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Traitement l'obésité des gourmands

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Trailement de l'obésité des gourmands

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L'obésité est l’état du corps humain dans lequel la proportion de graisse des différents organes se trouve en excès notable sur la moyenne normale.

On a beaucoup écrit sur la question et, comme il arrive souvent en pareil cas, on a émis les opinions les plus contradictoires.

Ce qui parait incontestable, c’est l'existence de plusieurs variétés d’obésité, suivan les causes qui les ont produites.

Fréquemment, le mal est le résultat d’un vice de nutrition. Cependant, on voit souvent des gens, paraissant jouir d’un excellent estomac et d'intestins en parfait état, dont toutes les fonctions semblent s'accomplir à merveille, qui, mangeant trop, deviennent obèses, à l'exemple des bêtes primées dans les concours d'animaux gras.

C'est exclusivement de celte variété d’obésité, obésité des gourmands, dont je m'occuperai ici.

Étudions d'abord la marche des phénomènes.

Les candidats à l'obésité, souvent très maigres dans leur jeune âge, engraissent généralement {ôt, mais ils peuvent ne pas se faire remarquer par des proportions anormales avant l’âge de 25 ou 30 ans : pourtant, il est bien rare qu'ils n'aient pas manifesté leur tendance à l'engraissement avant la trentaine. Ils commencent

1. Ma méthode, mentionnée dans un certain nombre de journaux médicaux, a été reproduite in extenso dans Ja « Tribune Médicale ». Elle figure dans les traités classiques : « Précis de Thérapeutique » du professcur Vaquez, paru dans la Bibliothèque Gilbert et Fournier, chez J.-B. Baillière ; « La Pratique Thérapeutique » des docteurs Courtois-Suffit et Trémolières, parue chez Doin. Le professeur Marcel Labbé en a parlé au Congrès de Physiothérapie de 1910. De nombreux médecins ct non des moindres la prescrivent couramment.

par devenir d'abord simplement grassouillets, la graisse se développant, au début, surtout duns les issus sous-cutanés ; comme ils sont encore jeunes et que tout va bien à la jeunesse, cela ne leur messied pas trop; ils font presque envie. Plus tard, ils s'épaississent et ils deviennent lourds ; la graisse se loge autour de tous les viscères et elle envahit les enveloppes de la cavité abdominale ; alors les premiers symptômes inquiétants apparaissent.

Les gens gras soufflent et transpirent au moindre effort ; ils s’enrhument avec la plus grande facilité ; ils perdent progressivement de leur activité, la marche leur devient pénible et même odieuse; ils dorment après leurs repas etils finissent par ne plus avoir la moindre énergie. Cependant, ils conservent encore, au moins en partie, leurs facultés intellectuelles et leur humeur enjouée. Ils produisent, sans rien faire pour cela, un effet comique irrésistible : ils font rire. Ils se laissent aller de plus en plus à leur péché mignon et la graisse s'infiltre dans les cellules mêmes de leurs tissus. De gras qu'ils étaient, ils se transforment en véritables obèses ; leur circulation se fait de plus en plus mal, leurs facullés intellectuelles s'émoussent notablement, ils perdent leur bonne humeur, ils deviennent impotents, infirmes et ils n’inspirent plus que la pitié.

Un de mes meilleurs amis, âgé de 51 ans, mesurant 1",80 à la loise, ayant toujours joui d'une bonne santé, d’un excellent estomac et d’un appétit à la hauteur de son estomac, s'était laissé aller, tout jeune, à la gourmandise. Du poids de 80 kilogrammes qu'il avait à 18 ans, il était passé à 120 kilogrammes à 27 ans, et à 49 ans il avait acquis, tout nu, le poids formidable de 150 kilogrammes, avec 1",48 de tour de ceinture. C'était un type d’obèse gros mangeur.

A plusieurs reprises, dans le courant de sa vie, il avait essayé de réagir contre cet élat : il avait consulté des maîtres, il avait même suivi leurs conseils, mais, malgré tout, son poids n'avait jamais diminué d’une façon notable et durable.

L'un de ses consultants, savant grave à lunettes, après l'avoir soigneusement examiné et palpé des pieds à la tête, lui déclara d’abord qu'il le considérait comme un dilaté et un accéléré, ce qui, parait-il, expliquait tout; puis, après avoir étudié la composilion de ses urines, il pencha pour le classer plutôt parmi les rétrécis et les ralentis, ce qui, du reste, devait également jeter la lumière sur les phénomènes observés.

