faite luy doit servir envers toutes personnes de bon jugei> ment, de suffisant tesmoignage, arrest et déclaration de son y> innocence : parquoy il déclare qu'il a satisfait à sa conscience y> devant Dieu et à son devoir envers les hommes. — Et quant y> à nous, c'est-à-dire à moy et à tous ceux qui ont porté les y> armes sous moy, nous disons : puisque les armes ont esté y> déclarées avoir esté portées pour le service du roy, que le fait y> de rhomicide mis en avant contre ledit sieur admirai, advenu ï> en temps et fait d'hostilité, n'est justiciable ne subject à estre D purgé par voyede justice ; car autrement ce serait directe- 3> ment contrevenir à l'édict de paix, et nous frustrer du bien i> d'iceluy, au regard des choses advenues et des armes prinses
> d'une part et d'autre : et depuis l'édict de la paix monsieur » l'admirai s^offre de suyvre la voye de justice pardevant juges, » toutesfois non^uspects ; à la charge que ses adversaires aussi,
> ou tenans cause d'eux, seront tenus suyvre pareilles voyes^
f» 48 à 51. — Vie de messire Gaspard de Coligny, in-4* Amsterdam 16li, annotations, p. 136. ^- Du Bouchet, histoire de la maison de Coligny, p. 536.
> pour le cas à eux imposé, chacune selon l'ordre du temps et i> gravité du crime. De ce, madame, je vous fais très humble T> requeste, tant de la part de monsieur l'admirai, que de la » mienne ; déclairant que, s'il y a personne qui entreprenne 3> de s'adresser à luy de fait ou de paroles, ou par autre voye » que la susdite,jeluyferay congnoistre que je m'en ressentiray D tout ainsy que s'il estoit fait et adressé à ma personne propre, 3D estant son amy, et luy oncle de ma femme, de laquelle j'ai » plusieurs enfans, et en outre estant un grand chevalier très » nécessaire pour le service du roy ; et d'autant que l'inimitié » de la maison de Guyse à celle de Chastillon est notoire, je y> vous supplie ne permettre que le nom et force du roy, ou D couverture de la religion, soit emprunté pour favoriser aux 3> querelles particulières des uns ou des autres, et si ceux de la D maison de Guyse en prétendent quelqu'une, qu'ils la déclaii> rent, et l'on cognoistra de quel costé sera le bon droit, et la 3) force pour le maintenir, d
Après la lecture de cet écrit, Condé en confirma la teneur par sa parole, et ajouta que l'amiral comptait, dans le royaume, comme prêts à lui rendre tous bons offices, des parents et des amis, dont quelques-uns siégeaient, en ce monlent même, au conseil
Lors, M. le maréchal de Montmorency commença à dire : m puisqu'à la vérité, en ceste querelle particulière, il n'y alloit 3> point du roi ni de la religion, que l'intention de M. le connes-
> table estoit de porter ses neveux comme ses propres enfans, 3> et y employer toute sa puissance, parens, amys, alliez et ser- 9 viteurs ; ce qu'il déclarait, tant de la part de mon dit sieur D le connestable, que de la sienne ; car, comme obéissant lils, » en se conformant du tout à l'intention de son père, il s'émit ployera du tout pour ses cousins germains * . y>
i. Mém. de Condé, t. V, p. 22. — Bibl. nal. uiss. î. fr. voL 3193, f> 49. Du Bouchot, hist. de la maison de Coligny^ p. 536.
€ Sur cela, M. d'Ândelot, adressant sa parole à la reyne qui » estoît près du roy, dit que M. l'admirai avoit reçu grand » desplaisir, luy ayant osté le moyen de pouvoir venir en cesle
> compaignie, par deux raisons : la première et principale, ' » pour le désir qu'il avoit de voir le roy et baiser les mains de
> Sa Majesté; l'autre pour, estant en ladite compaignie, » escouter ceux qui en aucune façon le vondroient charger de » la mort du feu sieur de Guyse, pour leur respondre et rendre » bon compte de toutes ses actions; mais, puisqu'il estoil » question qu'on demandoit justice de luy, il la demandait pareil- » lement, afin de faire ses diligences d'informer des actions
> dudit feu sieur de Guyse, et qu'il espéroit, par bonnes et 1^ justes preuves, faire apparoîstre des choses pour lesquelles il j^j en avoit qui n'auroient plaisir d'avoir esté cause d'un tel 1^ remuement de mesnage * .t
En cet état de choses, intervînt, le 16 mai, au conseil privé, un arrêt ainsi conçu ^ :
c Le roy, craignant que la mort de feu M. de Guise, advenue » à son grand regret, soit pour renouveler quelque aigi-eur en 3> son royaume, s'il y est procédé par autre voye que celle de la j> justice, qui est le chemin permis par les lois divines et hu- » maines, et non d'y aller par vindictes et par la force des armes, i> la puissance desquelles ne doit estre usurpée par qui que ce y> soit en ce royaume, ny l'exploit et exécution d'icelles tomber D en autres mains que celles de Sa Majesté, ou de ses officiers 2> et magistrats ordonnez à cet effect ; pour ces causes et consi- » dérations, et pour la nécessité du temps et de ses affaires : » Sa dite Majesté a inhibé et défendu, inhibe et défend à y> madame la duchesse douairière de Guise, veufve dudit défunt.
i. Mém. de Condé, t. V, p. 22. — Bibl. nat. mss. f. fr. toI. 3193, f» 49. Du Boucbet, ibid p. 536.