‹ GazaliChapitre 27 sur 102 · Ci^ inol ne s'adresse [)ro|<rem · texte numérisé non relu

Ci^ inol ne s'adresse [)ro|<rem

Kalam selon res|>rll Jes MoUal-lit»

d'an emploi modéré de la faix ^érétïiju es. Il s'igit ici du

preuve? " Ali est appelé en témoignage romiiic ayant fait usage Je la dialectitjue ; on cite de lui une discui^sion contre les Kharidjites à la suite de laquelle deux mille d'entre eux se convertirent, et une auti'e contre les Kadaritcs, dont il serait trop long de rapporter les détaib.

Gazali, ayant donc à choisir entre ces deux opinions opposées relativement à. la validité du Kalani, va répondre au moyen d'une distinction qui lui est inspirée par des préoccupations d'ordre tout pratique et moral. Après avoir rappelé qu'il y a des choses qui sont prohibées pour elles-mêmes, comme le vin et l'attouchement des cadavres, et d'autres qui le sont pour quelque inconvénient qui peut en découler, il constate qu'il y a dans la science du Kalam de l'utUité et du ilanger. Eu tant doue quelle est utile, cette science est, selon les cas, ou permise ou même obligatoire; en tant qu'elle est nuisible, elle est défendue. Le danger de l'étude du Kalam est d'agiter la foi, d'en ébranler les bases; ce résultat a lieu d'abord pour tout le monde, et l'on ue soit pus toujours si toute personne reviendra ensuite à une foi solide par la démonstration ; il y a danger aussi (ju'elle ue confirme les amateurs de nouveautés dans leurs idées propres, au lieu de les en détacher, à cause do rentôtcment qui naît de la discussion prolongée ; je crois que, dans la pensée de Gazali, cette observation s'applique à la controverse entre les croyants et les infidèles dans les pays où ces derniers sont en grand nombre. L'utilité du Kalaui est, prétend-on, de découvrir les

réalilés dos choses, et de les faire comiaUrc tflle» qu'elles sont, Gazali conteste cette utilité, cl. ici reparaissent ses dispositions sceptiques, son doute sur l'eflicacité de la raison : il n'est pas sùi-, ubserve-t-il, cjue le Kalam tienne toujours ces bonnes promesses ; « il trouble I et égrare plus souvent qu'il nt^claire » ; il peut bien jeter un peu de lumière, mais sur des choses qui sont déjà clairement connues avant qu'on n'en vienne au Kalain. Ces mots constituent vraiment le thème fondamental de toute sa théologie philosophique : le raisonnement pour lui n'est pas un moyen de découverte ; il ne peut gervii" qu'à corroborer, à ordonner ou .'i éclairer des vérités déjà connues par la foi,

L'utilité du Kalam est unique, conclut donc t^azali, on laissant apparaître ces préoccupations d'apôtre, de pasteur d'ûmes, qui ne le ipiitteat jamais. Elle consiste à garder les bases de la foi enseignée au vulgaire, et à défendre celle-ci contre les attaques des hérétiques au moyen de la dialectique, car le vulgaire est faible et enclin aux nouveautés. Le peuple croyant, occupé seulement de la lettre du livre et des œuvres, doit ôtrc laissé à l'intégrité de ses croyances. Lui apprendre le i Kalam est un pur danger; cette étude ne peut que l'é- ' branler dans sa foi, après quoi il ne reviendra plus à sa I sécurité première. Les gens du vulgaire, attachés aux hérésies, doivent être appelés à la foi par la douceur des exhortations, non par l'aridité de la dialectique, par des discoure persuasifs s' adressant à leur ftme, appuyés do prouves tirées du Coran et de la tradition ; cela vatit

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mieux qur des syllogismeïi; car si ces hûréliqucs ue se sentent pas capables de répondre eux-mêmes aux syllogismes des MotékalUm, ils peuvent toujoure croire ([u'un homme plus habile le fei-nît. Dans les pays où l'erreur est répandue, si l'on peut craindre que les enfants n'en soient touchés, il n'y a pas de mal, dit l'imam Gazali, à leur faire apprendre un peu de Kalani. en U quantité que nous en avons mise dans notre Épttre rie Jérusalem, — nous allons voir dans un instant ce que c'est, — pour leur permettre de combatlre lïnfluence des arguments impies qu'ils pourraient entendre. Cette épltre est un abrégé ; les esprits plus aiguisés pourront ensuite s'assimiler la quantité de Kalani que nous avons introduite dans notre Livre delà voie juste on matière de foi {Kitâb p/-içllstUl ffl-itiqdd) lequel a cinquante folios. Ce livre ne traite que des fondements de la foi , mais non pas des autres (piestions agitées par les Motékallim. Si ce traité ne convainc pas le lecteur, ajoute alors l'imam, qu'il attende que Dieu lui découvre la vérité ou qu'il tombe dans le doute et l'incrédulité, selon son destin.

