‹ Gaultier-Garguille, comédien de l'Hotel de BourgogneChapitre 25 sur 32 · LA FARCE DE LA QUERELLE · texte numérisé non relu

LA FARCE DE LA QUERELLE

ne sont point de mes amis, j'ay ma Commère Dorizy, aux Marests du Temple, qui ne s'enqueste de rien; elle tient logis pour les filles à part, et quand elle en cognoist quelqu'une qui a le cœiu: doux comme une livre de beurre de Vanve, elle luy faict du plaisir et de la courtoisie. D'autre part, si elle n'avoit besoin de mon ouvrage et qu'elle eust trop de moissonneuses, Madame de la Croix ne faut ne manque (i).

Gaui^Tier GarguillE. Foy de corporal, tu es ime grande sotte. Je voy bien que tu abuses bien de ma bonté. Hé ! de par Dieu, si je t'ay lasché la bride sur le col, ce n'estoit point pour te faire dire la fennne de Gaultier Garguille; c'estoit seulement pour te faire rafraischir le sang.

PERRINE. Vrayment, tu me la baille belle ! Vois-tu, Gaul-

(i) Au xvii^ siècle, le quartier du Marais était, par excellence, le quartier vivant de Paris. Il foisonnait de cabarets, de tripots et de bordels. C'est au Marais que Rotrou et Voitiure allaient perdre leurs écus. C'est au Marais que Saint- Amant et sa troupe de biberons se conjoignaient le plus volontiers. lyC Marais abritait les grandes courtisanes, comme Ninon de I^nclos, et les grands libertins, comme Théophile et Desbarreaux. I,es plus hautes familles de France y possédaient leurs hôtels particuHers. I^es comédiens y donnaient leurs représentations et leurs agapes souvent interrompues par des rixes. L,e Marais, par suite, pullulait de tire- laines et de prostituées qui profitaient de la richesse ou de la luxure des grands. Gaston d'Orléans, en humeur de débauche, choisissait ce quartier pour y donner libre cours à sa fantaisie crapuleuse. On le vit promener la Neveu, toute nue, dans les rues de cette région galante. Sur les filles de bas étage qui exerçaient leur commerce de chair au Marais, v. Ed. Fournier : Variétés historiques et littéraires, 1855, II, 348; VIII, 342. Sur les seigneurs et dames qui y logeaient, v. Scarron : Œuvres, 1786, VII, p. 26, Adieux aux Marets et à la place Royale. Sur les actes de Gaston d'Orléans, v. Correspondance entre Boileau et Brossette, édit. Laverdet, 1858, p. 479; Les satires de Boileau commentées par lutmême, 1906, cdit. l'Y. I^chèvre, p. 42. V. aussi, sur le quartier du Marais en général. Airs et vaudevilles de cour, 1666, II, 238, Vaudeville :

Marais, beau quartier de la réjouissance.

Séjour de l'innocence.

Sur le reste de Paris

Tu remportes le prix;

On ne voit point ailleurs Gens moins meschants, moins médisans, railleurs

Enfin gens qui soient meilleurs, etc..

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