En fin de compte, il lui fit, sans rire, l'ordonnance suivante :

a) On favorisera les mutations nutritives par des modificateurs généraux.

b) On prendra tous les matins, à jeun, un verre d'eau de Carlsbad chauffée à 37° C. au bain-marie (on fera également chauffer le verre).

Un autre l'envoya dans une station thermale, où à force de purgations, de massages, d'exercices, de marches forcées en terrain accidenté et au soleil, sans boire ni manger, il arriva à perdre quelques kilogrammes qu'il rattrapa bien vite, du reste, dès son retour à Paris.

Un essai loyal de régime sec lui valut un bel accès de goutte.

Il prit des pilules dites fondantes, essaya la médication thyroïdienne et la médication iodurée qui heureusement ne lui firent pas de mal, mais n’eurent aucune action sur son obésité.

Il était tout à fait découragé, lorsqu'il eut l'idée de me demander conseil.

J'avais fort heureusement et depuis longtemps médité sur la question ; aussi je pus, en me donnant des airs de savant, lui faire ex abruplo le pelit discours suivant.

Il paraît à peu près établi d'une façon expérimentale qu'un homme de carrure moyenne, ayant 1",79 à la toise et pesant 75 kilogrammes, consomme par jour, au repos, pour le travail de son cœur, ses échanges gazeux respiratoires, etc., 2200 calories ; on peut en déduire plus ou moins exactement le nombre correspondant de calories pour un homme d’une taille et d’un poids donnés.

De plus, on connait la composition de la chair musculaire et celle des différents aliments ; on connaît aussi plus ou moins les équivalents caloriques de la plupart d’entre eux; dans ces conditions, il est facile de constituer un régime alimentaire ayant une composition moyenne élémentaire analogue à celle de la ration d'entretien‘ et dont l'intégralité représente un nombre de calories inférieur au nombre de calories nécessaires.

Il y aurait ainsi dans la balance un déficit de calories que l'organisme serait obligé de prendre sur lui-même.

Il est bien certain, comme l’a écrit spirituellement un médecin, en faisant la critique de certains régimes prescrits contre l'obésité, que si l'on pouvait se contenter le matin d’un verre d’eau avec rien et le soir du même régime sec, on maigrirait. Succi et Merlatti l'ont démontré péremptoirement, mais ils ont montré en même temps l'absurdité du système.

Tout régime excessif manque son but, la fatigue exagérée épuise, les exercices violents augmentent les sensations de faim et de soif, ce qu'il importe d'éviter. I1 convient donc d'adopter un régime modéré, basé sur des données scientifiques, les unes théoriques, les autres expérimentales, et combiné de façon qu'on puisse le suivre sans dégoût et sans trop de peine.

Le corps humain est loin d’être une cornue inerte et, dans l'équation alimentaire, nous ne connaissons à peu près que le premier terme et le dernier, comprenant l'un la composition chimique centésimale des produits ingérés, l’autre celle des excreta. L'expérience, en contradiction sur ce point avec la théorie, montre que les farineux en général, et particulièrement le pain, favorisent l’engraissement beaucoup plus que ne devrait le faire craindre la quantité correspondante de calories absorhbées.

1. 72 pour 100 d’hydrates de carbone, 18,50 pour 100 d’albumine, 9,50 pour 100 de graisse.

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retenir

Un certain nombre de savants attribuent le phénomène à l’indigestibilité du pain, mais cette explication ne me satisfait pas, car je connais des obèses, gros mangeurs de pain, des gaillards ayant de véritables estomacs de casoar, pour qui le mot « indigeste » est vide de sens.

Quoi qu'il en soit, il résulte de ces faits qu'il importe de réduire la consommation des farineux, surtout celle du pain et d’en arriver à la suppression complète de ce dernier.

Toutefois, pour éviter une sensation de faim trop pénible, il est bon de permettre un volume relativement considérable de nourriture, en prenant comme base de l'alimentation les légumes verts et les fruits, qui nourrissent peu. Il convient, bien entendu, d'y adjoindre des aliments carnés, de façon que l'organisme n'ait à emprunter que le moins possible aux muscles, mais il faut en limiter la quantité.

En ce qui concerne la boisson, contrairement à l'opinion des partisans du régime sec, j'estime qu’il faut boire, de façon à bien laver les reins, condition indispensable au bon fonctionnement de notre machine. Reste seulement à savoir à quel moment on doit boire.

