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Le festin terminé, les invités prenaient part à des jeux de hasard. Chez les seigneurs et les chefs francs, des combats singuliers avaient lieu.
Moyen âge. — Les demeures, en France, au moyen âge, furent plus luxueuses et plus confortables, surtout après les Croisades, et elles s'embellirent de tous les apports nouveaux que l’industrie, très florissante, put fournir.
Les manoirs, plus grandioses, eurent une pièce de réception appelée la « salle des hôtes », dans laquelle se donnaient les repas de cérémenie et les festins ; mais il n'existait pas de salle à manger proprement dite.
Les repas ordinaires étaient servis, en hiver, dans les chambres, les antichambres et même les cuisines ; en été, ils avaient lieu dans le jardin, sous un bosquet ou dans un salon de verdure.
Le sol des pièces, dans les habitations, était la terre, battue, recouverte de paille ou de foin, plus tard de nattes de paille. Chez quelques seigneurs riches, des lapis épais de laine remplaçaient la paille ou le foin. Les murs étaients peints à l'huile ou revêtus d'un enduit à la colle.
L'éclairage se faisait avec des torches, des flambeaux de cire et des petites lampes plates, en cuivre, alimentées avec de l'huile, posés à terre ou sur la table et supportés par des lustres ou des couronnes.
Le mobilier élait constitué par des bancs à quatre pieds, sortes de banquetles, des bancs-coffres à dossier avec accotoirs, garnis de housses ou de coussins, des fauteuils, des chaires richement ouvragées, des tables fixes ou des tables démontables, des escabeaux, des écrins, espèces de coffres où l'on enfermait les objets précieux, des dressoirs, des vaisseliers ou buffets de bois fins à un ou plusieurs gradins", artistement sculptés, destinés à recevoir les plus belles pièces d’argenterie ou d'orfèvrerie. Le dressoir tenait une très grande place dans les cérémonies, les processions, et il faisait partie du matériel de toutes les réceptions. Le luxe des dressoirs élait poussé au plus haut degré chez les seigneurs et les prélats. A la Cour, chez certains rois, il existait des buffets d’or et d'argent, des dressoirs d'une très grande richesse, garnis de tapisseries et de drap d’or supportant des pièces rares d'orfèvrerie et de la vaisselle magnifique en or.
Les cuisines occupaient une place importante dans les habitations du moyen âge. Elles étaient généralement situées dans des bâtiments spéciaux. Au x siècle, elles étaient rondes le plus souvent et munies d'une cheminée avec prise d’air au
r. Le nombre des gradins était proportionné à la situation nobiliaire du possesseur : 5 pour une reine ou
un prince souverain ; { pour un prince ; 3 pour un comte ; etc. Les gens non titrés avaient des vaisseliers sans gradin.
plafond pour évacuer la fumée et les odeurs. Au xive siècle, on donna aux cuisines une forme carrée avec deux ou plusieurs cheminées et prise d'air centrale. Dans les châteaux et les palais, les cuisines étaient spacieuses ; elles avaient de nombreuses annexes pour tous les services en dépendant. Chez les bourgeois, les cuisines élaient petites, non distinctes des habitations et prises, souvent, sur une chambre, qui servait alors tout à la fois de salle à manger, de chambre à coucher et de cuisine.
Le mobilier des cuisines était composé d'un vaisselier ou dressoir de cuisine, somptueux chez les princes, les riches seigneurs et les hauts prélats, d'un coffre à conserver la viande salée, d’une armoire à épices, d'une huche pour pétrir et serrer le pain, de tables sur tréleaux ou sur pieds, de bancs, de banquettes et d’escabeaux.
Dans les cheminées, immenses, profondes et assez hautes pour qu'une personne adulte pût s’y tenir debout, pendait la crémaillère avec son allonge ou crémaillon en fer forgé souvent travaillé avec art (celle du roi Charles V était en argent), à laquelle on suspendait la grosse marmite de fer de vingt litres environ. En avant du foyer, se dressaient deux landiers ou chenets de fonte, sur la queue desquels on disposait d'énormes bûches. Les tiges verticales des landiers, hautes d'un mètre au moins, élaient munies de crampons qui servaient à accrocher l’écumoire, la large louche, la longue fourchette à deux dents servant à fouiller dans les marmites et les pots, les pincettes, les tisonniers, les pelles à feu et plusieurs broches" ; elles étaient terminées presque toujours en forme de corbeilles dans lesquelles on plaçait un récipient quelconque destiné à réchauffer ou à cuire certains mets. Il existait aussi des réchauds qu'on pouvait rapprocher ou éloigner du foyer.
Le déploiement du luxe des accessoires de la table fut inouï au moyen âge ; il atteignit son apogée du xn° au x1v° siècle. Si les pauvres n'avaient que des écuelles et des plats en terre et en bois; si, dans la classe inférieure, il n'existait que des plats, des vases et des récipients émaillés grossièrement ; par contre, les bourgeois possédaient de la vaisselle en étain comprenant de véritables objets d'art, de la vaisselle en faïence d'Italie”, et, sur les tables des seigneurs et des rois, des trésors ruisselaient. Ce n'étaient que pièces d’orfèvrerie d'apparat, vaisselle, plats, aiguières, flacons, drageoirs pour les épices, saucières, fourchettes*, très rares, pour manger les fruits, salières de formes et de dimensions diverses, pintes, coupes, hanaps, les plus riches de toutes les coupes, nefs merveilleuses, précur-
1. L'origine des broches remonte au xv® siècle ; on leur adjoïgnit bientôt des lèchefrites. On employa comme tourne-broches d'abord des gamins et plus tard des chiens.