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estime le tenait Carlo Goldoni. Algarotti ne l’apprécie pas moins (7).
Baretti, que l’on ne peut accuser de prodiguer des compliments, affirme que Gasparo Gozzi, pour avoir su imiter Horace dans ses Sermoni, est supérieur à tous les auteurs de son temps (8). Bettinelli fait de son advérsaire une critique très sévère à laquelle il fallait s’attendre; après avoir reconnu en lui un « auteur de mérite», au style d’une «particulière élégance », il déclare que, de toutes les œuvres de Gozzi, il n’en est pas une seule qui vaille de passer à la postérité (9). Ecrivant à Sibiliato, le 20 mai 1794, Bettinelli lui fait part de son étonnement de voir les libraires entreprendre la publication des œuvres complètes du journaliste vénitien qu’il tenait pour un parfait galant homme, mais pour un écrivain à Pesprit lent et dépourvu d’imagination (10). Mais
Gli aurei volumi de’ poeti antichi Cui le Muse lattar più ch’ altri mai, Duce, e maestro fra cotanto senno, Siede il mio Gozzi, e degli autor vetusti Mostra i vestigi ed a seguirli insegna. »
(Algarotti, Opere, IX, page 221.)
(8) « Non so alcuno fra i nostri che abbia fatto altrettanto nella nostra lingua.» Baretti, Frusta Letteraria, XX.
(9) Dans les ilivres de Gozzi comme dans ceux de ses confrères, « Granelleschi », dit Bettinelli, « niente s’impara, niente solletica; non un sale che punga, non un detto che resti in memoria, non un fatto istorico, un pensiero veramente sugoso ed istruttivo >» (Opere, vol. XII, page 203.)
(10) « Io certo non so vedere qual raro pregio abbiano tanti opuscoli e di tanto lievi argomenti, benchè di stile elegante e di gusto sano.… Si risente troppo la miseria dell’ autore e il bisogno dei scolari tipografici. »
(Lettre publiée « Per Nozze Mocenigo-Spaur », Venezia, 1840.)
Ippolito Pindemonte, lui, n’hésite pas à décerner à: Gasparo Gozzi « qui enseigna à bien écrire et à bien agir >» le titre enviable d’ « émule d’Horace et vainqueur de Chiabrera ». « Lire les journaux de Gozzi, écrit-il, c’est se promener dans un de ces fameux jardins anglais, où un charmant décor qui s’ouvre devant vous vous invite à aller plus loin en découvrir un nouveau, d’où l’on passe à un autre, complètement différent, et cela, sans jamais de fatigue ou plutôt avec un tel plaisir que l’on ne désire ensuite plus rien voir d’autre au monde» (11). Cet éloge d’Ippolito Pindemonte et cet autre de Vincenzo Monti, qui considère Gozzi comme l’écrivain «le plus classique de son temps> (12), montrent bien que, même en dehors de la lagune, la critique était favorable au journaliste vénitien.
Cet état de chose continue jusque vers le milieu du dix-neuvième siècle.
En 1840, Gherardini écrit une Vita di Gasparo Gozzi; en 1849, Nicolo Tommaseo révèle au public de nombreuses œuvres, jusqu’alors inédites, de Gasparo Gozzi (13). Il y joint une préface pleine d'intérêt et
(11) Elogi di Letterati, Verona, 1826, n. éd. Firenze, 1859, p. 391. A. Malmignati cite ce passage et fait remarquer que le titre même de « Elogio » exclut, à priori, toute critique.
(12) « Quel Gozzi a cui per Jleggiadria du purgatissimo stile e per una certa amabile satira dei suoi tempi, difficilmente sorgerà in Italia l’eguale.»> (Appendice alle Proposte di alcune correzioni er aggiunte al Vocabolario della Crusca.) Milano, 1817, p. 234 (cité par A. Malmignati, p. 21). (Pour toutes iles œuvres citées dans l’Introduction, voir la Table des Références.)
(13) Scritti di G. Gozzi con giunte d’inediti e rari scelti e ordinati da N. Tommaseo, con note e proemio, Firenze, 1849, 3 vol. in-18.