‹ GastronomieChapitre 42 sur 132 · LÉON GOZLAN · texte numérisé non relu

LÉON GOZLAN

Cet article, dont je me léchais déjà les doigts, Léon Gozlan ne me le donna pas.

Peut-être eut-1l des scrupules, — un remords.

Il m "envoya, à la place, un Sermon pour les cuistnières, qui avait bien son mérite‘,

1! Voir cet article au chapitre xv:

Le bibliophile Jacob se piqua d’érudition, comme toujours, et m'adressa la lettre suivante :

« Mon CHER CONFRÈRE,

@Pai publié le journal le Gastronome, trois ou quatre mois avant la révolution de juillet. C’était le bon temps... pour le Gastronome. Nous avions six cents abonnés lors des ordonnances, et nous en aurions eu bien davantage, si la partie technique eût été plus succulente et plus utile, car l’esprit seul ne nourrit pas. Après Les glorieuses, le ventre sembla devoir "mourir, et nos abonnés s’en allèrent comme la saison des fraises. Je m accuse de ce désabonnement : je faisais de la politique tricolore dans le Gastronome !

«Enfin, c’est un très-joli journal. pour le temps; il est d’une telle rareté, que je le cherche depuis dix ans pour en réimprimer quelque chose. La Bibliothèque impériale en possède un exemplaire bien complet en deux volumes in-folio obl., format des cartes de restaurateur. Les rédacteurs étaient Henry Martin, Charles Lemesle, Félix Davin, Edmond Marcotte, Pierquin de Gembloux, le marquis de Cussy

et moi, moi, toujours moi, habillant et r’habillant prose et vers.

« Je vous donne liberté entière pour reproduire ce qui ne sera pas rance ni moisi. Je me rappelle un article très-plaisant sur le pudding de Johnston.

«Et maintenant, bonne chance; vous avez le feu sacré, outre celui de la cuisine, et vous ferez mar-

cher les abonnés au bruit des fourchettes. Je ne doute pas du succès, si vous mettez Le côté pratique et utile à côté de l'esprit, la pièce de résistance, la grande et la petite cuisine à côté du dessert.

« Bien à vous,

« Pauz Lacroix. »

(Bibliophile Jacob.)

Mais le plus zélé de mes adhérents fut Méry; il m'envoya non-seulement une lettre, mais encore une recette en vers, qui est absolument un chef-d'œuvre. Il ne s’agit rien moins que de la bouille-abaisse. Lisez ou plutôt dégustez :

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