SA VIE KT
. BIBLIOnBAPUlE.
renferina dans une dépendance do la mosquée cathédrale de Damas, dite mosquée des Omcyades; là il s'occupa de la composîtion de ses ouvrages et d'exercices ascéti<pjes. Le minaret où il avait coutume de prier fut appelé d'après son nom Gazalieb, Il alla aussi à Jérusalem et fit de même il la mosquée de la Roche. De Jérusalem il passa à Hcbrou pour visiter le luinbeau d'Abraham, et il fit le pèlerinage de La Mecque et de Médiue. Il songea, dit-on, àse rendre en Occident auprès dp Yousof ben Tâchefin l'Almoravidc; et il s'avani,'a même •Jusqu'à Alexandrie. Haïs ce prince mourut avant qu'il cù> pu réaliser ce dessein. Gazali avait déjà été en rapport avec Yousof ben TAchefin, alors qu'il était professeur à Bagdad '. Ce conquérant, se fondant sur les services rendus par lui à l'islam et sur les victoires remportées contre les Espagnols, avait demandé au khalife de lui accorder l'investiture pour tout le Magreb; le Jdialife avait consulté à ce sujet divers docteurs parmi lesquels Gazalî dont l'avis s'était trouvé favorable.
Après que notre imam eut passé quelques années dans
Ja pratique de l'ascétisuic, le sullanle rappela, il revint
I donc à Bagdad où il fît paraître son ouvrage capital, le
traité de la rénovation des sciences religieuses, qu'il
avait composé pendant son absence. Puis il alla repren-
I drc possession d'une chaire à Nlsàbour, à l'académie
L Nizamienne, sans interrompre cependant sa vie pieuse
1. Vorn Ibn el-Athir. Annules du Maghreb i-t de ISipagnc. U^à- [ ftguên.p. 5li i \ba Khaliona, Biitoire da Berbères, trtà. de SI sue,
et mortifiée. Kiifin il rentra ilniis sa ville natale, à Tous où il fonda dans le voisinage de sa maison une écol- I pour les jurisconsultes et un khàii pour les souHs. Se derniers moments furent simples. Il expira en prcsenci de son frère, le li Ujoumada second de l'an 505, et fu enterré à Tous ; son tombeau se trouve « à l'orient dt la porte qiu avoisine la forteresse » , auprès de celui ài poète Firdousî •.
L'oeuvre de Gazali, comme celle de la plupart des grands docteurs de l'islam, est très étendue. Conformément au parti que nous avons pris dans ces études, nous ne nous attacherons pas à donner la nomenclature complète de ses livres. On trouvera dans l'histoire de la littérature de Brockelmann la sonmie des catalogues des bibliothèques qui possèdent des ouvrages de l'imam el- Gazali. La base d'une bibliographie achevée pourrait être prise, conmie nous l'avons dit, dans le commentaire à l'Ihija de Sayid Mortada. Nous devons nous contenter d'indiquer ses œuvres les plus connues, celles qui sont les plus importantes pour la définition de son caractère et de son influence, et celles qui, de nos jours même, sont imprmiées et répandues en Orient.
L'œuvre capitale d'Abou Hamid el-Gazâli est son grand traité de la rénovation des sciences religieuses, Jhyii olotim ed-dtn. Cet ouvrage se divise en quatre partics ou quarts, sous les titres de : la dévotion, les mœurs,
I. D'afr^^ le Tojageur Ibn Balualali, éd. el trad, Dt^Trémirry et SaDgoioelli, t. lit, p. 79.
SA VIE ET SA BIDLIOflHAPHiE. '»9
■e qui perd, ce qui sauve; et chacun de ces quarts est partagé en dix livres, chaque livre ayant l'importance d'un tniité. La théodicée, la liturgie, la morale et ta mystique sont étudiées dans cet ouvrage, qui est resté depuis la somme du mahomclisme orthodoxe. L'Ihjâ a été imprimé à Boulaq en 1289 et au Caire en 1306 de Ibégire. Nous citerons cette derniéi-e édition. Le mémo rage, avec le commentaire de Sayîd Hortada, en dix Tolumes'. a été iuiprimé au Caire en 1311. Les travaux des orientalistes européens sur \'Ihyâ ont longtemps été rai'es. Hitzig fit autrefois une étude sur le livre 'de la science, pi-emier de la 1" partie-. Nous avons débuté dans la carrière d'orientaliste en analysant le premier livre de la 3* partie, intitulé les Merveilles du eœur^. M. Macdonald a donné une traduction du livre de l'Audition musicale et du ravissemeîit, H' livre de la 2* partie *. La grande élude de M. MiguoI Asin «ur Gazali est principalement fondée sur l'Ihi/à •'. — Si l'on avait quelque jour l'idée de former une collection des ouvrages capitaux de l'islam, analogue & celle des Sacred books of the east que forma Max Maller
tthdf es-sdda el-mallagiit, par Mobammed fils de Mohammed tils d'el-Hostin el-Hortada, mort en IIOS de l'hégire.
