II. — COSTUME, MOEURS, COUTUMES
La robe ne fait pas le Médecin. — C’est le savoir.
VW
La barbe fait plus de la moitié d'un Médecin. — Remarque de Toinelte à Argan, qui espère prendre ses degrés : « Quand il n’y aurait que votre barbe, dit la servante, c’est déjà beaucoup et la barbe fait plus de la moitié du médecin ». Au xvii® siècle, les médecins portaient la barbe et le bonnet pointu des astrologues; depuis longtemps, on le sait, l’astrologie jouait un rôle important en médecine et sur la destinée de l’homme, qui était soumis aux astres et aux nombres.
Du temps de Mauriceau, des gens disaient, assure le célèbre accoucheur, « qu’un chirurgien qui veut pratiquer les accouchements doit estre malpropre ou fort négligé, ou se faisant venir une longue barbe sale, pour ne pas donner jalousie aux maris des femmes qui l’envoient quérir pour les secourir ».
VW
Se promener en housse. — C’est-à-dire à cheval. Allusion aux médecins qui, avant d’aller en voiture (fig. 46, 47), se rendaient chez leurs malades, sur une mule ou sur un cheval, recouverts d’une housse. Dans l’Amour médecin (1665), Tomès se félicite de sa mule et Desfonandrès de son cheval.
GAYKTEZ u’eSCULAPE
Boileau rappelle ceUe coulumc dans deux passages do ses Satires :
Ciuenaull, sur son cheval, en [)assanl in’éclaltousse. Courir chez un malade un assassin (1) en housse.
Fig. 4G (2).
(1) CeUe épilhèle est familière à Boileau, pour désigner Claude Peurault.
(2) Celte caricature contre les médecins français, tirée du Magasin pittoresque, a été peinte par Brandoin, gravée par Caldwel, el publiée à Londres en 1771. Un médecin opulent et corpulent est roulé en brouette par deux pauvres hères. Un apothicaire, non moins riche en santé, le suit à pied en riant de lui-même, à peu près comme à Borne un augure riait en regardant un augure ; une liule sort de sa ])oche avec cette inscription: anodijne. EnWw, un garçon apothicaire, fort laid de visage elhabillé en coureur, précède et ouvre un passage au cortège.
Fig. 47. — Le médecin à la mode, Tronchin, écrasant ses rivaux.
Vont encore à cheval de rares médecins de campagne : la voiture, le vélo ou l’auto sont aujourd’hui les véhicules ordinaires ; au xvm'’ siècle, c’était parfois un carrosse (1).
(1) Voir la lig. 47.