‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 122 sur 233 · X. — NÉCESSITÉ DE LA CONFIANCE EN SON MÉDECIN · texte numérisé non relu

X. — NÉCESSITÉ DE LA CONFIANCE EN SON MÉDECIN

Le Médecin est roi dans la chambre d’un malade. — II faut avoir confiance en son médecin else sonmellre à ses prescriptions.

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Un Recipe esL une obligation. — En rédigeant son /lecipeonson « ordonnance », le médecin « ordonne» ; le malade lui doit donc obéissance pleine et entière.

On pent parodier, ponr la circonstance, l’article dn Code civil relatif an mariage: le malade doit obéissance et fidélité an médecin et le médecin, aide et protection an malade.

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Un proverbe a toujours son contre-proverbe, aussi dit-on encore : Le Recipe d’un médecin n’oblige personne. Libre an malade de snivre les conseils de son médecin ; mais si vons ne deviez pas en tenir compte, il était inutile de le déranger.

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Du Médecin qui plail l’avis est mieux goûté. — Et 1 on doit être convainen qne Le meilleur médecin est celui qu'on a. — (fiiacnn, en cll'et, préconise son Médecin, comme la mondaine sa contnrière on sa modiste, jnsqn’an jonr on ils ont cessé de plaire.

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Gaÿetez d’esculape Des goûts et des docteurs, il ne faut pas discuter.

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Qui veut la guérison du mire

II lui convient son mehain (mal) dire.

Ne cache rien à Ion médecin.

A confesseurs, médecins, avocats,

La vérité ne cèle de ton cas.

En espagnol :

.1/ niedico, confessor, y lelrado,

No le hayas engaûado.

Les anciens disaient: Stidtorum incurata pudor mala ulcéra celât. (Ces sols, faute de dire leur mal, ne sont pas guéris).

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Fais ce que je dis et non ce que je fais. — S’applique souvent aux médecins qui, malades eux-mômes, ne veulent ou ne peuvent se conformer aux conseils qu’ils prodiguent aux autres. Puilémon, au iv° siècle avant J.-C., avait déjà fait cette remarque, dans sa comédie du Sicilien :

Il est facile aux hommes de donner des conseils, difficile de se conduire soi-même. Nous en avons un exemple dans les Médecins : à leurs malades, ils ordonnent un régime sévère; qu’eux-mêmes se mettent au lit, ils font tout ce qu’ils avaient défendu aux autres. C’est que le mal et le traitement du mal sont deux choses différentes.

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A poulx de toile Médecin de drap. — Nous trouvons l’explication de ce proverbe dans le Facétieux Réveillematin du XVII® siècle :

PARÉMIOLOGIE MÉDICALE

Un Médecin fut appelé pour visiter une demoiselle malade à laquelle voulant taster le poulx, esmeue de quelque petite honte faisant de la délicate et craignant qu’il ne maniast son bras nud,elle tira le bout de la manche de sa chemise jusques sur sa main ; ce que voyant le médecin il prit le bout de son manteau et s’en couvrit toute la main, puis maniant le poulx de la demoiselle, il luy dit : A poulx de toile Médecin de drap.

Il faut que le Médecin ait mangé un a muys » de sel avec son « patient ». — Explication d’Etienne Pas-

OUIER :

Pour avoir certaine adresse sur la nature du patient, il faudroit avoir mangé (comme on disoit anciennement d’un amy) un muys de sel avec luy, et non pas fleureter de maison en maison les malades sans arrest, comme porte la commune usance des Médecins.

Etienne Pasquier a raison, mais son reproche aux médecins .s’applique plutôt aux « patients ». 11 est de l’intérêt du malade que son médecin le connaisse depuis longtemps, étudie son tempérament, son caractère, ses maladies, sa tolérance aux médicaments, etc. ; malheureu.sement, le médecin de famille tend chaque jour à disparaître ; il n’y a plus que des médecins de passage, que l’on change à la première occasion.

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