‹ GazaliChapitre 38 sur 102 · Ihi/a, II, p · texte numérisé non relu

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une entière à inoin» qu'elles ne s'équivalent, une pièce bonne contre une mauvaise, une pièce d'or ou d'argent contre une autre de même nnl-tal, mais de titre différent. 11 doit tenir compte de la valeur des pièces d'après leur titre, et ne pas se ser\'ir de pièces n'ayant pas cours, dont U ignore le titre. Qu'il agisse avec autant de soin dans le change des bijoux et objets précieux ; il doit les changer contre des objets de titre équivalent, faits des mêmes métaux et de la même espèce. Des observations analogues sont applicables à l'écbange dos grains et des denrées comestibles.

Le contrat par avance {fiduciaire) est celui dans lequel le pris de l'objet acheté est payé avant la livraison. Il se pratique pour les grains, les minéraux, le colon, la laine, même le pain, si l'on veut bien passer sur des différences légères de cuisson, d'hydratation, de salure, en un mot pour tous les objets qui peuvent être convenablement désignés.

Le contrat de salaire, par une comparaison profonde et conforme à nos idées modernes, est assimilé à une vente. