NE QUE
pour fournir au comte Gasparo Gozzi le sujet de remarques fines ou profondes, pour lui permettre de brosser un savoureux tableau à la manière de Longhi ou de Guardi.
S’il cherchait ainsi à amuser ses concitoyens, c’est qu’il voulait les moraliser et, plutôt que d’employer la satire virulente propre à Baretti, il masquait la rigueur de ses préceptes par mille songes, allégories, fables, contes, toujours empreints de douce et spirituelle ironie.
La personnalité de Gasparo Gozzi revêt un quadruple aspect: il est tout à la fois moraliste, journaliste, poète et critique littéraire. Il se montre noble et généreux dans sa Difesa di Dante (2) où, nouveau paladin, il combat victorieusement, en la personne du Jésuite Saverio Bettinelli, auteur des Lettere Virgiliane, l'ennemi acharné du poète de la patrie et de la liberté. Il se révèle inégalable dans les Sermoni où il peut (de l’avis de plusieurs critiques) disputer la palme à Horace lui-même. Il est le poète bien connu d’une quantité de sonnets, d’églogues, de fables (3).
(2) Giudizio degli antichi poeti sopra la moderna censura di Dante (Difesa di Dante), Venezia, Zatta, 1758, in-4°. (3) Les Sermoni ont été publiés dans les Œuvres complètes de G. Gozzi.
Esopo in città (commedia), Venezia, Pier Basaglia, 1748, in-8°. Rime piacevoli di un moderno autore, Lucca, 1751, in-8°. Il Trionfo dell’ Umiltà, Venezia, Zatta, 1759, in-folio. La Ghita e il Piovano (egloga rusticalle), Venezia, Colombani, 1760, in-4°.
Pour les Favole Esopiane, les Rime burlesche, les Poesie inedite et Jles autres œuvres de (Gozzi, publiées après sa mort, voir plus loin.