La pensée de Gazali est donc tout à fait éclaircie & nos yeux ; le raisonnement ne peut en aucun cas ni fonder les vérités de la foi ni les démontrer d'une façon certaine; il peut aider à la foi dans quelques cas; mais, plus souvent encore, il lui nuit. Quant aux nombreuses subtilités introduites par les Motékallim dans la théologie et aux questions connexes qj'ils y avaient ajoutées, Uazaliles rejette toutes ensemble; mieux que cela : il les

«LOGIR DE GAZAU.

dédaigne et les omet coiuine d'iniitiics recherches et de vaines rCveries.

Achari et les Motékallim aviiient agité la question de la nature et des degrés de la foi et de sa distiiLclion d'avec Visltim. Cette ({uestion est d'ordre surtout religieux; elle a pourtant des côtés intéressants pour la philosophie cl la psychologie, qui nous engagent à la mentionner on quelques mots. Uazali ', à la suite d'Achari, admet la distinction que fournit le langage ordinaire entre la foi, ^/«rfn, et l'islrtm. La foi, c'est la croyance aux dogmes proposés; Vislâm est plus étendu : c est " l'abandon >i du cœur, de la langue, des membres, & la volonté de Dieu. La foi n'est que la plus nohle partie de l'islam. Los œuvres ne sont pas une partie de la foi ; elles s'ajoutent à la foi ou s'en retranchent selon qu'elles sont bonnes ou mauvaises. C'est en ce sens que les anciens ont <Ut que la fui croissait ou décroissait avec l'obcissanee ou la rébellion ; caria foi elle-même, entendue au sens de croyance, ne croit ni ne décroît par les œuvres. L'une des hérésies des Motazélites avait consisté à admettre que le croyant coupable de péché grave, sortait de la foi sans pour cela entrer dans l'impiété et occupait un état moyen entre ces deu.\ états moraux. Il n'en estpas ainsi, enseigne Gazali avecl 'école orthodoxe; le fornicateur, par exemple, ne sort pas de la foi par la fornication; mais il n'est plus croyant complet; c'est ainsi que l'on dit par hyperbole du cul-

1. Ihyâ, même livre, sec^lion qunlritme sur « la fui et l'iilam o, p. H7. — Cr. Mehren. Exposé île. la réforme de iislainisme, f. 51, S 18,

de-jatte qu'il n'est pas un homme, c'est-à-iiii-e u homme complet. Au point de vue psychologique, la ft selon notre imara est, pour la plupart des hommes, un espèce d'attache du cœur, non pas une illumination c une intuition comme elle le devient chez les mystiques cette attache peut ôtre plus serrée ou plus lAcho, et e ce sens encore la foi a des degrés. Ainsi le juif est telle ment attache à sa foi qu'on ne peut l'en séparer ni pa la crainte, ni parle raisonnement et les exhorlalions. Ai contraire, l'on voit des chrétiens dont la foi est si faihl que le plus niédiocre argument ou la plus légère menac suffit à les faire douter. Et Gazali entame sur les imper feclionsdcla foi une analyse minutieuse et it'une psycho logie très fine, que malheui-eusemcnt l'esiguïté de notP' cadre noua interdit de reproduire.

Donnons niidntenant un lahleau de la Ihéodicée d' Gazali, qui conalitue la partie essentielle de sa théologie H ne faut pas s'attendre à des surprises dans l'exposde cette doctrine. Elle est comme ; c'est celle qui est ad mise dans l'islamisme orthodoxe; c'est, pour le fond e à quelques nuances près, celle du Coran. L'inti^rét ei est, d'une part, dans la faeon dont elle est ordonnée e dont les preuves en sont ménagées ; de l'autre dans If contraste qu elle présente avec celle d'Avicenne. Tou en lui empruntant quelque chose de son esprit d'ordri et de système. Gazali s'est complètement soustrait i rinfluenco doctrinale de la sagesse païenne, et Q s'es;

tA THÉOLOGIE DB GAZALI.

attaché à des conceptions d'un caractère plus profondément rt'li^ieux, issues de la Bible et façonnées par le Christianisme. Ce n'est plus à quelque philosophe grée que l'on serait tenté de le comparer; c'est plutôt & quelque père chrétien, à saint Augustin par exemple. Cependant les influences de cet ordre qu'il a pu subir seraient encore malaisées à déterminer ; le plus vraisemblable est qu'il en faudrait chercher le secret dans la littérature syriaque.