Un fait d'observation banale montre que l'on mange moins lorsqu'on ne boit pas en mangeant ; c'est là une raison suffisante pour boire seulement entre les repas. Les physiologistes attribuent à l'absorption des liquides pendant le repas une action défavorable sur la digestion, parce que, disent-ils, le suc gastrique dilué perd de son activité ; c'est assez vraisemblable. Certains savants assurent que l'avantage des repas secs est de diminuer notablement la putréfaction intestinale azotée ; c’est bien possible. Au point de vue qui nous occupe, la première raison me suffit complètement.

Ea vue de réduire l'absorption des liquides à table, il convient également de limiter l'usage des potages.

Voici, en termes généraux, la ligne de conduite à suivre.

1° Alimentation. — 1 faut réduire le plus possible la quantité des farineux ; diminuer progressivement la ration de pain et les pâtisseries ; finalement en supprimer l'usage.

Les pâtes, les pommes de terre et le riz engraissant relativement moins que le pain, Lu pourras en manger quelquefois, mais modérément.

H faut mâcher soigneusement ; ne pas rester plus d'une demi-heure à table et la quitter Loujours sans être rassasié.

Ces réserves faites, tu peux manger de toutes les viandes de boucherie ou de porc, rôties, braisées ou bouillies, du jambon, de la volaille, du gibier (en évitant cependant le gibier trop avancé qui est indigeste), des œufs, de temps en temps, mais pas trop souvent, du poisson de mer, du poisson d'eau douce, des coquillages, etc.

Tous les légumes verts sont permis et même recommandés. Du moment que tu les digères bien, tu peux manger haricots verts, petits pois, asperges, artichauts, différentes variétés de chou, chou vert, chou rouge, chou frisé, chou cabus, choufleur, brocoli, choux de Bruxelles, chou confit, choucroute, oignons, poireaux, carottes, navets, radis, concombres, raves, salsifis, cardons, rhubarbe, céleri, fenouil, épinards, tomates, aubergines, betteraves, champignons, etc. Toutefois, il est préférable de ne pas abuser de l’oseille, à cause de la forte pronortion d'acide oxalique qu’elle contient.

Toutes les salades crues ou cuites sont permises ; les salades crues accommodées de préférence au jus de citron conviennent très bien.

Enfin, tu peux manger de tous les fruits crus ou cuits.

Il faut réduire le plus possible la boisson à table, supprimer les potages, et prendre l'habitude de ne pas boire du tout en mangeant, ce qui est facile.

Il faut réduire également au minimum la consommation de l'alcool, du sucre et du laitage.

Mais il est essentiel de boire ; tu boïras donc seulement entre les repas, d’abord le matin, au réveil, puis une heure ou deux après chacun des deux principaux repas, enfin le soir en te couchant. La quantité de liquide nécessaire pour te désaltérer pourra varier entre un et deux litres par jour. Comme boissons chaudes, tu donneras la préférence à des infusions légères de thé ou à des tisanes quelconques ; comme boissons froides, tu prendras des eaux minérales, de l’eau pure ou aromatisée, de la citronnade, de l’orangeade, etc. ; jamais de bière.

2° Sommeil. — Sept à huit heures de sommeil en moyenne doivent suflire.

3° Exercices. — Le défaut de la plupart des régimes est de prescrire, dès le début, des exercices pénibles. En procédant ainsi, on décourage immédiatement des gens dont la volonté est généralement chancelante. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, qu'un gros obèse est matériellement incapable de fournir sans entraînement un travail physique tant soit peu important, et qu'il faut absolument lui éviter en même temps qu'une fatigue trop grande un accroissement exagéré de l'appétit.

Le meilleur exercice est incontestablement la marche, mais il convient d’en augmenter la durée progressivement; en agissant ainsi, tu arriveras en peu de temps à faire avec plaisir et grand profit huit à dix kilomètres à pied, par jour.

Dix minutes ou un quart d'heure d'exercices modérés et gradués faits, de préférence, au moment du coucher, soitavecun appareil de gymnastique de chambre, soit sans aucun appareil, produisent un excellent eflet au point de vue de l’assouplissement général du corps.

Le massage et surtout l'auto-massage des régions plus particulièrement envahies par la graisse est également un bon exercice, à condition qu'il soit pratiqué avec modération.

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