3. Zeidth. derDfulsc/i. Morgenl. Geselltch., l. VII, p. 171-196.
Z. Goiiiti . le traité de l-t rénovalloa des iciencei rêliyiruset, dam Compte rendu du congrès icknlilique international das ratholiquei, Paris, 1891.
Emotional religion in islam as affeHed by mutie ond tinginy. dans J. oflhe ifoy. As. Soc. 1QO['1902.
5. Ettudios tiloiofieo-teologieat I. Alga^el. Dogmalica moral aseeliea. Saragosse. l'JOl.
50 GAULI.
pour les relierions imHoimcs, le [n-eiiiiei' ouvrage ii y insérer aprôs le Corau serait Ylhyâ de Guzali, et sa traduction ne ser\irait pas moins à la connaissance historique de lu relijirion musulmane (|u'à sa connaissance actuelle.
Le livre le plus miportant de notre auteur après celui-là, est son Têhâfut elFalàsifak ou destruction des Philosophes, traité de philosophie dirige contre l'école d'Avicenne. Le Tilhâfitt avait intéresse Munk et Itennn • ; ce dernier, le connaissant mal d'après des traductions liéhralque et latine, en avait interprété le titre par ■■ renversement mutuel des philosophes » ; il pensait que l'intention de Gazait dans cet ouvrage était de montrer que toutes les philosophie» se ruinaient les unes les autres. Dans notre mémoire mentionné ci-dessus, nous avons indiqué lo vérîtnhie but du livre imparfaitement compris par Munk et par Schmoelders. Le Téhàfut a été analysé par Tj. de Boër, Die Wideriprilcfie der philosophie, Strassburg, )89i; nous avons commencé à en publier une traduction intégrale dans le Mtiseon de Louvaiu-, Le texte arabe de cet ouvrage a été édité au Caire en 1 303 avec les textes de la i-cponse que fit AverroGs aux critiques deGazalî, Tehàful et-téhâfut, destruction de la destruction, et d'une réplique composée par le turc Khodjah Zâdeh en faveur de l'orthodoxie musulmane.
I. Renan. A^erroàs et VAverroisne, a™ éd.. p. 66. Munk, Mélangea, p. 372 et •Dîv. Cf. un article de Mehren dans lo Museon, [8BS.
3. Traduction commencée eo 1899. Nous espérons aclicver cet ouvrée que nos autres Iraraui nous ont fait délaisser.
SA VIR ET SA DIBLIOri»AI>lllF.. 51
Gazali écn\it sur los PliUosoplirs <|pitx autres traités connus de moiuHro cnverfrurc : \c Maqdaid el-falâsifali, tendances des philosophes, étudié en ce tuouient par G, Béer*, elle Moimgiil min cfi-dahU, délivrance del'errenr, <iui fut <leux fois traduit en français, par Schnioeldcrs, I puis par Biirliier de Mcynard-Le Mag<hid smait le même i)ue le Mi'iiir el-'ilm, module de la science, cité dans [ les préambules du TéMftit". Le Mounqid a été édité en arabe au Caire,àrinipnmerieel-Yaminia, 1309, avec I une épllre intitulée lidjflm fl-'airdm 'an 'Uni el-Kalâm, L frein pour le vulgaire contre la science du KalAni, et I deuxépUres, le grand et le petit A/cf/noim dont les titres l complets sont : el-Mednoun bifitala yatri ahlihi, ce dont I on est avare à l'égard des étrangers. Les mêmes traités |ont été réunis dami une édition de Bombay, Cheetra PPraaba Pi'ess, si ce n'est que le dernier, le petit Mfdnoun, y a été remplacé par un livre de l'ordre des heures dans la lecture du Coran, Kitàb terllb el-aourâd. Un autre traité de Gazali, fort curieux moins au point de vue philosophique qu'au point de vue religieux, a eu , les honneurs d'une édition et d'une traduction en frau- [> çais, la Perle précieuse, ed-Dourra/t el-fakhirah, traité I d'eschatologie, édité et traduit par Léon Gautier, Genève, 1878.
