‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 224 sur 233 · A QUOI TIENT LA DESTINÉE · texte numérisé non relu

A QUOI TIENT LA DESTINÉE

ViLi.EMiN veut être instituteur ; la conscription le fait soldat. Il se résigne; pourtant il n’entend pas rester simple soldat, et, avec l’assentiment de ses chefs, il se présentera au concours d’une école, d’où

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l’on sort sous-officicr; en raison de son insLrucLion, son succès est certain, il va fixer le sort du jeune conscrit.

Erreur, la destinée veille qui ne l’entend pas ainsi.

Au dernier jour, le candidat, en retard, manque la diligence qui doit le conduire au lieu du concours ; il la voit à distance, il s’élance pour la rejoindre en une course désespérée, qu'il soutient jusqu’à ce (ju’il tombe épuisé sur la route, où l’on vient le relever.

Si Trappanl est le caractère làtidicjue de cet événement, éclairé par l’avenir, (jue là, sur cette môme place, la Grèce anti(pie eût certainement lait élever un temple à la plus l'ormidable de ses divinités: dans ce temple, un Phidias eût lait jaillir du marbre un guerrier, déraillant dans la poursuite d’un quadrige aux coursiers trop rapides; plus haut, un disciple d’Esculape, recevant des mains de son maître une couronne apportée par Minerve; — et pour ce monument, un Eschyle eût écrit cette épigraphe : « arrêté par le Destin, le soldat ne peut atteindre le char qui doit l’emporter dans la carrière des armes; conduit dans une arène pacifique, il a conquis une gloire impérissable et la reconnaissance des hommes. »

S. Jaccoud, Eloge académique (1904).

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