La partie de l'Mya qui renferme la théodicée de Gazalî (["part., liv. Il, sect. III), n'est autre que V Épttre de Jérusalem dont plus haut il recommandait la lecture au commun des fidèles. Itieu tout d'abord est mis dans cette doctrine en tête de la foî ', Il n'arrive plus, comme chcx les Philosophes, à la fin du développement du système, comme un terme encore lointain, enveloppé, inaccessible. Il est atteint immédiatement. C'est d'abord la i parole révélée, le Coran, qui le prouve; et parmi les ] preuvesde Dieu fournies par le Coran, c'est à la preuve | naturaliste que Gazali donne la préférence. Il monte tout droit de la vue du monde à Dieu. " N'avons-nous pas établi la terre comme un tapis, avait dit le pro-

' phète de la part d'.Vllah, et les monts comme des pilotis? (LXXVIII, 6-7). — Certes, dans la création des cîeus

I et de la terre, dans la succession du jour et de la nuit...

[ il y a des avertissements pour ceux qui ont de l'inlelli-

I gence (II, 159). ■ — Ne voyez-vous pas comment Dieu

a ci'i'é les sept cîeux, jiosiis par couches s'eiivcloppanl Jes unes les autres? (lAXI, IV). » Voilà les véritables témoignages selon Gazali. « Le Coran, dit-il, dispense de toute autre preuve. Cependant, ajoute-il, comme par manière de concession, nous dirons en imitant les procédés des spéculatifs : " C'est un principe df l'intelligence que le produit ne se passe pas d'une cause qui le produise; or le monde est produit, donc il a besoin d'une cause. » C'est le syllogisme scolastique venant à titre accessoire à la suite de la parole révélée, non pour découvrir une vérité qui est désormais acquise, mais pour aider, s'il se peut, la fail»lesse de la foi. Notre imam démontre l'une après l'autre les deux prémisses du syllogisme ; la majeure : tout produit eut affecté iV un temps à l'exclusion du temps qui précède et de celui quisuit;il faut un auteur i\ cette aflectation; c'est la preuve par la nécessité d'un principe délerminautentre les possibles; la mineure : les corps sont oti en repos ou en mouvement; l'un et l'autre de ces deu-t états sont produits ; ce qui se ti'ouve dans une alternative entre deschoses produites, est produit. Cette preuve de la mineure est à sou tour <lémontrée ; elle comprend trois propositions : laprenùère est perçue par évidence; la seconde est donnée par l'expérience qui nous fait voir la succession du repos et du mouvement ; c ela du moins, observe Gazali, se voit génét-alement. Le doute qu'il émet ainsi ne laisse pas d'avoir une certaine gravité, puisque précisément les Philosophes, ne voyant pas les mouvements célestes succéder ji un repos ni y

I aboutir, les avalent jugés éternels; i'eaprît, iuMsle I cependant nott-e docteur, ne conçoit pas un coi'ps [ en repos qu'il ne conçoive la possibilité de son mouve- Imenf, et inversement; mais alors la preuve devient bien uBubjectivc, et Je no sais si l'auteur u'en sent pa.s luî- [ JUéme la faiblesse. Sur la troisième proposition que ce [■ qui est placé daus une alternative de produits est prokduît, il rcmartiue que, dans l'hypothèse contraire, il y aurait des produits sans premier produit et que l'on serait ainsi ramené â la série sans fin et au nombre infini qu'il l déclare impossibles.

Que doit-on connaître de Dieu? En premier lieu son l'éternité, puis sa perpétuité, le fait qu'il n'est pas dans [ tin lieu, qu'il n'est pas un accident, qu'il n'est pas susceptible de directions, qu'il est unique; ce ne sont pas L 1& des qualités ou des attributs de Dieu, mais plutôt des I circonstances que l'auteur exclut du concept divin. A ces I circonstances négatives il en ajoute deux d'un caractère lipoaitif, mais d'onlre plus spécialement religieux : que ■Dieu est •• établi sur son trûiic », selon une e.\prcssîoR I du Coran, et qu'il sera vu dans l'autre vie.

