Bibl. nat. mss. f. fr. yo\, 3179, f
3> je ne puis encores me deffaire de ma fièbvre. Pour changer i> d'air, je m'en vays demain à Tanlay, d'où je ne suis pas déli* )> béré départir bientost. »
Le lendemain, en effet» d'Andelot quittait le château de Châtillon, et Coligny écrivait à Renée de France, résidant alors à Montargis ^ : <t Madame, j'envoye ce gentilhomme vers vous, » tant pour vous visiter, que pour entendre de vos nouvelles, » desquelles je vous supplye me faire cest honneur de m'en D départir. Quant aux miennes, je luy ay donné charge de vous y> en dire, et de tout mon petit mesnage. M. d'Andelot, mon » frère, part, à ce matin, de ce lieu pour aller en sa maison. ^ J'attends des nouvelles de la court. Tout ce que j'en ay peu y^ apprendre, ces jours passez, c'est que l'édict de la paix a > esté publié à Paris, qui n a esté sans grand contredict du » prévost des marchans. >
Le jour même où il faisait porter cette lettre à la duchesse de Ferrare, l'amiral en expédiait trois autres. Tune au maréchal de Montmorency, quant à la désignation d'une ville dans laquelle sa compagnie tiendrait désormais garnison ^ ; la seconde au prince de Portien, sur le mandat confié à un messager spécial ^ ; la troisième à Catherine de Médicis, contenant une plainte relative à un fait d'une extrême gravité, et, de plus,
i. Lettre du 31 mai 1563. Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3256, f» 114.
2. Lettre du 31 mai 1563. Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3197, f» 12.
3. Lettre du 31 mai 1563. Bibl. nat. mss, f. fr. vol. 3196, f 17. —Ce môme jour, 31 mai, d'Andelot, avant de partir de Châtillon, avait adressé au prince de Porlien les lignes suivantes (Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3196, P» 18) qui prouvent en quelle haute estime, lui aussi, il le tenait : c J'ay reçu Thonneste » lettre qu'il vous a plu m'escrire par Boudeville, et ne sçaurois assez vous
> remercier des offres que vous me faites; vous priant affectueusement vou- » loir croire de ma part, qu'il n'y a gentilhomme en ce royaulmc qui de » meilleure volonté s'employastà vous faire plaisir et service que moy, qui ne » veulx obmettre à vous dire que vous estes tellement honoré et réputé d'ung
> chascun pour voz déportements vertueux, que vous ne devez vous lasser de
> continuer à si bien faire, i
touchant, en un point, à la situation personnelle de Goligny. En voici la teneur * :
c Madame, avec la commodité de M. de Boucard, qui est 1 passé par ce lieu (Ghâtillon), retournant de Languedoc pour 1 aller trouver vostre Majesté, je tfay vouUu faillir de vous faire
> entendre comme j'ay esté depuis deux jours adverty que ung 1 homme d'armes de ma compagnie a esté tué en sa maison,
> près du Mans, luy, sa femme et ses enfans, jusques à son » chien ; qui est un acte si cruel et inhumain comme assez ) d'autres qui se font ung chacun jour, mesme contre l'édict
> du roy et les promesses de suretez données, qu'il ne doibt » estre toléré entre chrestiens ; et se semble tant parla que par
> autres démonstrations de mauvaise volonté faites contre moy,
> qu'on essaye par tous moyens de s'adresser à moy et aux 1 miens ; vous supliant très humblement vouloir commander,
> madame, qu'il m'en soit fait raison et justice, et faire par là
> cognoistre à tels perturbateurs du repos public que telz actes
> vous desplaisent. — Au demeurant, madame, ayant eu assez » d'affaires, ceste année passée, et estant maintenant retiré en 1^ ma maison, où j'ay trouvé toutes choses si descousues et en 1 si mauvais ordre, que j'ay bien besoin d'y entendre et pourvoir ï (comme vostre Majesté considérera, s'il luy plait), je la sup- 1 plieray, à ceste cause, très humblement de vouloir com- 1 mander que je soys payé de ce qui m'est deu de mes estais et » pensions, et commander à M. de Gonnort qu'il regarde à m'en
> faire assigner, ensemble ne trouver mauvais que le protono- » taire du Mesnil se présente à vostre Majesté pour cest effect, )> suyvant la charge que je luy en ay donnée de s'y adresser et
> vous en requérir de ma part. i>
Notons ici que le même grand dignitaire de la couronne qui, sans amertume, appelait l'attention de Gatherine sur le retard
i. Lellre da 31 mai i563. Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 15,875 f 523. II. 18
indûment apporté au payement c de ce qui lui était dû de ses estais et pensions y>j se relâchait volontiers, en matière financière, de ses droits de seigneur souverain, et usait, vis^vis de ses vassaux, de ménagements paternels dont nous trouvons la preuve dans un document qui mérite d'autant moins d'échapper à Toubli, qu'il reproduit le langage de l'amiral lui-même. Il y est dit* :
c Gaspard, conte de Godligny, etc., etc., à nostre très cher et D très amé cousin, François de Nancuyse, seigneur de Beaufort, i> et gouverneur pour nous de nos dites seigneuries de ddà la » Sosne, salut et dilection. *— Gomme nos subjectz en icelles y> noz terres et seigneuries souveraines soient tenuz de tout » temps et ancienneté de nous paier tailles ordinaires, si est^^ y> que nous, ayant esgard à les soulager et traicter libérallemeot D et gratieusement le plus qu'il nous a esté possible, n'avons D pas accoustumé exiger et lever sur eulx, à la rigueur desdites D tailles, tous les ans, ains par quelques années, pour les y> supporter ne leur en avons demandé aulcune chose ; et toutes- D fois il est bien raisonnable qu'un chacun seigneur jouysse à D tout le moins par quelques intervalles de temps non trop »• long de tous les droictz à luy appartenant, quand ne seroit y> que pour ne se faire tort et préjudice par la trop longue D discontinuation de la jouissance; pour laquelle cause, et j> aussy à raison des graves affaires et excessives despences » que nous avons eu puys quelque temps en çà, nous avons y> advisé de prendre et lever une taille sur nos dictz subjects 3> de noz terres et seigneuries souveraines, en ceste présente i> année; et, à ceste fin, nous à plain confians de vostre i> personne et de voz sens, grande suffisance, loyaulté, prui> d'hommie, diligence, côgnoissance et expérience en noz afi> faires desdits pays, vous avons commis, ordonné et député,