‹ Gastrectomie par hémisectionChapitre 14 sur 39 · C. — ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

C. — ANESTHÉSIE

La question du mode d’anesthésie est toujours très discutée, ce qui prouve qu'aucun n’est parfait, et pourtant son importance est grande : il faut que l’anesthésie soit complète pour permettre une bonne exécution de l’opération, il faut que ses effets sur l’appareil respiratoire soient réduits au minimum afin de ne rien ajouter au risque déjà si grand des complications pulmonaires.

Comme anesthésique général, il semble qu’il faille préférer le chloroforme, le mélange de Schleich ou le balsoforme à l’éther. Le protoxyde d’azote, lorsqu'il est bien administré, est certainement le meilleur anesthésique général par inhalation.

On peut aussi employer l’anesthésie au Rectanol complétée par quelques bouffées de protoxyde.

L’anesthésie rachidienne assez haute n’a pas d’inconvénients chez les sujets résistants et à tension artérielle suffisante. Dans tous les autres cas, elle est à rejeter.

Quant à l’anesthésie loco-régionale, fortement recommandée par Finsterer, c’est sans aucun doute celle qui donne les meilleures suites opératoires : rien de comparable dans les suites immédiates entre l’opéré qui a été endormi et celui qui a été anesthésié par voie loco-régionale ; il suffit d’avoir suivi des uns et des autres pour affirmer sans conteste la supériorité de ce dernier mode d’anesthésie. Précieuse dans tous les cas, elle est particulièrement indiquée chez

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les sujets affaiblis et dans les gastrectomies pour cancer où ni l’anesthésie générale, ni l’anesthésie ra- chidienne ne sont recommandables. Il faut utiliser la novocaïne à 0,5 % en grande quantité (300 cc. au total), en injections traçantes intra-musculaires (dans la gaine des droits) et sous-cutanées, encadrant complètement la future incision ; on complètera par des injections aux points d’émergence sous-chondrale des nerfs intercostaux, et par une injection médiane où passera l’incision. Après l’ouverture de la paroi, on infiltrera le péritoine pariétal (Finsterer), les mésos (faux de la coronaire, grande courbure) et la région cœliaque au-dessus de l’artère hépatique entre aorte et veine-cave écartées par l'index gauche qui appuye jusqu’au contact de la colonne vertébrale et sert de guide à l’aiguille. Malheureusement, même dans ces conditions, sans changer de technique, lrefficacité de l’anesthésie loco-régionale est très variable d’un sujet à l’autre, probablement parce qu'entre en jeu une question de terrain et de psychisme, de pusillanimité dont il faudra tenir compte dans le choix de l’anesthésie. L’anesthésie locale reste cependant formellement indiquée chez les sujets affaiblis et dans les gastrectomies pour cancer.

Dans tous les cas, les injections de Sédol, de morphine, d’atropine, dans l’heure qui précède l’opération, faciliteront grandement l’anesthésie, surtout en ce qui concerne l’anesthésie locale.

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