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Parmi les festins de l’époque, les plus célèbres sont : le festin « du faisan », donné par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, pour fêter l'expédition organisée contre Mahomet IL (1453) ; le festin donné par Gaston III, comte de Foix, à l'occasion du mariage de la fille de Charles VII (1458).

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Renaissance. — A cette époque, pas plus qu'au moyen âge, il n'existait de salles à manger. On servait les repas dans la salle des hôtes, dans les chambres à coucher ou dans la cuisine, lorsqu'il faisait froid ; dans le jardin, pendant la belle saison. Le sol des pièces, dallé ou carrelé, était couvert d'herbes odoriférantes et de fleurs, en été; de nattes, en hiver.

Au xvi° siècle, le chauffage s'effectuait au bois brûlant sans arrêt dans les hautes et profondes cheminées; mais bientôt des poêles en terre vernissée, venant d'Allemagne, apportèrent leur supplément de chaleur.

La Renaissance marqua nombre d'objets de son empreinte. Les meubles de table, dont on peut voir de beaux spécimens dans nos musées, étaient représentés par des buffets, des armoires, des tables, des chaises, des stalles magnifiquement sculptés ; on voyait aussi des tables extensibles, dites tables-tirantes, avec tablettes aux extrémités. Mais ces meubles étaient disséminés, dans toutes les pièces, dans les couloirs et même dans les cuisines. En changeant de style, les dressoirs étaient devenus des crédences et les bancs avaient fait place aux tabourets, très riches, parfois même en argent massif.

Pendant la Renaissance, le linge de table fut très en faveur. Il était de toile damassée, très ouvragée ; il y avait même des tabliers damassés. À tous les degrés de la société, chez les riches comme chez les pauvres, dans l'aristocratie comme dans la bourgeoisie, les tables étaient couvertes de nappes et chaque convive avait une serviette. Dans la haute société, on changeait de serviettes plusieurs fois pendant le repas. On parfumait le linge et on prit l'habitude de plier les nappes et les serviettes de nombreuses façons décoratives.

Les tables étaient somptueusement dressées et surchargées de pièces superbes d'orfèvrerie et de vaisselle précieuse.

Le matériel comprenait encore des vinaigriers en verre, en cristal, en étain et en argent, des canettes en étain munies d’un couvercle et d'une anse, des buires très élégantes, des vidrecomes, des pichets à anse, en faïence, en grès, en étain, en argent, des petits paniers filigranés d'or et d'argent pour les fruits, les gâteaux, ete. ; des paniers en vannerie fine et en vannerie dorée garnis de dentelles et de rubans, des bonbonnières ou drageoirs de poche, des couteaux de poche, des cure-dents en orfèvrerie, en os ct en bois odoriférant, des casse-noix, des pots à vin et à bière en grès, en étain, en argent, des coquetiers en étain el en métal

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précieux, des assiettes en faïence, des cruches à bec, des vases et des coupes avec couvercles, montés ou non à charnière.

Les fontaines de table en métaux précieux ont presque complètement disparu du service de la table, sauf à la Cour.

Un fait important du xvi° siècle fut l'apparition de la fourchette individuelle, mise à la mode par Henri IIE ; mais son usage ne se généralisa pas. Des cuillers à long manche virent le jour, nécessitées par le port chez les seigneurs et les dames, des hautes et larges collerettes empesées appelées fraises.

Les cuisines, très spacieuses des demeures seigneuriales et des palais, participèrent au faste luxueux de la table. En dehors des pièces d’argenterie qu'elles contenaient, il y avait des ustensiles nombreux pour tous les usages, en bois, en ivoire, en étain, en fer, en fonte, en cuivre, en bronze; des soufflets articulés, des poissonnières, des bassines, des tourtières, des poêles à frire, des tinettes en bois’, des fontaines de cuisine, certaines très belles, en cuivre.

À la fin du xvr* siècle, les rôtissoires* avec coquille commencèrent à paraître et les glacières pour tenir au frais les mets et les boissons entrèrent en usage.