1. Mahâsid, !'• parLie, ilie l.oijil:, Iraduil aver Bvunl-pTojKis par f G«orge Be«r, Lelde, brill, ihns,
1. TiMfal, lextp, page G. Cf. Macdonald, The Life of nl-Ghaizall. loe. cil, p. 98; Uoscbe, Inr. cit. Une IraducUon laline du début de i'k Fllvre B été publiée & Coloi;ne en làufl : logica el phtloiophia Algazelîi I Arabis, par pplrus Liechlenstein.
De Ilaiiimer avail dès 1838 édite un ouvrage de Gazaii, \d Ai/oAâ el-welcd, OAi'nrf/O enfant! en l'accompasmant d'une traduction allemande. C'est un petit traité de morale d'un médiocre intérêt.
Notre imam écrivit en persan. Son principal ouvrage en cette langue est la Ktmiâ es-sa'âdeh, l'aicbiinie du bonheur, qui n>st autre chose qu'une édition abrégée de Vthyâ. Cotte " alchiroîe .1 est populaire en Orient; le début surtout a fait Tobjet chez les Twcs de diverses études pieuses', (iazali fut poète aussi, mais comme tel, semble-t-il, peu fécond"; une Qastdah pour l'instruction et la consolation de ses disciples, composée peu de temps avant sa mort, et dont un manuscrit est ft Berlin, mérite d'être notée.
Il y a i)eaucoup d'autres opuscules de Gazali que l'on trouve dans les bibliothèques ou dont les titres sont cités soit par les biographes, soit par Gazali lui-même dans ses grands traités. Il est intéressant de remarquer que, en fait d'écrits de circonstances, outre ceux qu'il composa contre les Ta'limltes ou Ismadiens, U existe de lui une épltre adressée aux musulmans de Jérusalem, Risâlet el-Qodsiyah; k la lin de sa vie il écrivit aussi
1. Par eiemfile le Eksif dtvUl, élirait traduit en turc, Conslanlinople, t2BS: autre extrait ou abr^é en turc, 1293. Vnir sur la KtmlA eisa'ddet Homes, The Âlehemu f happinfss, X\h»ay N. Y,, 1873.
2, l'\i délicat poi.-te. U. Jean Lahor. a publié un joli recueil de poèBÎea KouH le lilre les Quatrains d'Al-Gbaia[i, considéraliaDS sur lo doute, l'amour di: la feinmc, l'amour ditin. Il convient délaisser à M. Ulior tout le mérite comme aussi toute la responsabilité de ces sen-
SA VIE ET SA BIBLIOOnAPIIlE. 53
plusieurs petits ouvrajres pour la dèrenso et le perfectionnement de i'Ihi/d. Son dernier écril fui le Minluidj ei-'à/tiJtn, ou la voie des liévots '.
Nous ne saurions clore ce chapitre sans ajouter un mot sur le style do Gazali. Ce sera un mot d'éloge et de regret. Cazali eut, conmie styliste, des dons d'orateur, do psychologue, d'apôtre. Son style s'oppose d'une façon frappante à celui d'autres ptiilosophes qui ont recherclié le plus souvent l'extrême conelsiou de la phrase. Farabi est le type le plus remarquable de ce dernier genre, et Avicemie tient à la même école. Le mot arrive chez eu.i: comme au terme d'un long travoQ de la pension, au moment où celie-ci, complètement maîtresse d'elle-même, a atteint son ma.\inmm de condensation et d'énergie. Toute autre est la disposition littéraire de Gazali. Le mot, coule de ses lèvres sans tarir, avec une merveilleuse abondance gui n'exclut ni la finesse ni la grAce. 11 a des qualités de langage qu'il a dû puiser dans ses origines et dans sa grande habitude de la langue persane. Son arabe s'enrichit et s'assouplit dans le connnerce du per-
1. Nous cicluons i dcisein de wUe blbliograiibie comme étant d'urie ■iilheoticllé trop Jouteuse, un traiti' publié )>ar M. Maller, Berlin, 1894 : Die Abhandlung des Abu Udmid el-Gai^âli, Anlworlta tmd Ftagcn ihe an lAni gericktel aiuriien. Ce tnlté est l'aQ de ceux sur lesquels on aurait à s'appuyer pour coulesler la siiiceritë de Gazali ; il y Mulient des opinions hélêrodoies telles que celle de l'éternité du inonde. Un autre traité invoqué dans le même sens est le Meiinoun. Nous avons dit qo'oa avait publié deux Uedaoun, un grand et un petit; res traités nous semblent fort anodins ; les personnes Jalouaes d'al laquer une Kloirc qui parait cependant solide cl lénilirne. peuvent essaver d'y trouver des
hï r.AZAU.
