CONFUSION UE LA RICHESSE AVEC L’OR
Or 1 économie politique est une science à ses débuts. Elle a
deux siècles d existence à peine. Ni ses principes, ni ses méthodes
n ont encore atteint une perfection suffisante. Dans un salon de
Saint-Pétersbourg on causait un jour de libre-pensée. Chacune
des personnes présentés déclarait ne pas croire à telle ou telle
chose. Un vieux diplomate se pencha à l’oreille de son voisin et
ui dit : « Moi, mon cher, je l’avoue, je ne crois pas à la géographie .' »
Si un vieux' diplomate peut ne pas croire à la géographie beaucoup de personnes peuvent ne pas croire à l’économie politique. Helas, nous ne le voyons que trop. Les données les plus certaines de cette science sont souvent mises en question. L’empiiisme le plus grossier règne en maître. On continue à identifier 1 or avec la richesse. On continue à entasser loi sur loi provenant
de cette erreur et les peuples, par cela même, continuent, hélas, a croupir dans la misère.
NOVICOV. . — Les Gaspillages.
CIIAPIÏllE VIII
LE SALxMRE ET LES GRÈVES
La question des salaires est le point central de l'économie politique. Bien entendu, nous comprenons sous ce nom toute rémunération d un travail quelconque et pas seulement la paye donnée à l’ouvrier par journée ou par semaine. L’homme fait des efforts en vue d’obtenir des jouissances. Ces dernières sont le but, les efforts ne sont qu un moyen. La production des richesses a une grande importance, sans doute ; mais elle est une phase préparatoire ; la chose principale est la distribution des richesses ou, en d’autres termes, la rémunération du travail.
La question des salaires est d’une complexité prodigieuse. On s en occupe depuis des années, sans en avoir même pu formuler une théorie plus ou moins satisfaisante.
Chaque ouvrier s imagine qu’en échangeant son effort quotidien contre 6 grammes d’or, il aura plus de bien-être qu’en 1 échangeant contre 3 grammes h Nulle part la fausse association d idées entre l’or et la richesse n’est plus indestructible. 11 se passera probablement de longues années avant qu’un ouvrier puisse comprendre que, dans certaines circonstances, il peut jouir d’un bien-être supe'rieur tout en recevant un moins grand nombre de francs par jour.
Nous avons montré au chapitre v que le maximum de richesse proviendra de l’équilibration plus complète des salaires. En ellet, toutes les fois qu un ouvrier parvient à obtenir une paye supérieure à la moyenne du marché il se vole lui-même,
(I) La pièce de 20 francs pèse Gé'"*, 451.
(2j A égalité de capacité bien entendu.