Malgré de nouvelles lois somptuaires et les édits enjoignant de vendre la vaisselle précieuse pour remédier à la pénurie des finances, le luxe le plus grand régna pendant la Renaissance, personne ne voulant renoncer à cette marque extérieure de fortune. Sous François I‘, il atteignit son point culminant. A toutes les richesses existantes vinrent s’ajouter les belles pièces céramiques de Bernard Palissy et les merveilles d'orfèvrerie ciselées de Benvenuto Cellini.

Le service dans la classe riche était assuré par un personnel nombreux. Chez le roi François [*, il était représenté par un état-major de 95 serviteurs gentilshommes, la plupart ayant un nom illustre, auquel était adjointe une armée de subalternes.

Les repas comprenaiïent plusieurs services abondamment pourvus. Dans ceux de grande cérémonie, une magnificence inouïe était déployée. Le goût des plaisirs raflinés, apporté d'Italie par Catherine de Médicis, avait gagné toutes les classes, aristocratie, bourgeoisie et même une partie du peuple; mais les pauvres mangeaient toujours dans des écuelles de terre et de bois. Dans les festins de la Cour de France, la richesse se faisait encore remarquer par l'abondance des viandes de toutes sortes et par les «entremets-spectacles » somptueux qui y étaient représentés. Les banquets maigres n'étaient pas moins luxueux.

Le règne de Henri IV mit fin à ces fêtes dispendieuses.

1. On en faisait de peliles en or ou en argent pour les crédences. 2. Elles étaient en fer, quelquefois aussi en argent.

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Temps modernes. — Au xvm° siècle, il y eut dans beaucoup d'habitations, surtout dans les maisons bourgeoises el les hôtels, une pièce spéciale affectée aux repas ; mais dans la plupart des châteaux princiers et des maisons seigneuriales on continua à servir les repas dans une pièce quelconque. Louis XIV et Louis XV se faisaient servir dans leur cabinet ; on ne dressait la table dans leur antichambre ou dans celle de la reine que pendant la saison chaude.

Le sol des habitations était couvert de nattes, en paille colorée et tressée, extrêmement élégantes et très décoratives ; puis vinrent les tapis de cuir gaufré, en été ; de laine, en hiver. Au xvur° siècle, les murs des maisons riches étaient revêtus de nattes multicolores ou de cuir peint et doré ; plus tard, il y eut des tapisseries de soie, des verdures de Flandre et des tapisseries de haute lice. Sous Louis XIV, la décoration murale changea ; ce furent des ornements appliqués directement sur les murs : moulures, corniches, trumeaux, pâtisseries décoratives, etc. Sous Louis XV, on vit des lambris de menuiserie blanche et dorée, des petits panneaux de tapisseries, des cartouches, des médaillons artistiques, peints à l’huile, et des glaces partout.

Dans les intérieurs bourgeois, les salles à manger, lorsqu'elles existaient, étaient meublées très simplement, les murs recouverts de nattes. Quand la mode des nattes passa, ils furent peints à l'huile ou blanchis à la chaux ; plus tard, on les recouvrit de papiers peints.

Le chauffage était assuré au moyen de feux de bois brûlant dans les cheminées, de dimensions plus restreintes qu'au siècle précédent et ressemblant beaucoup au type des cheminées actuelles, et par des poêles en terre vernissée plus variés de formes et plus artistiques que les premiers connus.

L’éclairage était fait à l’aide de chandeliers et de flambeaux de table, d'appliques, de girandoles, de lustres, et aussi au moyen de flambeaux et de torches, en cuivre, en bronze, en cristal, en argent, en vermeil, tenus par des domestiques. Les seigneurs conservèrent longtemps celte dernière façon de s’éclairer dans les grands diners ; cela leur permettait de faire voir qu'ils avaient une domesticité nombreuse et satisfaisait leur orgueil et leur amour de l’ostentation.

Le peuple se servait de chandelles et de l'antique lampe à huile.

Le mobilier était représenté par des tables rondes ou ovales‘ sculptées, des tables à rallonges, des tables avec abattants à charnières dites & tables à l'anglaise », en acajou. Elles étaient recouvertes de tapis de parade ou d'étofles surchargées de broderies, qu'on enlevait pour dresser la table.

IL y avait encore des tables et des meubles en marqueterie de bois, d'autres recouvertes de tablettes de marbre portées par des pieds sculptés et dorés ; des tables à transformation dites «tables machinées » ; des tables volantes sortant

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