san; son vocabulairp a dp prodigieuses i-esBources; chaque idée reçoit clicz lui une triple, unr quintuple expression et à chaque coup elle semble briller et se préciser davantage. C'est le procédé rêvé de l'orateur; c'est aussi celui du moraliste qui affmc et resserre son observation, du psychologue qui distingue dnns l'Ame des libres de plus en plus ténues. Mais encore et peutêtre surtout, c'est la manière de l'apôtre qui ne se lasse pas de répéter les idées aimées, qui veut eu obséder les Ames, qui les projette tour à lour sous toutes les parures avec lesquelles elles se sont iiiontrées à lui au cours de ses lectures et de ses méditations, et qui entraîne la foule variée des citations et des métaphores dans le mouvement de son zélé. Je connais peu de style diins aucune littérature qui soit à la fois si fin et si riche. Et c'est poui^pioi j'ai à exprimer le regret que, par suite de la pauvreté de notre langue ou du moins de la mienne, et à cause de la concision 6 laquelle me contraignent les conditions de ce travail, il doive m'ètrc à peu près impossible de citer textuellement Gazali. Le lecteur devra rendre à sa parole resserrée dans mon analyse, un peu de cet éclat, de cette abondance et de celle vie dont je l'auiai malgré moi dépouillée.
SA LriTB tONTRK LKS PIIILOSOI'IIKS
C'est un phi'iiomi'jie assez siiignlii'r ijui' la siispriisinn (le la vie dans récol»! philosophique après Aviconnc. Qu'ATiceniip iitt eu des disciples, cela n'est point douteux, mais ces disciples sont muets; je n'ose embarrasser mes lecteurs dos noms de trois ou quatre d'entre eus qui ont signiliù leur existence par une marque rapide, par une minime trace. Eu réalité, ii l'époque de la maturité de Gazali. le philosophe arabe encore présent est Aviccnne ; aucun autre n'est venu s' interposer devant lui ; il est resté un blanc sous ce grand nom, un espace vide devant ce monument.
L'habitude des tliéologiens orthodoxes de conibattre les Philosophes remonte au début môme de l'école philosophique. Cette lutte était apparue nécessaire aux théologiens, aussi bien que la lutte contre les Molazé- 1 Itlea. Quelle que put être la sincérité personnelle des I Philosophes comme croyants, leur doctrine était aux Lyeux des gardiens les plus scrupuleux de la foi, ou dan- I gereuse ounelfemenl pervei-se. Ces derniers jupvnient
apparrauBTiit, sans le diir. qit*el)r doiinaîl trap JimfportmDcr â lafruw^ qu'elle lésait U rrr^IiCÔD « in»toUant à s4« HMés. el biennn peu an-dt swu d'eUr. l'an- CMBse pliîlaeMthie; Us tRnniwid ^ a^re qu'elle coBleaMi des hérésies formelles et déjà ils le ilisaîenl. Obbi celte bHre de ^êc«dat»o« qoi «Tait sén peadast plat de deax sîmIcs ssr le noide masmbmaa^ le eoMde la coatTDTenr s'était développé. Les docteur* jnoleBaimt en pablic des débats cmtradirtoûes : ils ai^mueataâeiiC devant le^ khalifes H l«$ princes. Us réd^eairnl aan des éciib spéaaleneBt a m ia t ris ft la coatrorerse. et géBênlenent ib donaaiest i ces éctits le titre de reJd, rëfiitation. Km pan»«raBt les bSibo^raphies des dœteors el des philosi^bes.oD rrière mue tpma^té 4» ces réfntatioBS de un tel par tm tel ssr Idle ipicnlîoa. La çrand niédroa Rasés avait nan^re icfalë el-Kîiidi poor I avoir Eût rentrer l'alefaîmie dans 1rs arts pmtûbés. RèceniB wl iKMS ra^wtnas qa'J^cbari et qae '***^**ffTiï araîcat relaté les Phiksophes de leors temps et ■oôIbs séries birétîqiies; naos devoas ^joarter aa ao^ de cm eoDtroversîstes. cela de el-Hftiît c^SahAalN, aoa pas qne nous le connaîssiaas beaaooiqi. mais parce qns air piùsè daas ses o uvre s d patcss. taatromaiepaléaùileqBa lie avaal pow elùct la i f f al a lii i a , m cfi Jb. oa à r«a veal «a calfr*
SA LCITE COyrRE LJS PHILOSOPHES.
