CHANSON
Plus blanche que l'hermine blanche, La nappe appelle le banquet ; fia girandole à chaque branche Concentre la flamme en bouquet.
Sur la serviette en pyramide Les convive^ cherchent leurs noms ; L'œil brille, la lèvre est humide...
C'est à l'heure où l'on dîne, — dînons !
l'estomac. — Pas mal ; mais qui me dira la suite?
UN second verre de CHAMPAGNE. — Moi !
Majestueux comme un notaire,
Debout derrière mon fauteuil,
Un garçon dit avec mystère ;
— « Monsieur, Saint-Estèphe ou Bourgueuil ? »
Les pieds glacés, l'Aï frissonne.
Honneur aux dieux que nous servons !
Demain, je n'y suis pour personne...
C'est le soir où l'on boit, — buvons !
l'estomac. — C'est chaud, c'est chaud.
UN troisième verre de CHAMPAGNE. — Troisième COUplet.
Que tout brille et s'épanouisse.
Les parfums, les cristaux, les sons !
Qu'au bruit de nos coupes s'unisse Le tapage de nos chansons!
Que chacun de nous improvise, Fût-ce des vers de mirlitons...
Siraudin fera la devise.
C'est l'heure où l'on chante, — chantons !
l'estomac. -7^ Sacré Champagne, va ! il me met en goguette malgré moi.
UN QUATRIÈME VERRE DE CHAMPAGNE. — Quatrième COU-
plet.
l'estomac — Comment! il y en a encore? Oh !
diable !
LE CHAMPAGNE. — C'cst Ic dernier.
Est-ce Clémentine? est-ce Estelle Qui sur mon épaule s'endort ?
l'estomac, interrompant. — Il y a donc des dames. . . des petites dames, hé! hé!
LE CHAMPAGNE. — Mais Certainement.
l'estomac. — Farceur !
LE CHAMPAGNE. — Jc rcprcuds l
Est-ce Clémentine? est-ce Estelle Qui sur mon épaule s'endort, Laissant pendre un bout de dentelle Dans le Champagne aux perles d'or ?
Mon œil, sous le mouvant corsage. Entrevoit la neige des monts.
La plus folle, c'est la plus sage...
C'est la nuit où l'on aime, — aimons !
l'estomac. — Ah ! bravo ! bravo ! — Je me laisse entraîner, tant pis. — A bas la politique! — Larifla, fia, fla ! larifla! (Le dîner contintie.)
jDOISlimZ TltLCIU
ttae drror. — Neuf heures.
f. — Excellent café ! arôme pénétrant 1
Jbi. mcore une tasse.
'' '—c. — A la bonne heure!
;. — Oh ! doucement, doucement ! Pas de
jnuuc. -
^ de pied.
giai- — Tu 3S raison ; le bain de pied ^t abj^.el incommode.
■ -^oMic. — Mais qui t'appelle, toi ?
liFsw- — Je \icns pousser le cognac.
... niRicAO. — Je viens pousser le rhumpousser le -curaçao.
Pus, fus audres ; ne me re-
Lirsch de la forêt Noire ! Je
ihe fus vais l)ir ?
qu'il dit?
lande s'il te fait peur.
is bien, parbleu !
— Allons, mon brave, nC i fait point d'esclandre ici.
Pourquoi diable venez-Vous si tard? On ne comptait plus sur vous.
LE KIRSCH. — Ch'aggzebde fos exguices.
l'estomâg. — Qu'est-ce qu'il dit?
LA CRÈME DE MENTHE. — Il dit qu'il aCCCptC VOS CX-
cuses.
l'estomac. — On croirait qu'ils s'apaisent là-haut. Je n'entends presque plus rien. C'est généreux à eux de me laisser un instant de répit.