‹ GazaliChapitre 30 sur 102 · I. Cf. le commentaire, p. i'i-hS · texte numérisé non relu

I. Cf. le commentaire, p. i'i-hS

l.loe.eii.. P-S4.

LA THiiOLOÏlIB APRtS GAZALt. 119

mouvoiiicnl du monde. Tout ce système des Motékallim, certainement plus difficile et plus subtil que celui dos Philosophes, représente donc une opposition faite à ce deniier, non comme chez Gazali au nom de la foi pure, et par des procédés consistant & humilier la raison, mais au noDi d'autres théories d'ordre philosophique, dont les racines dans l'antiquité grecque ne manqueront pas d'apparaître dès que l'étude des livres dont nous parlons sera plus avancée. Nous avons dit que I l'atomtsme était une doctrine généralement adjnise dans l'école Motékallim; il est assez curieux dénoter que Teftazftni, bien que fort sceptique sur les preuves qui établiraient cette doctrine ', la prAne comme utile k l'apologétique. « Si l'on demande, dit-il [p. 52) : y at-il un fruit k cette dispute? il faut répondre : oui; en I affirmant la substance simple (l'atome), on échappe à I beaucoup de ténèbres des philosophes, comme la thèse I de la matière première et delà forme, conduisant à celles I de l'éternité du monde, de la négation de la résurrccb tion des corps, et de la perpétuité du mouvement des

p CÎ8US. Il

L'imam Pakhr ed-Dln cr-lîâzi (Abou Abd Allah Mo-

.. L'imara Razi doal nous [larlona cUapres «'nbsUnl dans la question de

Kl'Mttiinisme. Telle fut à pea près aussi l'iiUitude de Gaiali. Uunk a relevé

lan ai^Dnient avancé par ce dernier dans son MaqûHd el~Ffilûsifali. con-

^tee l'ilomijinp, consisianl en ce que, si l'on divise un carié en ses alomes

n réseau ortliogonal, ladlagonale trarene lem^e nombre d'alomes

\e tes tAléset devrait par conséquent avoir la menue longueur qu'eux. —

qu'on ne voit pa.4Lien jusqu'à qiirl point retle faron de diviser

n llomea esl légitime.

Iiammed, fils d'Omar et-Tpïiiii ei-Bekri) est l'un des personnages Ips plus importants de l'islam et je ne crois pas que l'iïrudition occidentale lui aiteneoi-e fait sa juste place. D'ancienne race arabe, il naquit en 5^ï, et vécut en Perse et en Transodane. à Rey, à ilérat, à Gaznah, à Khârizui. Sa vie fut glorieuse, son activité féconde; il obtint le tilre de Cheïkh ul-IslAm et fut comblé d'hoftneurs par le sultan de KhArizin II mourut à Hérat en 606, Son œuvre immense rappelle celle des grands encyclopétlistes; elle eudirassc la plupart des sciences : droit, tbéolog-îe, philosophie, belles-lettres et poésie, interprétation du Coran, géométrie, médecine. Son volumineux commentaire du Coran, coimu sous le nom de Te/sir el-Kéblr île grand commentaire) mais dont le véritable titre est MafiUih ei-ydib i^les clés du monde caché), est répandu en Orient; il commenta les Ichârdt d'Avicenne, le traité intitulé el-WadjH < l'abrégé) de Gazali. On cite de lui un livre sur « l'incapacité des philo^sophes {Ta'djtz el-falàsifak) dont le litre rappelle le Téhiifiit. Il écrivit un traité de morale i Kilàb fl-akHlà^)^ un traité sur le destin, un traité sur ta philosuphie illaminative [Kit'ib ri-mfbtiAilh el-moefirit^îefi\ Son œiirre que nous voulons plus particulièrement rîter ici, est on traité de théologie spéculative, le .Vohaaa/ {le compendiumU dont nous connaissons un cummentaîre par Ali, tits d'Omar rl-KAtibi ^mort eu G'ÎJ,. intitulé kilàd «•/mofastat Jltimréff-moMassai (le li%-i« bien di\-isé pour

ae dernier ouvrasre. dont

LA TBÉOLOfitE APRÈS GAZALI.

notre Bibliothèque nationale possède un exemplaire (n* 1254. ancien fonds 401), que Schmoeldci-s rédigea, dans son Essai sur les écoles philosophiques chez les Arabes (Paris, 1842), une élude sur les Motékalliin fort Biéritoire pour lépoque et dans laquelle il fit preuve d'une grande perspicacité, mais qui ne saurait évidemment rester le dernier mot de la science. Je voudrais que les quelques lignes que je puis consacrer à cet important document encouragent les érudlts à le soumettre à une nouvelle analyse et à en tirer tout ce qu'il I contient d'utile pour l'histoire de la théologie en Orient. Le caractère général de ce livre est un peu différent de celui du traité de Teftazflni que nous mentionnions I précédemment. Il a gardé davantage l'apparence exté- [ rieure et la disposition générale des ouvrages de l'école [ philosophique proprement dite. Il s'ouvre cependant [ aussi par une sorte d'introduction sur la logique, conçue [ dans un sens large et comprenant la théorie de la science ; ■«ette théorie s'épanouit en celle des juodcs ou états, ou ldDpossihle,surIaquelle nous allons nous arrêter un moment; puis viennent les questions physiques; une troinème partie est ensuite consacrée à Dieu, à ses qualités, ï Bca actes, à ses noms, c'est proprement la partie théolog^ue. La quatrième partie, dite des choses dogmatiques n'i^ât), a trait d'abord h la proi>hétie et aux miracles, j contient la théorie très intéressante de l'âme, uricbie de développements liistoriques, avec la relation ^'opinions attribuées ù Aristote, A Platon ou à d'autres intears. des discussions sur Téternilé et l'unité des Ames

butnaines, sur la iiiéteiiipsycose, sur la i-csurrection. etc.

La forme d'argumentation employée dans le \i\rt est la forme scolastique. L'on a donc affaire à un trait* complet, renfermant un exemplaire de renseignement des Motékallim. dans un état où il n'est plus seulement une collection de tli^ses orthodoxes soutenues par voie rationnelle, mais un système achevé, construit ji l'imitation (le celui des Philosophes et opposé à ce dernier.

.le ne veux relever dans ce système que quelques lignes ayant trait à cette importante théorie des modes [hâlak], k laquelle nous avons déjà fait allusion en parlant de l'école acharite, et qui, antérieure àGasali et négligée par lui, lui survécut [mui-tant *. Quelque obscure que cette doctrine semble tout d'abord, o» voit assez clairement, après un premier examen, qu'elle se divise en deux parties : la première, touchant les modes en Dieu, qui sont à peu près ses qualités en puissance et ne peuvent guère être comparés qu'à des hypostases; la seconde, touchant les modes dans le monde, et ces modes-ci sont des états du possible qui. au fond, ne sont autre chose que les uiùversaux, Gazali, avec sa franchise et son dédain des subtilités philosophicpies, le dit quelque part sans ambages : ce que les Motékallim appellent modes, ce sont les idées générales -.

Savoir que la théorie des « modes " est identique avec

1. Le niliâyel ct-iqil&m de Chahraslani (m«. 124Q de U MbUoUièqiie nationale) ainticnl au f K ua chï|)Urc sor o Im mode» >, el-ahwdl.

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