chisme Je la relig-Joii nifiLomûtane ' ; tout en apprenant les principes do la foi, les osoui, ou apprenait à i^éjiondre aux încrojarits de toutes sortes : matérialistes, dualistes, trinitaires ou chrétiens, ju^s, brahmanes, mclAlndés ou istnafitiens. Gazali avait donc rei,'u une très fuite éducation dans l'art de la polémique ; et il devait être maître de sa manière, en ce gem-e, et de toutes ses principales idées, dès l'époque de la mort de l'imam el-Haraniéïn et de sa nomination à l'académie de Bagdad.
Gazali parle dans le Mounqid contre plusieurs écoles de philosophes, qui toutes au reste se recommandaient de la philosophie grecque. 11 en distingue d'une manière expresse trois ; Les matérialistes {dehrioiin), ci-oyant à réternitè de la durée [dehr] du monde, professant que l'animal ne cesse de naître du sperme, le sperme de sortir de l'animal. 11 est prohahie que des tenants <lo cette doctrine existaient de son temps, hiou que des documents explicites sur des croyances aussi éloignées de
'orthodoxie soient difficiles [\ recueillir; ce furent, ditil, les plus anciens philosophes; je ne vois pas à quel Ancien philosophe grec Gazali a pu faire allusion; cette doctrine paresseuse, qui excluait le problème, cher à
l'esprit grec, des principes et des origines, a pu naître b. tout moment, dans n'importe (juel cerveau d'indifférent ou de libertin^. Gazali parle ensuite des naturalistes ou
1. Vaa VloUn, Mefitih el-'Oloum, p. 39. aa mot redit. Cf. Mehreo, £*poié lie la réforme de l'islamisme, p. 97. leile.
3, On pourrait chercher li ud indice d'innuenue indienne; car Fakhr is)-Dln Riii et TclUzdDi, dans [« ouTrages doui noui parlerons ci-iprès fctiap. V], menlionuant les Dehrloun, disenl qu'il» crofiienl ijue ■ Dieo
pbysiolnçDe^. aiilrrii-ars à S<»cr»t*-, qu'il repr t s en ty rroyanl. à U ra«iiH-re drs tuaténalislps mMlemes. • qni! U forrr mtdWturtlc d« rbomme dépend do mélan^ des bameurs et s'uivantil ktm ce uêlao^. Ils mcneDl. dit-il. ODC vie inipie -. La troîâème école , la seole vrùmeot importante, rat Cf41e d'Aristote. représentée le pins a utbentiqo entent, selon notre antear. par Fambi et .\vieenne. Mais ici se place nne remarqoe d'ao c«rlaio inlérèl. Contrairement aiudeuT philosophe;» masulmans qne dods ven<His de Domoier. liazali. décalé de toiit préJQ^ néoplalonicien. cuustate sans effort la dHfbrence d'Aristote et de Platon. t>« aotenrs ne sont plus pour lui deox prophètes qui aonùent annoncé en «les termes divers une révélalioo unîqse; ce sont dras dispateurs doDl l'un s'iippose à l'antre. Pylbaeorr anssï est distinct d'eux. U fol le plus sobttl <les j^utosopbes, dit notre iniam < : • les rrèrrs de la PBrelé ool recnetUi mie jrrande partie de sa doctrine -. L'on peal joifer par ces observations, toutes hrrves qu'elles sont, que liaxalî avait, ainsi qu'il s'en vante. - étudié U philosophie -, el In les philosophes avec nn esfirit 1res libre qa*anc«a respect esairén> ne Ironblait.
