‹ Gastrectomie par hémisectionChapitre 37 sur 39 · TR · texte numérisé non relu

TR

Obs. XX. —— M. F.., André, 27 ans, mécanicien.

Entré à l’hôpital le 22 octobre 1934. Diagnostic: ulcère du duodénum. Syndrôme douloureux typique. Image d’ulcère de face sur tous les clichés.

Opération le 23 octobre (anesthésie Schleich: très mauvaise; paroi tendue).

Estomac et vésicule normaux. On découvre la face antérieure du bulbe: tache lenticulaire, cicatricielle, en étoile, typique d’un ulcère de la face inférieure du foie. Etant donné la profondeur de la lésion, et les difficultés d’anesthésie, on ne peut songer à enlever largement l’ulcère.

Gastrectomie aux 2/3 par hémisection, pour exclusion.

Fermeture du duodénum technique Mayo; points séparés d’enfouissement, supplémentaires.

Anastomose Polya-Finsterer.

Paroi aux lins perdus. Un drain. Suites normales.

Obs. XXI. Mme C..., Rose, 43 ans, femme de ménage.

Entrée le 5 novembre 1934. Diagnostic : malade ayant subi en août 1933 une opération de Judd pour ulcus duodénal ; soulagée pendant 4 mois. Depuis, les douleurs ont repris avec la même intensité. Hématémèse récente. Examen radioscopique : léger retard de l'évacuation. Clichés : tache paraduodénale sur le bord supérieur ; déformation de la région pyloro-duodénale s’expliquant par l’opération.

Opération le 9 novembre (essai d’anesthésie locale : échec Balsoforme).

Toute la région est bloquée par des adhérences. On est obligé de disséquer très longuement pour pouvoir aborder le duodénum.

On commence par une hémisection gastrique qui facilite grandement la libération. La vésicule qui est adhérente est soigneusement détachée ; elle paraît normale.

MASSÔN 7

On se propose de sectionner le duodénum sur pince. La pince ayant dérapé, on ouvre largement le duodénum: bile abondante ; on retire à la partie supérieure un enchevêtrement de fils ; l’un est un fil de lin, l’autre un catgut, long chacun de 5 em. et provenant certainement d’un surjet ; c’est ce magma de fils et de baryte qui a dû donner sur les clichés la tache paraduodénale. Fermeture du duonénum par points inversants.

Polya-Finsterer : gastrectomie aux 2/3. L’anastomose a été réalisée à points séparés. Le sujet étant extrêmement saignant. il a fallu mettre des ligatures multiples sur les tranches gastrique et intestinales.

Fermeture de la paroi. Drain ondulé.

Durée : 1 heure 3/4. (Le temps anastomotique y compris l’hémostase a duré 30 minutes).

Suites opératoires : normales.

GASTRECTOMIES POUR CANCER

Obs. XXII. M. A, Henri, 61 ans, boulanger.

Entre à l’hôpital le 7 octobre 1933. Diagnostic : cancer de l’estomac.

Opération le 13 octobre (anesthésie régionale, très bonne jusqu’à la fermeture de la paroi).

Tumeur du volume du poing siégeant sur le vestibule pylorique, adhérent au pancréas et au méso-côlon transverse, mais sans envahissement véritable de ces organes.

Grosse adénopathie dans la chaîne coronaire.

Hémisection gastrique en-deçà de la tumeur.

Ablation du segment pyloro-duodénal.

Fermeture du duodénum technique Mayo.

Ablation du segment cardiaque avec ligature très haute de la coronaire pour pouvoir descendre les ganglions. Polya total. Suture de la brèche mésocolique.

noie

Paroi en un plan aux fils de bronze. :

Examen de la pièce. — Volumineuse tumeur végétante de l’antre ; ganglions sous-pyloriques et ganglions de la chaîne coronaire, volumineux.

Examen histologique : épithélioma d’origine glandulaire ; ganglions métastasés.

Suites opératoires : sorti le 18 novembre.

Obs. XXII. — M. C..., Désiré, 53 ans, maçon.

Entre à l’hôpital le 3 novembre 1933. Diagnostic : cancer juxta-pylorique. Grande image lacunaire.

Opération le 10 novembre (anesthésie régionale, très bonne jusqu’à la fermeture de la paroi exclusivement).

Le cancer est du volume d’une orange ; il est mobile. L’obstacle sera évidemment l’ablation complète des ganglions sous-et rétro-pyloriques. Pour faciliter ce temps opératoire, on pratique une hémisection de l’estomac en amont du néoplasme.

Ablation très facilitée du segment pyloro-duodénal. On lie la gastro-duodénale et on enlève la chaîne ganglionnaire. Le décollement colo-épiploïque est poussé jusqu’à la colique droite. Fermeture du duodénum par une double bourse.

Ablation du segment cardiaque facile du fait de l’hémisection. Anastomose type Polya. Toute l’anastomose est faite à points séparés, sauf le plan séro-séreux antérieur. Suture de l’estomac à la brèche mésocolique.

Un drain ondulé, une mèche ; paroi aux lins perdus.

Examen de la pièce (histologique) : néoplasme d’origine glandulaire. Ganglions de la chaîne pylorique non métastasés ; ganglion de la chaîne coronaire : début de métastase.

Suites opératoires : sorti le 8 décembre.

Revu le 9 mars 1934. Fonctionnement parfait. Paroi très solide. Poids : 59 kgs.

Revu le 9 juin. Bon état général. Fonctionnement normal de la bouche. Paroi solide, mais élimination de quelques fils de lin.

Revu le 17 novembre. Etat général et fonctionnel excellent. Fonctionnement radiologique normal. Gastrectomie aux 3/4. Poids : 59 kgs 500.

Obs. XXIV. — Mme P... Marie, 58 ans.

Entre à l’hôpital le 14 mai 1934. Diagnostic :cancer du pylore.

Opération le 16 mai (anesthésie locale).

Le cancer paraît mobile mais s’est développé sur la face postérieure et adhére au mésocôlon transverse.

Décollement colo-épiploïque. On essaie de réséquer la partie centrale du méso-côlon adhérente, en respectant l’arcade marginale. Le côlon transverse très suspect à la fin de l’opération sur une longueur de 10 em., sera extériorisé.

On essaie de faire une gastrectomie de droite à gauche ; mais la chaîne rétro-pylorique est difficile à dégager du pancréas ; on doit couper en plein pancréas. Pour faciliter les choses, on fait une hémisection.

Fermeture du duodénum, Mayo.

Polya pré-colique avec retournement de l’anse. Points séparés.

Accolement en canon de fusil des deux pieds de l’anse transverse ; extériorisation de 20 cm. de côlon.

Fermeture de la paroi au noirgut.

Examen de la pièce : cancer bien limité de la face postérieure du vestibule pylorique, envahissant le mésocôlon transverse ; ganglions sous-pyloriques dont un de la grosseur de la noisette; trois ganglions sur la chaîne coronaire. Les lésions paraissent avoir été dépassées.

Suites opératoires : la malade est décédée le 2 juin, quinze jours après l'intervention.

La liste de ces observations est une publication intégrale des gastrectomies par hémisection ; celles-ci ont toutes été pratiquées par M. Toupet, à part celle de l’obs. XIII qui nous est personnelle. Aucun des décès ne peut être imputé à la méthode. Il ne faut pas oublier qu’il s’agissait de cas particulièrement difficiles, du fait même qu’ils indiquaient une hémisection première.

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