‹ GazaliChapitre 13 sur 102 · SA VIK ET SA BIBLIOGRAPUIR · texte numérisé non relu

SA VIK ET SA BIBLIOGRAPUIR

principalement moral qui distingue tout son tempérament; qu'on !a compare à celle il'un homme comme Avicenne, on seutîra inmiédiatement par quoi elle s'en différencie. Tandis que celle d'Avicenue a une tendance tout intellecluelle, que pour lui la suprême jouissance de l'âuic pai'venue au terme supérieur de ses destinées, se trouve dans la connaissance et dans la contemplation de l'oi-drc général des choses, de ces idées qui, découlées d"un Oîeu inlcUîgcnce, fondent cl gouvernent les réalités du monde, portant en elles le se-

I cret de toute beauté, la mystique de Cazali au contraire a pour fin, comme celle de nos saints chrétiens, la joie de l'Ame tmic avec un Dieu qui est surtout un Dieu volonté, symbole, auteur et accomplissement à la foLs

I de toute perfection morale, te triomphe et le terme de l'œuvre philosophique pour Avicenne est l'exall pti on et

I la satisfaction complète de l'esprit: pour Gazali, il est la paix et la joie d'un cœur pur. Ainsi, plus viirouroiix et plu» mAle . Avicenne impressionne davaii tafre par la puissance intellectuelle, et parla foi en cette puissance; plus

I tendre, pluts humble, plus intérieur, Gaznli peut plaire par l'élan du coeur et par la foi religieuse; opposition intéressante de deu\ hautes figures qui font honneur h

I leur nation et à leur temps, et qui représentent d'une

I t&^on assez saisissante deux tendances qui ont existé in toute époque de l'histoire du monde, l'une où l'homme,

I débordant de ^-ie. plein de force et d'orfjueil, croit pouvoir atteindre k sa plus haute fin par l'elFort de sou

I propre génie, l'autre où cet homme un peu découragé,

kO GAZALl.

soit par la fatigue de l'efTort, soit par loi contradictions dans lesquelles il est tombé, soit par les blessures que lui a faites la critique, doute de son propre pouvoir et se Ijyr e à une foi religieuse ou du moins en sent le besoin.

La vie de Gazali a été relatée autrefois par Hammer en tôle de son édition du traité Ayoliii fl-Weled, puis par Gosche dans son mémoire sur la vie et les œm-res de Gazali ^. Les éditeurs orientaux du traité de la rénovation des sciences religieuses avec le commentaire de Sayid Mortada, ont réuni en tète de cette publication les renseignements que la littérature arabe fournit à ce sujet. Tout récemment, un savant américain, Macdonatd, a basé sur ces documents ime nouvelle étude fort consciencieuse de la vie de ce docteur^.

Les circonstances extérieures de cette vie sont d'un médiocre intérêt; ce qu'on aimerait à en connaître, ce sont les circonstances intérieures ; Gazali nous en a révélé quelque chose dans le Moitnqid; et cette confession est un document psycbologique d'une assez grande valeur pour l'époque,

Mohammed, (ils de Mohammed, lils d'Ahmed Abou Hàmid el-Gazflii et-Tousi, naquit à Tous, l'an iSO. Sa famille était originaire de GazAlah, localité dans laban-

I. Gosche. Ueber Goaàli's Leben and Werke. daoi Abkaniil. Aead. d. Wisi., Berlin, IS.ig.

■i. Doncan n. Mscdonald. The tife of al-Ga^iali, àmi Journal ofth* American orienlal Sociehj. t. XX, fasc 1, 180».

SA VIE KT SA BlBLKlOBAPinii. il

I lieue de Tous'; c'était une famille de légistes. Deux I d'entre eux avaient acquis de la réputation ; son oncle paternel, qu'on appelle Gazalî l'alné, et le tils de celuici. Tous deux eurent leurs toutbeuux dans le cimetière I de Tous.

