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munal avait produit son effet et permis à la littérature de se montrer plus hardie. Elle était encore un peu circonspecte , à ce qu'il semble, au temps où fut composé notre poëme , puisque le trouvère a jugé à propos de faire de Gautier un vavasseur exilé et déchu. Mais, à cette différence près , on sent la même influence dans la création de rôles comme ceux de Robastre, de Gautier et de Varocher. C'est à la fin du XI I« siècle seulement ou dans le siècle suivant qu'ils purent se produire.
En ce qui concerne notre poëme, quelques indices seulement semblent permettre d'en indiquer la date d'une manière un peu moins vague, sans qu'il soit possible de la préciser. Le début du poëme nous fournit un de ces indices :
Qui or voidroit entendre et escouter Bonne chanson, qui moult fait à locr, Conques traîtres ne pot nul jor amer, Ne li fu bel qu'il en oist chanter, C'est de Gaydon, qui tantfist à loer, Dou duc Naynmon, qui tantfist à amer.
Et dou Danois , qui fu nés outremer; Aprez, de Charle, nostre emperere ber, Qui en Espaingne fu tant por conquester Qu'aprez les pères convint les fiuls aler.
Ces deux derniers vers renferment, selon nous, une allusion évidente au poëme de Gui de Bourgogne. Cette chanson de geste est , en effet , le récit d'une expédition des fils des barons de France marchant en Espagne au secours de leurs pères. Et c'est bien au poëme, non à une légende qui lui aurait donné naissance , que l'ai-
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lusion se réfère , puisqu'on ne retrouve aucune trace de la légende non plus que du poëme, ni dans hChronique de Turpin, ni dans la Spagna Istoriaîa, ni dans les Reali dlFrancia, ni enfin dans la compilation islandaise intitulée : Saga Karlamagnusar og Kappa H ans ('). La chanson de Gui de Bourgogne est une invention tardive, en dehors de la tradition suivie par les premiers trouvèresj en dehors des légendes dont ils s'étaient sans doute inspirés. Selon toute apparence elle ne date guère que de la fm du XII'' siècle.
A cet indice il en faut joindre un deuxième, qui ferait descendre au siècle suivant la composition du Gaydon : c'est la mention des cordeliers et des jacobins qui se rencontre dans ce vers :
Et cordeliers et jacobins butez (2).
Sans doute il se pourrait, à la rigueur, que ce fût là une addition, une interpolation; mais rien n'autorise à le croire , rien ne l'indique. Deux manuscrits sur trois contiennent ce vers, et le troisième manuscrit est incomplet à l'endroit oii il se trouvait sans doute.
Les derniers éditeurs du poëme de Parise la Duchesse ont signalé l'emprunt, à peine dissimulé, qu'a fait, suivant eux, l'auteur de ce poëme à la chanson de Gaydon , qui lui a fourni tout au long l'histoire de la tentative d'empoisonnement à laquelle Parise échappe comme par miracle.
« A comparer les deux récits, ajoutent-ils, on