‹ Gasparo Gozzi, JournalisteChapitre 57 sur 69 · DD IN · texte numérisé non relu

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ne produisit aucun effet ». Gasparo rappelle que ce genre fantastique avait été cultivé avec succès par les Grecs, et en particulier par Aristophane.

Ailleurs, il parle de Klopstock, « un de ces nobles génies qui rendent fameux le siècle auquel ils appartiennent (54) ».

Gozzi ne se contente pas de donner dans le « Mondo Morale », excellente traduction que l’on sait, mais il analyse dans la « Gazzetta Veneta », la « Mort d'Adam » pour dire ensuite tout le plaisir qu’il avait éprouvé à sa lecture de la version française et pour faire l’éloge des sujets religieux qu’il regrette de voir trop souvent abandonnés par les auteurs tragiques. « Les Grecs n’ont-ils pas surtout écrit des tragédies sacrées ? » Ils y ajoutèrent des chœurs qui ne sont souvent pas autre chose que des prières publiques. C’est à cause de son caractère religieux que l’Athalie de Monsieur Racine est d’une plus parfaite beauté que toutes ses autres œuvres (55). »

Le samedi 4 octobre 1760, Gasparo annonce que la version italienne de la « Mort d’Adam » vient de paraître.

Enfin, dans l’avertissement aux lecteurs du « Mondo Morale », qui précède sa traduction, et dans le « Ragionamento » qui la suit, le journaliste vénitien admire une fois de plus les qualités de l’œuvre et

(54) Gazzetta Veneta (n° V, p. 28.) (55) Ibid. (n° XV, p. 75.) — (Voir également p. 28-30, 47, 280, 281-291.)

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sa simplicité voulue qui s’adapte si parfaitement au sujet. « Nos tragiques, dit-il, ont oublié cette simplicité et veulent partout. « suonare la campana grossa » et mettre dans chaque vers tout le souffle que contiennent leurs poumons (56). »

Et Gozzi conclut en disant que la si grande perfection de la tragédie de Klopstock rend bien malaisée la tâche du traducteur.

En terminant, admirons la rapidité avec laquelle toutes les critiques dramatiques étaient faites. L’article paraissait quelquefois à peine quarante-huit heures après la représentation. Cette célérité d’élaboration et de composition typographique, étant donnés les moyens mécaniques de l’époque, si faibles en comparaison des nôtres, a quelque chose de prodigieux. Et ce sont ces pages, considérées par les lecteurs d’alors comme éphémères, qui restent pour l'historien des lettres vénitiennes au dix-huitième siècle, un précieux document.

(66) Mondo Morale (tome IV, p. 278.

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