Pamii les sectes qn'il combat, et sans [«rlerdes Talî-
mile& aoxqaels il consacra de» ouvnces spéciaux. Caaalî
dte encore les Volaiétiles. les kéraniites et les Wtki-
■« deux premières non» sont connues. La Iroï-
Bi-Mtr •- C«Uc U«» 4'aa OiM iMaMCinl.
SA LITTE COSTBK LES PHILOSOPHES.
sièmc, celle des WjVkiGtes, est une secte que nous tic connaissons que par sa délinition politique, mais qui avait dû acquérir à la fois uue philosopliie et une assez frrnnde influence à cette époque ; c'étaient des imâmiens qui ne [ >ro 1 on ^-e aient pas jusqu'au douzième la chaîne des imams au bout de laquelle devait venir le niatidi. mais qui s'aiTÔtaient [waqafa] à Mousa, fils de Djafar '. nomme, et quoique Gazali connaisse aussi quelques s du système des Philosophes proprement dits.
m attaque principale pofle contri- le système d'Avî-
Lp livre dans lequel notre îiiiaiu ^Tonpa, systématisa t expliqua ses critiijucB, est le TéhdfiU, la destruction le» philosophes. La méthode de cet ouvrage, tout ifJ'abord, est trésremarqunhle. Le système condiattu n'y •si pas attaqué en bloc et généralement; Gazali ne le soumet pas tout entier, ainsi que cela se fait de nos jours l'art de la discussion trop vulgarisé est tombé en ■écadence, h des objectionsvagues, tendancieuses, sans iranchise, mal liées ou contrat hctoires entre elles; il ne *bal pas & la manière d'un avocat ; bien plutôt, il agit eloii celle d'un père de concile ou d'un membre do la P**ijrégation de l'inde.x. Dans le système incriminé, il '**«rn»ine des points, des questioussur lesquelles l'opilOûdei"a(jvprgaîi.(. j^j semble coitdanmable, et ilconi-
'■ Giiali parle des Wskililes dsni le TéMfut, 3"' préambule, (i. S du """ '■ Ctlle seigle eit définie dan» le MtlAtUi el-Oloum. p.32, dans 1rs ■«'•■(« rf'M-, éd. Barbier de Meynard. t. Vil, p. It7. Sur la théorie gpimamisme, V. notre Maliomdisme, p. 131 cl suit.
Jml succossivoment ces opinions particulières à l'aide tVline (îialpctiquc aussi vigoureuse qu'aiguisée. Il rapporte il'ahord l'opinion à combattre, et il la rapporte en l'ornant de toutes ses preuves, parfois même en lui prêtant la Krflcfl de sa propre éloquence. Il la rend avec lissez d'exactitude, croyons-nous, ce que pourtant Averroe», jihis tai'd, conlestera ^, Use peut, il est vrai, qu'à force tle prOciscp cette opinion condamnable, il lui donne parfois une raideur, une netteté brutale qu'elle n'avait pas dans l'exposé plus voilé, plus mystérieux, plus ample, plus souple aussi et plus profond de l'advepsairo. Je dois à la vérité dédire que, si j'ai bien reconnu le système d'Aviccnne dans le TéMfutdc Gazati, je l'y ai reti-ouvé ayant pmjeté dans un sens manifestement hérétique dos thèses conmie celle de rélernilê et delà nécessité du monde, dont j'avais seulement perçu le germe, encore en travail d"éclosion, dans les écrits du Philosophe,
Il y eut parmi les docteurs musulmans des discussions assez curieuses sur le point de savoir si cette méthotte consistant à rapp-irter l'opinion de l'adversaire, était hoime. Quand liaxali écrivît contre les Talimltes, (|uelqn'iin lui reprocha - d'avtiir mis trop de son t&lent daus les discours qu'il leur prêtait et d'avoir étayé leurs opinions impies par des raisons spécieuses qu'ils n'eussent jamais été capaliles de déciHivrir eus-mémes. Vétail-îl I p*s À craindre qu'à se faire «insi l'avocat du diable, il