La preuve de ces dilféreutesthèsesest faite de façon ra- I tïonnelle. Celle de l'cteniité est (jue si Dieu était produit, Ijl requerrait lui-oiéme un producteur, et ainsi de suite (fin ; — celle de la perpétuité amène sous la plume ["de Gazali cette formule : " il est le premier et le dernier », |-ra[^elaat l'alpha et Voméga chrétien, « il est intérieur ^ et extérieur » ; celte preuve est ainsi faite : Si Dieu vient [ à manquer, c'est ou par lui ou par un autre; ce n'est

pas par lui, car si l'on pouvait supposer manquante une chose conçue comme subsistant par elle-m^mc, aussi bien pourrait-on supposer existante une cliosc conçue comme manquant par elle-même ; ce n'est pas non plus par une cause autre que lui qui lui serait opposée, car ou cette cause serait éternelle el elle l'empêcherait d'être, ou elle ne le serait pas, et alors il serait absurde qu'il la laiss&t se produire. — Dieu n'est pas une substance dans un lieu, car cette substance est ou en repos dans son lieu, ou eu mouvement pour y tendre, et ce qui est en repos ou en mouvement est produit, — Il y a peu d'intérêt à prouver que Dieu n'est pas un accident dans un corps ; il ne n'ssemble à rien de ce monde qui est tout substance et accident ; on ne peut le juger ni par analogie, ni par comparaison. Des expressions telles que celle-ci ; " Il est établi sur son trône », doivent être interprétées d'une façon toute morale; celle-là signifie sa domination et l'impossibilité où il se trouve d'être atteint par la corruption; de même ces autres paroles : t< Le cœur du croyant est entre deux doigts de la main du Miséricordieux ; — Il est avec vous partout où vous êtes. » — La vue de Dieu, c'est une espèce de découverte et de science plus parfaite et plus claire que la science ordinaire. Dieu sera vu dans l'autre vie, sans manière d'être et sans forme. On ne peut le voir dans cette vie-ci, témoin le refus qui en fut fait à Moïse (Coran, VII, 139). Le passage sur lequel Gazalî s'appuie pour admettre la vision béatifique de Dieu me parait constituer une preuve assez précaire : « Les vî-

LA THÉOLOr.lË DE <

f sages seront en ce jour brillants, reg'anlant vei'S leur Itieigiieui « [Coran. LXXV, 22-23). Le fameux dogme de IT unité divine qui avait dans le Coran une importance si Ipr^-pondérante, ne vient qu'au dixième rang dans le Lcrecfo de Gazali, comme quelque chose sur quoi il esta l peine besoin d'attirer l'attention. Il y est exposé en I ^atre lignes qui renferment cet argument, juste sans I doate mais un peu naïf, que s'il y avait deux dieux, ils lue pourraient avoir deux volontés contraires sans que I l'un ne fi)t subjugué par l'autre et ne cessât d'être Dieu. I Le Coran porte : " S'il y avait un Dieu autre qu'Allali, |"tous deux périraient » (XXI, 22).

Les qualitésde Uieu que compte Gazali sont au nombre I de sept : Dieu est puissant, savant, vivant, voulant, en- Itendant, voyant et parlant; ces qualités sont étemelles, R^t ont une existence positive. En expliquant ces attributs, ■■notre imam exclut avec soin toutes les considérations ■ subtiles auxquelles ils ont donné lieu, tant chez les Motékallim que chez les Motazélites; il démontre la puissance, comme plus haut l'existence divine, par l'argument naturaliste, un peu à la manière de Fénelon : < Lorsqu'un homme voit un vêtement de soie à beaux limages, aux broderies bien disposées, s'il pense que ce Ivétement est l'œuvre d'un cadavre sans liberté ou d'un «tre sans volonté, il est imbécile et égaré dans le chemin s Hots »; ainsi en est-il de celui qui, témoin de la beauté 1 inonde, ne l'attribue pas à un auteur puissant et vomfairc. Et cette preuve suffit. — La connaissance que Dieu a de tous les êtres particuliers, point difficile it

