EXCUSE D’ÉVÊQUE, A PROPOS D’UN RHUME
Voici quelques vers fort spirituels, bien qu’assez vifs, du savant .évêque d’Avranches Huet, plus renommé jusqu'ici par son culte à la science que par ses amours. Ils sont adressés à la marquise de Monlespan, en réponse à une invitation à dîner.
Un barbon frileux comme moi, perruque et barbe chenue,
Ne doit pas ailleurs que chez soi Montrer sa mine morfondue.
Votre palais est tout ouvert,
L’on y voit l’iin et l’autre pôle.
Et l’on y sent, comme au Cap-Vert,
Les trente-deux souflles d’Eolc.
VAUIÉTÉS HISTORIQUES, ANECDOTIQUES
Quand la bise perce les eaux Des rigueurs de sa froide haleine,
Ni les bons mets, ni les bons mois,
Ne valent pas l'ouaie el la laine.
Vos yeux, astres des beaux esprits.
Font tout rornemenl de notre ûge ;
Mais la martre et le petit-gris M'échaulTenl pourtant davantage.
L’on souffre plus d’une langueur Près de votre beauté divine :
Si l'amour attaque le cœur,
Le rhume attaque la poitrine.
Quand je vous conte mes douleurs.
Vous ne daignez pas y répondre :
Ce sont de nouvelles froideurs,
El vous me laissez me morfondre.
\'ous en trouverez-vous bien mieux.
Si je reviens malade el triste
De ces repas délicieux
Où vous souhaitez ((ue j’assiste ?
N’allendez donc plus mon retour Qu’au retour des chaleurs nouvelles;
.le n’irai vous faire ma cour Qu’au premier vol des hirondelles.
Huet.