‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 65 sur 233 · APOTHICAIRE PÉNÉTRÉ DE SA DIGNITÉ · texte numérisé non relu

APOTHICAIRE PÉNÉTRÉ DE SA DIGNITÉ

En 1799, Lauarraque, qui donna plus lard son nom à une liqueur désinfectante, à base de chlorure alcalin, était élève chez Pelletier père, pharmacien, rue Jacob. Vau([uelin et Corvisart, qui rendaient visite à Pelletier, avaient pris le jeune élève en affection.

Une nuit, Corvisart vient sonner et remet à Labarraque une ordonnance, pour préparer une potion qu’il allait attendre et porter lui-môme au premier Consul.

L’élève y donna tous ses soins, mais la préparation était longue et Corvisart manifestait une certaine impatience.

— Attendez un peu, lui disait Labarraque pour le calmer, quelques minutes de plus ou de moins n’empêcheront pas le médicament de produire son elTel.

— Mais, malheureux, s’écria Corvisart, lu ignores donc que si, à quatre heures du malin, je, n’ari’ive pas

(iAYKTEZ IJESCULAPE

auprc's (lu premior (’.onsul avec ma polion, il me la jeLLera à la lace.

— Oue (.liles-vous ? rcparlil Labarraque, s’il en est ainsi, je ne serai jamais son pharmacien, car s’il me iaisaü un pareil outrage, je l’cHranglerais.

• .M.VIGREUR DE PORTAL

Pour AI. était long et sec, tout os et tout nerf.

On raconte (le lui que, s’approchant un jour, à pas lents, (l’un de scs malades (|ui délirait, celui-ci s’écria dans son délire : (( Fantôme, que me veux-tu? »

Sa maigreur était proverbiale. Quand il fut nommé commandeur de la Légion d’honneur, au mois de novembre 1829, il en reçut brusquement l’avis, ce qui lui occasionna une telle émotion, qu'un médecin présent ne put s’empêcher de dire : (( Certainement, il aurait eu une apoplexie, si le sang n’eût manqué ».

EONTENELLE MORIBOND

Toujours philosophe et en possession de lui-même, Foxtenelle, quelques jours avant de mourir, réfléchissait sur son état, comme il l’aurait fait sur celui d’un autre : on eût dit qu’il observait un phénomène.

VAIUETÉS IIISTOKIÇJUES, ANECDOTIQUES JJ.)

.< Voilà, disail-il, la première mort que je vois. » Et comme son médecin l'inlerrogeait sur ce qu’il soufl'rait et ce qu’il sentait, il dit : « Je ne .sens aulre chose qu’une difficulté d’étre. »

ACTKS RÉFLEXES

M. de Beauveau m’a conté, est-il dit dans lesSouvenirs de la marquise de Créqui (t. V, chap. iv), qu’on parlait un jour chez M. de Bufi-on des mouvements naturels, cl que c’était dans son cabinet, au Jardin du Boi ;

« 11 m'est impossible, dit le cardinal de Bernis, de ne pas baisser la tôle lorsque je rentre dans une église. — 11 y a comme cela des mouvements matériels et machinaux qu’il est impossible d’analyser et d’expliquer, observa M. Bouelle, qui était présent à l’enlrelien ; car enfin, Monseigneur, pourquoi les Anes elles canards baissent-ils la tête, en passant sous les portes cochères et les arcades les plus élevées? »

Nadauct de Buei'on, Corresp. inéd. de Bufjon, note 3, de la p. 182.

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