CONFUSION DE LA RICHESSE AVEC L’OR
Le chauvinisme se mêle aussi aux questions économiques. Combien de fois l’auteur n’a-t-il pas entendu dire : « Il ne faut pas donner notre argent à l’étranger. » Comme cet argent est toujours donné en échange d une marchandise, cette phrase signifie qu’on croit désavantageux de donner de l’or et de prendre des machines, du café ou du blé. Donc on estime que la la possession de l’or est plus utile que celle des autres produits.
Dernièrement la ville d’Odessa voulut contracter un emprunt. Quand 1 affaire vint en discussion au conseil municipal, un conseiller s’exprima comme il suit : « Nous aurons sept millions de roubles, mais nous devrons en payer quinze en 5o ans; l’affaire est donc mauvaise. » Ainsi, dans l’opinion de ce conseiller, il valait mieux garder l’argent et ne pas faire de travaux publics.
Cet individu considérait donc la possession de la monnaie comme le suprême bien.
On le voit, Tidentification de l’or avec la richesse est une des associations d’idées les plus indestructibles de l’esprit humain. Elle dure depuis des siècles. Mais, dans ces derniers temps, une série de circonstances lui ont donné une force nouvelle. Nous voulons parler du papier-monnaie. On s’est aperçu que les pays possédant une circulation suffisante de métal jaune, avaient un étalon de valeur, invariable. Quelle <iue soit 1 opinion du vulgaire sur la monnaie, son instabilité cause des difficultés sensibles à un très grand nombre d’individus. On nous a raconté le fait suivant : Un négociant de Saint- Pétersbourg avait à payer une traite sur l’étranger. 11 mit dans son portefeuille la quantité de roubles papier, nécessaires à cet eflet, et s en alla à la Bourse où il devait opérer son versement.
H s aperçut alors que le nombre de roubles papiers qu’il avait en poche, était insuffisant. Pendant le trajet de son bureau à la bourse, le cours du rouble avait varié. Ces expériences individuelles, répétées des millions de fois, montrent aux hommes les mfins éclairés, combien la variation de l’étalon de valeur cause de ruines quotidiennes. Voyant que tous ces inconvénients disparaissent, quand la circulation du métal jaune est abondante, il s’est formé une nouvelle association d’idées entre une circulation monétaire, régulière et stable, et la possession de l’or. Peu de personnes comprennent que la. variation
des billets de banque, comme celle de toute autre obligation,
dépend uniquement de la manière dont le débiteur remplit ses
engagements. Quand une banque rembourse ses billets sans
aucune hésitation, ils sont au pair ; si elle ne les rembourse
pas, ils se déprécient, quand bien même cette banque regorgerait d’or ° ®
Ce sont les Etats qui émettent généralement du papier monnaie, soit directement, soit indirectement, par l’intermédiaire d une banque. Quand les gouvernements ne peuvent pas le rembourser en espèces métalliques, il se déprécie. 3Iais, comme 1 Etat prend son papier-monnaie en payement des impôts et comme, d autre part, il doit payer tous ses achats à leur valeur réelle ^ sitôt que le papier-monnaie baisse il y a déficit ans le budget, embarras financiers, nouveaux impôts, bref
une série de désagréments pour les gouvernants et les gouvernés.
Peu de personnes comprennent que tout cela provient de ce que 1 Etat veut vivre au-dessus de ses moyens. Tout le monde, au contraire, voit la cause immédiate de la crise dansja baisse du papier-monnaie. Celle-ci, à son tour, provient de la^uspension du remboursement due au manque de métal ; de là une nouvelle association d’idées entre la possession de l’or et la prospérité financière d’un pays.
Quand un homme a de l’or dans sa poche, sous forme de inonnaie, il peut toujours l’échanger immédiatement contre Il importe quelle marchandise. Mais, s’il a une marchandise, il doit se donner une certaine peine pour l’échange contre de l’or. H doit trouver un acheteur. L’or offre donc un grand avantage. Quand il y a beaucoup d’or dans un pays, les transactions commerciales sont faciles et les finances prospères. De ces circonstances provient une association d’idées si puissante entre la richesse et l’or, qu’il faudra vraiment une diffusion bien large de économie politique, pour pouvoir la détruire.
rh .n'o-Y “ million d'oi- dans sa caisse. Il a émis des lettres de
l’on np ^ seulement. Mais il ne veut pas les payer. Si
1 non n lorcer, son papier subira une dépréciation de 500, de
lUUUp. 100, et meme une dcprcciatioii totale.
dises Sus!?’ marchan-