DE LA « GAZZETTA VENETA
Pour son premier essai, Gozzi voulut combiner le journal d’éducation morale, dont le Spectator lui donnait l’exemple, et le journal d’informations et de critique littéraire que l’on connaissait déjà à Venise:
ce fut la Gazzetta Veneta.
D po
Ce propos semble être indiqué dans le « prospectus de lancement » par lequel l’éditeur Pietro Marcuzzi annonça, en janvier 1760, la prochaine publication de la nouvelle feuille. Sous le titre de « À chi ama i fatti suoi », Marcuzzi racontait comment il avait entendu au café une conversation fort animée entre un poète et un philosophe. Le premier se mit à réciter une sorte de fable intitulée: « Le père qui laisse un trésor à son fils » qui se terminait ainsi:
« Pourquoi, à lecteur, cherches-tu bien loin? Fais donc seulement cas des choses de ta maison, C’est là que sont tes richesses et tu l’ignores, Cherche dans ta maison et tu les y trouveras (1). »
Vivement intéressé, l’éditeur vénitien s’approcha du poète qui lui tendit alors un feuillet où était écrit ceci: « Plan de la Gazzetta Veneta qui contient les annonces de tout ce qui est à vendre, à acheter, à louer, de toutes les choses perdues, trouvées à Venise et hors de Venise; le prix des marchandises, les cours des changes, et autres nouvelles, en partie délectables, en partie utiles au public. »
Ce plan de la Gazzetta Veneta était, on le voit, des
(1) « Perchè cerchi o Lettore da lontano?
Solo le cose di tua casa apprezza In essa hai tue ricchezze e nol sai Cerca in tua casa e quelle troverai. »
(Gazzetta Veneta per la prima volta riprodotta nella sua letteraria integrità con Proemio e Note di Antonio Zardo, Firenze, 1915.)