étnlilir d'après les principes lies Philosoplics, est la conséqurnce du même arjrunient: dans la chose la plus vile, dans l'être le plus humble, il y a encore ordonnance et arrantrement. — Dieu vilet veut; la preuve de ces qnalit^'8 et des suivantes semble devenir presque inutile à Gazali que la foi emporte el qui ne cile plus que de brèves pai-oIes du Coran, en les accompa^'nant de réflexions telles que celles-ci : h Comment douterait-on de la vie des mal très de la littérature et des arts? Et comment ne serait-il pas voulant, celui de qui tout découle? » — Dieu entend et voit les pensées les plus secrètes, les cog'itations et les méditations les plus cachées; i< la marche de la fourmi noire sur la roche sourde, dans In nuit ténébreuse, n'échappe pas à son oreille » ; et le m&iiie genre de preuve se répète : Comment ne serait-il pas entendant et voyant, car l'ouïe et la vue sont des qualités, sans nul doute, et qu'il n'a pas de défaut? Comment la créature serait-elle plus parfaite que son créateur; l'objet créé plus complet que son auteur? — Dîeu parle d'une parole qui subsiste en son essence, sans voix ni lettre, et qui ne ressemble à aucun langa^'e connu . de même que son existence ne ressemble à aucune existence connue. Un poète a dit : " La parole est dans le cœur, la langue ne fait que l'indiquer. " L'essence de la parole divine n'est pas déposée sur des feuilles, car l'essence même de Dieu serait alors située sur la feuille où l'on écrit son nom; de même l'essence du feu, et la fouille en serait brrtiéc. — Le langage, comme tous les atlriliuts di\-in8, est étemel, car Dieu ne peut être un Heu de choses pro-

LA TIIEOLOGIK DE GAZALl.

duitcs, sujet au chan^iiient. Il n'y a de produits que les sons qui expriment cette parole étemelle. Lji scieuee de Dieu est étemelle aussi, ft elle connaît les choses en leur temps, comme lorsque nous savons i^i'un tel viendra au lever du soleil; de même sa volonté a de toute éternité, 80US sa dépendance, la production des ciioses en leur temps, Entin les qualités de Dieu existent et ne sont pas seulement des concepts négatifs qui nous servent à le décrire. Dieu est savant par une science, puissant par une puissance, Wvanl par une vie. Dire qu'il est savant «ans science est comme de dire d'un homme qu'il est riche sans argent; la science, le connu et l'être connaissant s'appellent l'un l'autre, comme le meurtre, le meurtrier et la victime.

La théorie du lihre arbitre de l'homme complète la théodîcée. ChezGazali', cette théorie est développée avec les préoccupations dominantes d'affinner la volonté divine et de combattre les doctrines des Molazélites ; elle ae sert, en tes simplitiant, des doctrines desUotékallim.

Tout ce qui est produit dans le monde est I acte et la créature de Dieu. Tel est en cette matière le premier principe; mais d'autre part ce fait que Dieu est le seul producteur des mouvements des hommes n'empêche pas que ces mouvements ne soient décidés [maqdour) par l'homme selon un certain mode qui permet de les lui attribuer; et quoique attribués {moktasab) à l'homme, ces mouvements restent voulus {moràd) de Dieu.

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iOi GAZALI.

Voici la confirmation do cette thèse. Tous les actes des lioQiiiies sont crééij et dépendants de la puissance de Ilieu ; cela résulte de la révélation : « Dieu vous a créés et tout ce que voua faites (Coran, XXXVII, 94) j> ; cela se démontre aussi par la réflexion : Comment imaginer des mouvements qui échappent à la puissance de Dieu? et liazali revient encore à ce propos au genre de preuve qu'il allectionne, la preuve naturaliste : Certains animaux, comme l'araigufîe, l'abeille, exécutent des travaux men'eîlleux; comment les produîi'aient-ils seuls sans le maître des maîtres? — Dieu a créé ensemble la décision et la chose décidée, le chois ell'objet choisi; la décision est à rhomnie, la création au Seigneur; le mouvement est de l'honmie et créé par le Seigneur. L'acte de l'homme est en vérité décidé à la fois par Dieu et par l'homme, mais sous deux modes distincts; le mode sous lequel il dépend de Dieu est la réalisation ((M/i/vT}; celui sous lequel il dépend de rhomnie s'appelle l'attribution, le mérite ou le démérite [iklisàb). — Cet acte est quand méuie voulu par Dieu, <• car il n'arrive pas dans le royaume et dans le domaine ' un clin d'œil, une inflexion de pensée, une motion intellectuelle, qui ne soit d'après le jugement de Dieu, son décret et sa volonté; de 1 ui sont le bien et le mal , l'utile et le nuisible, l'islam et l'impiété... " — Abstenons-nous d'émettre une appréciation sur cette doctrine ardue où Gazali, soucieux a%'ant tout d'orthodoxie, rivé aux paroles de la révélation, lié

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