‹ Gaspillages des sociétés modernes [microform]; contribution à l'étude de la question socialeChapitre 38 sur 41 · OUE · texte numérisé non relu

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importance : tout ce qui a pour résultat de ralentir la production de la richesse doit être condamné d’avance. En effet, comme nous l’avons montré, le revenu de chaque famille humaine devrait être au moins de oOOO francs, pour assurer un minimum de bien-être tolérable. Nous sommes , hélas ! encore bien loin de ce chiffre. Par conséquent, tout ralentissement de la production éloignera le jour où nous jouirons du confort nécessaire, donc il diminuera les jouissances ou augmentera les souffrances.

Mais, même si le revenu minimum de 5 000 francs était atteint, la jouissance ne serait possible que par son accroissement. Nous avons montré (cliap. ii) que toute jouissance provient d’une discrimination. Or, si nous ne voyons pas aujourd'hui un degré de prospérité plus considérable qu’hier, nous ne pouvons pas ressentir d’impressions agréables, donc nous souffrons. D’où la conclusion inéluctable que tout ce qui diminue le taux d’accroissement de la richesse doit être absolument condamné, dès qu’on se place sur le terrain économique.

Examinons maintenant le mécanisme naturel de la production. Il vient à l’idée de Pierre que telle entreprise peut être lucrative, par exemple l’établissement d’une scierie mécanique. Si Pierre possède déjà les capitaux nécessaires pour acquérir son outillage, il l’achète avec son propre argent, sinon, il l’emprunte. Puis Pierre cherche des ouvriers et se met à l’œuvre. Au bout d’un certain temps, cette scierie donne des bénéfices ou des pertes. L’idée, l’outil et le moteur animé sont trois éléments inévitables de toute production. Sitôt que l’un d’eux disparait, elle devient impossible. Sans une idée, on ne fait rien, sans outils, non plus. Enfin les outils ne sont d’aucune utilité, s’il n’y a pas d’hommes pour les manier. Les socialistes ne contesteront pas tout cela. C’est élémentaire.

Aucune production n’est possible non plus sans une certaine avance, sous forme de produits alimentaires. Or cette avance est un capital. L’homme, avant de produire lui-même, a vécu sur les ressources que lui offraient d’autres espèces végétales et animales. Celles-ci avaient amassé des réserves qu'il put mettre à profit ; elles avaient formé les premiers capitaux de l’humanité.

Novicow. — Les Gaspillages.

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