L’ESPRIT DE CONQUETE 16J
civiles. Car la conquête du pouvoir, au sein de l’Etat, est accompagnée de massacres qui ne sont parfois en rien inférieurs à ceux desserres étrangères. Les chefs des légions romaines oui combattaient pour 1 empire, faisaient contre leurs rivaux’ des campagnes aussi sanglantes et aussi coûteuses que contre les Parthes ou les Germains. La guerre entre Paris et Versailles en 1871, a occasionne des dépenses très considérables, sans parler des pertes indirectes qui ont été immenses. Par malheur nous manquons absolument de données sur les guerres civiles Contentons-nous donc de celles que nous avons pu obtenir pour les guerres étrangères. 400 milliards 784 millions absorbés en deux siècles!... Si on veut la solution de la question sociale, a coup sûr, il ne faut pas la chercher ailleurs. Sans ce gaspdlage effrene la terre aurait aujourd'hui dix fois plus de e, de sucre, de hn, de coton, de viande, de laine etc., etc II v aurait sur notre globe dix fois plus de maisons ; elles seraient plus spacieuses mieux chauffées, mieux ventilées. Un réseau de routes, aux mailles les plus serrées, couvrirait, outre l’Europe occidentale, la Russie, l’Asie, l’Afrique et l’Amériaue. Au heu de 630000 kilomètres de chemins de fer, nous en aurions
peut-etre trois ou quatre millions. Bref, si la conquête avait etc considérée comme un mal. il y a deux siècles seulement notre bien-etre serait déjà intiniment supérieur à celui que nous possédons actuellement. Mais si l’erreur ctésohédonique avait ete comprise par les sociétés civilisées dès l’époque romaine , la face du globe serait bien différente de ce qu’elle est aujourdhui. Notre planète aurait été complètement ^propriee a nos besoins. Les landes auraient été défrichées les marais desséchés ; partout où une goutte de ce préc’ieux liquide qui s appelle 1 eau, aurait pu servir à l’irrigation elle aurait ete affectée à cet usage. Des villes magnifiques, habitées par une population active et laborieuse, se dresseraient dans c innombrables endroits où ne se trouvent à présent que des ronces et des pierres. Bref, ce que verront les hommes dans
lois quatre ou mille ans, nous aurions pu le voir déjà en l’an de grâce 1894.
On ne modifie pas le passé. Nous avons exposé les funestes conséquences de nos erreurs anciennes, simplement pour monrer comment on pourra dans l’avenir assurer notre bien-être.
Tant que l’esprit de conquête sévira parmi les hommes, la misère sera le lot de notre espèce. Nos ancêtres sauvages et barbares ne comprenaient pas ce que nous comprenons. Un Attila, un Témoudjine, et même, de nos jours, un chef des Matébélés sont excusables de s’imaginer que la conquête peut augmenter le bien-être des vainqueurs. Mais un de Moltke, un prince de Bismarck ne le sont plus. Quant aux masses, elles sont encore beaucoup trop imbues de la gloriole militaire. Heureusement elles commencent à ouvrir les yeux.
En résumé, la confusion de la richesse avec la propriété a engendré le plus épouvantable des gaspillages. Les pertes produites par cette erreur, se chiffrent tous les ans par dizaines de milliards. Nous avons essayé de démontrer que les territoires des voisins ne sont pas appropriables par des peuples entiers. D’où l’on peut conclure que leur intérêt ne réside pas dans 1 étendue de leur domination, mais dans la prospérité générale de toutes les sociétés humaines. La politique dictée pai I intérêt des musses populuires, pousserait à la formation d’une vaste alliance entre tous les Etals.