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LA THÉOLOtitE APRKS GAZALI. 123
le proltième des m univereaux », peut I>iGn nous apprendre que cette théorie est digne du plus haut inti-rfit ; mais cela ne fait pas tout de suite qu'elle nous devienne plas aisée ni plus claire, car l'on sait tout ce que ce problème renferme de difficultés et d'infinis mystères. La plus a|>parentc originalité ou peut-être devrais-je dii-e la singularité des Motékallini, consiste A avoii' hardiment énoncé le problème sous cette forme : y a-t-il c un iiitemiédïairo entre l'être et le non-étre? n ce que l'on pourrait encore traduire ainsi : Est-ce que l'être est susceptible de degrés? » Y a-t-îl quelque chose qui soit sans être, et qui ne soit pas tout eu étant ; y a-t-il quelque chose dont on ne puisse pas dire que cela n'est pas, bien qu'en réalité cela ne soit pas? Existe-t-il tout un monile de choses qui n'est ni le monde de l'être absolu ni le pur néant?
Ou le voit, c'est là le problème de l'existence olijective du possible dans sa forme la plus décidée; et il faut bien admettre que des esprits qui abordaient de front mie pareille question, et qui la traitaient non par de vagues métaphores ou par de nuageuses images, mais par les procédés les plus rigoureux de l'argumentation ■ I aeolftstique et en se jouant dans le dédale des dilemmes
i des sorites, étaient arrivés à un degré d'affincment et Ifadrease dont l'histoire de la philosophie doit garder
b souveair.
L'iniam Fakhr ed-Dlu I\Azi n'est pas lui-même un par-
àsan des modes. Il nous explique ainsi ' deux preuves 111 i' as,»" (lu ms.
qu'invoquent ceux qui les a<Imcttent. La première consiste àfiire; L'eïîstence est nu etistante ou mniiquante (non existante) ou bien elle n'est ni existante ni manquante. Les deux premières alternatives sont inadmissibles. L'existence n'est pas existante; car si elle rétait, elle serait égale par l'esistcacn à toutes les autres quiddités qui existent; or il n'est pas douteux (ju'elle se distingue d'elles de quelque manière. Ce par quoi elle s'en distingue est diffèrent de ce par quoi elle leur resscnilile; l'existence serait donc ajoutée à l'existence, aussi bien qu'aux quiddités, et la question se reproduit sur cette seconde existence; elle se reproduit sur une troisième et l'on est conduit à la série sans fin qui est inadmissible. L'existence n'est pas non plus manquante, car une chose serait alors identique à son contraire, puisque le manque est le contraire de l'être. Donc elle n'est ni existante ni manquante.
La deuxième preuve se tire de la considération des espèces et des genres. Les espèces ont des quiddités qui ont en commun le genre ; par exemple le noir et le blanc sont associés sous le genre couleur. Cette association n'est pus purement dans les mots; si clic n'était qne dans les mots on pourrait tout aussi bien associer le noir et le mouvement ; mais on sent qu'on ne le peut pas. La couleur n'est donc pas non existante ; mais d'autre part elle n'est pas non plus existante, car elle est ù la fois le noir et le blauc, et le noir et le blanc n'existent pas à la fois. Il faut donc qu'elle soit dans un mode ou état intermédiaire entre l'être el.le non-ètrc.
LA THK0L06IE APRÈS GAZALl.
Cette dernière preuve est complète en elle-même; mais elle se rapporte aussi à uu principe des MotékaU iim cjue cite Fakhr ed-DIn Rftzi ', et qu'a enregistré Matmonide ^, à savoir que l'accident ne subsiste pas dans l'accident. L'accident noir ou l'accident blanc ne peut pas subsister dans l'accident couleur. Il faut que la couleur soit autre chose qu'un accident; un en fait un I mode 11 ; autrement dit, et selon les expressions de R&zî, on en fait une « ebose .> (|ui est » dans le mode du non-être ". On fait de môme des idées générales, et, d'apr^-S la première preuve, de la plus générale de .toutes, l'idée d'être.
Les Philosophes, continue l'imam RAzi, ont répondu aux partisans des modes : Si vous distlng'uez l'existence du genre par lequel s'associent deus objets, et celle du propre par lequel ils se différencient, vous donnez au iurc et au propre deux existences indépendantes, et k l'objet lui-même une double existence. Mieux vaut dire que le genre et le propre ne sont pas deux êtres existant tous deux d'une manière objective au dehors, mais e leur existence n'est que dans l'esprit; cela ne signifie pas qu'ils ne puissent exister objectivement, mais u'ils ne peuvent pas exister séparément l'un de l'autre ; a d'autres termes, l'existence du genre est la même que l'existence du propre, el c'est la différence de ces deux existences qui n'est ([ue dans l'esprit.