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C’est encore à Lucien, plus qu’à tout autre auteur de l’antiquité que vont les sympathies de Gozzi.… « Oh, vous riez parce qu’il vous semble presque lavoir deviné » (23), aussi non seulement l’a-t-il imité, mais encore traduit, comme nous l’avons vu précédemment.
Parmi les plus importantes critiques littéraires du journaliste vénitien, il convient de noter celles qui concernent Bayle et son « Dictionnaire historique », lequel contenait en germe l’« Encyclopédie ». Gasparo, dans plusieurs numéros de la « Gazzetta Veneta » (24) met en garde ceux que nous pourrions appeler « les lecteurs moyens » contre les dangers d’un ouvrage dont la vogue était alors immense. Il ne nie pas l’érudition de l’auteur, mais s’indigne de son scepticisme et de son irrévérence en matière de religion, et il cite à l’appui de ses assertations l’Allemand F. Buddaeus (25) qui se demandait si le « Dictionnaire » de Bayle n’était pas plutôt nuisible qu’utile à la catégorie des lecteurs ignorants. Gozzi revient plusieurs fois à la charge. Si ce livre est aussi dangereux, pourquoi en tolère-t-on la diffusion ?
(23) Osservatore. (N° XXX, a di 7 luglio 1762, p. 577.) Il a traduit aussi quatre lettres de Lucien : * «lo a Saturno, salute. »
« Saturno a Me suo, carissimo, salute. »
« Saturno ai ricchi, salute. »
«I ricchi a Saturno, salute. » ‘ (24) Cf. Gazzetta Veneta, p. 340-41, 371-73, 3879-80, 388-89, 394, 400, 401.
(25) Fr. Buddaeus, auteur luthérien d’une « Théologia » et de plusieurs autres ouvrages. (1667-1729.)
C’est, dit-il, parce qu’il ne l’est pas pour les esprits éclairés par la science et qui savent discerner le bon du mauvais (26).
Dans ces observations, il s’est certainement souvenu des études critiques d’Addison sur le « Paradis Perdu » de Milton, faites avec le plus louable souci de clarté et de méthode (27).
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