BILLETS DE CONFESSION
M®'" Ange-Antoine Scotti est l’auteur du Médecin chrétien, que B. Grassiatj a traduit en français, sur le texte de la première édition de Naples, 18‘21.
VARIÉTÉS HISTOKIÜUES, ANECDOTIQUES 179
Cet ouvrage était destiné et offert aux étudiants en médecine et aux curés, comme « un antidote contre les enseignements pestilentiels dont regorgent aujourd’hui les écoles et les bibliothèques officielles ».
Voici le passage qui concerne l’échange des ordonnances contre des billets de confession :
« Le pape Innocent 111 (1198-1216) délendit par décret à tout médecin d’entreprendre la cure d’un malade quelconque, si ce dernier ne commençait par se confesser. Pie V (1566-1572) ajouta que, si le malade se refusait à l’accompli.ssement de ce précepte, le médecin devait l'abandonner après trois jours. 11 exigea, en outre, qu’avant de recevoir le diplôme de docteur, les médecins s’engageassent par serment à remplir ce devoir. Bien plus, il a été ordonné à toute école de médecine conférant ce grade, d’exiger le même serment.
« Un grand nombre de conciles ont renouvelé ces sages prescriptions. Par ces mesures toutes maternelles (sic), l’Eglise empêche, autant qu’elle peut, ses enfants de .sortir de ce monde sans être munis des sacrements. Elle saisit l’occasion de la maladie, dans laquelle l’homme se rappelle plus facilement ses devoirs, pour le réconcilier avec Dieu, et, du même coup, elle pourvoit en même temps au salut de l’àme et du corps (1). »
Cette singulière façon de comprendre la charité chrétienne, en criant à un moribond, le poing sur la
(1) Ajoutons qu'il était interdit, sous peine d’excommunication, de prendre un médecin juif, eùt-on la plus grande confiance en lui : première condition dans le choix d'un médecin. Par une curieuse ironie du sort, le cardinal de llicliclicu avait un chirurgien du nom de Juil'.
GAYETEZ d’eSCULAPE
gorge : « la Confession ou la IMort ! » reçut néces sairement l’approbation de Louis XIV. A l’instigation des trois anabaptistes de son entourage — la Maintenon, le Père Le Tellier et Louvois — le grand roi, se montrant plus papiste que le pape, rendit une ordonnance qui, au lieu de trois jours de délai, n’en accordait plus que deux aux malades pour se confesser.
Au règne suivant, nouvelles ordonnances contirmatives de cet abus de pouvoir : elles étaient bien dignes du dévot ministre du Bien-Aimé, le duc de Bourbon, qui se permettait une maîtresse, la marquise de Prie, sans doute en raison de son nom orthodoxe:
Le ciel défend, de vrai, certains contentements,
Mais on trouve avec lui des accommodements.
« Ce saint homme, voleur et libertin, écrit Alfred Franklin (1), voulut être en môme temps le zélé protecteur de l’Eglise et des mœurs. Sous son ministère, les persécutions religieuses recommencèrent dans toute la France et les protestants en furent presque réduits à regretter le règne de Louis XIV. »
Bien entendu, dans l’un et l’autre cas, les médecins n’hésitèrent pas un seul instant à éluder ces ordonnances, élaborées par une courtisane renégate et un fourbe dépravé.
(1) La Vie privée d’autrefois.
PASQUIXADES ROMAINES
SUR LE MÉDECIN CURTIüS
CAirlius occidil Clemenlem, Curlius aura Donandus, per queni puhlica parla salins.
CurLius a Liié Clément VII ; il faudrait couvrir d'or Curtius, l’auteur du salut public.