LUTTE COSTRE LES PHILOSOPHES
[ rien de ce ([iii le formait au iiioiiient où il rsl sorti du 1 ventre du sa mère. Tous les éléments qui constituaient 1- le fétus ont été éliminés ; à leur place est un corps nou- §Tcau, et l'on (lit pourtant en le voyant : c'est le mi^mc
■ homme; il faut donc bien qu'il y ait au delà du corps |
■ quelque chose qui ne change pas et qui ait une exj itence distincte de l'existence corporelle; celte chose i
r&mc. — Cazali s'embarrasse peu de ce joli argument; I il en est, remarque-t-il du premier coup, tout à fait de r m£me pour les botes, ainsi que pour les plantes. On dît I d'un arbre qui a vieilli et s'est développé : c'est le même I arbre, comme on le dit d'un homme. Mais en outre. I Gazali nie que le remplacement des particules du corps [ soit complet. D'après les principes mêmes des Philo- I sophes tpii admettent la divisibilité de la matière ù l'inr£ni, on doit croire qu'un homme, vécùt-il cent ans, ■garde toujours dans le mélange de ses humeurs quelque Ipartie inGnitésimale de la goutte de sperme qui l'a en- I gendre. Ainsi si dans un vase contenant un litre Id'eau, on verse un autre litre, dans ce mélange un ^nouveau litre, nn autre encore dans un litre de ce
Kcond mélange, et ainsi de suite k l'intîni, il restera ■loigours dans les plu.s éloignées de ces combinaisons I successives, quelque parcelle de l'eau du premier (■vase.
Enfin vient la preuve par les uioiver-saux. Nous con- ■iiaissons cette preuve : l'intelligence en voyant un ■liORmie particulier dans des conditions déterminées de I forme, de couleur, de temps, de lieu, de situation, per-
çoit i'hoiniue engéut^ral, pur de toutes ces condiUuns. Or, cette absence lïe conditions corporelles ne tient évidemment pas au corps; elle ne peut donc tenir qu'à la nature spirituell« de l'Ame qui atteint les intelligibles. — Cet argument puissant n'émeut pas notre docteur; celui-ci se met à expliquer le fait de la généralisation d'une manière qui pourrait aussi bien convenir à nos matérialistes modernes. Rien, dit-il, n'est dans l'intelligence que ce qui est dans le sens; mais ce qni est dans le sens est un ensemble complexe que le sens ne peut pas décomposer, tandis que l'intelligence lo peut. Quand cette décomposition — qui est ce que nous appellerions l'abstraction — a été opérée , une partie dégagée de toute connexion reste dans l'intelligence en tant qu'idée particulière, mais avec cette condition qu'elle peut être mise de nouveau en connexion avec d'autres sensibles, différents de ceux qui s'y joignaient d'aboi*d ; c'est ce que signifie l'appellation de » générale ». L'ne forme particulière et sensible reste dans l'intelligmce, et cette forme est susceptible d'entrer également en rapport avec d'autres particuliers que saisiront les sons. Quand un homme voit de l'eau, il en résulte une forme dans son imagination, qui ser%ira de nouveau (juand il reverra de l'eau; s'il vient à voir du sang, celte forme ne lui servira pas, ou du moins ne sera-ce que par une partie d'elle, par la forme du liquide. Quand un homme voit une main petite et noire, puis une main longue et blanche, il en résulte en lui une fomie repi-ésentant la disposition générale des cinq doigts avec leurs pha-