Le père de notre imam était, rapporte-t-oii, un homme pauvre et bon, qui vivait du travail ilo ses mnîns et, sans être instruit lui-même, aimait les savants. Il mourut de bonne heure, conQant ses deux liis, Mohammed notre imam et Alimed son frère, aux soins d'un soufi dont il était Tami. Ce souli ayant dépensé pour l'éducation des enfants tout son modique avoir, leur conseilla d'entrer comme étudiants dans une école. Us le firent, et y réus- . sirent; Mohammed dépassa tous ses condisciples; la l'Science qu'ils acquirent bi, dit un bio^-raphc, fut la [ Boarce de leur bonheur.

Lejeune tiazali apprit les principes du droit dans sa

(.Cette localité e$l menlionnée dtai un récit de ToyaRe étudié par

I. Geographttelie un/1 ethnograpliUctie Bu. iler Hefalja, dans

•h. lier Deuisrii. Morgenl. Geirllich.. l. XVI, p. 631. Une note pis-

n cet endroit rapporte le témolgnagn d'un descendant de Gaxali

Edisant que ^on aïeul èlait originaire de ce lieu. U. H. Derenbourj; a re-

te noie dans uD article de la Prvue rriliqve, IH80, 1. Il, [i. E).

I Plus géuerilemenl on considère le nom de Gauli comme se rattachant

:a racine gaiala. tlicr, et comme signifiant : celui qui eat de la famille

tjln flleoT, el-ga:^tll. On léerit alors aiec le f-ehiltil (le redoublement)

Mo s. La biographie de Gazalî rapportée en liUe de Vlhya dit que «on jière

tlltït la Jaine, iagMo es-louf. ?<ous considérons cette Iraditiou comme

Mltpecle, en présence de celle qui esl rclalire au lieu dit Guzalali, Hacr

lould, après avoir traité celle question dans Émolional Religion, p. IS-

le conclut pas; il continue d'écrire Gaxtalî, selon l'usage le plus ré-

GAZAXI.

ville nalale avec Ahmed er-KAdikâni, puis il se rendit à Djordjâu où il approfondit cette étude sous la direction d'Abnu Nasr el-lsniAïli, En rentrant de Djordjîln dans sa ville natale, il fut, raconte-t-on , arrt^t*!' par des voleurs, qui lui prirent, ainsi qu'à ses compagnoDs, tout ce qu'ils possédaient. Il courut après le chef des bri^rands en le suppliant de lui rentlre une seule chose, ses gloses de droit, qui ne pouvaient avoir d'intérêt pour lui. — El qu'est-ce que tes gloses? demanda le voleur. — Ce sont des livres, dit le jeune homme, qui sont dans ce sac. J'ai quitté mon pays pour les entendre expliquer, pour les copier et en acquérir la science. — Comment oses-ta dire que tu en possèdes la science , fit ce brigand en riant, puisqu'il nous suffit de te les prendre pour t'en Oter aussi la connaissance? — Puis, content de ce reproche, il lui fit rendre le sac. — Cela niefut une leçon, dit Cazalî. que Dieu me doima. Rentré à Tous, je m'appliquai pen-

(dant trois ans à apprendre par cœur tout ce que j'avais écrit, et je finis par le posséder si bien qu aucun larron n'aurait pu m'en dépouiller.

Gazali se rendit ensuite à Nlsâbour où il s'attacha à l'imam el-IIaraméïn ; il demeura avec ce célèbre docteur jusqu'à la mort de ce dernier, arrivée l'an 178 ; il fit avec lui des études très générales, embrassant la logique et la controverse, la connaissance des systèmes des philosophes et les moyens de les réfuter. Ce dut être dans la vie de Gazali la période féconde d'enfantement intellectuel, celle où se décidèrent ses principales idées; il commença dès lors h écrire. L'on dit qu'à la fin l'imam

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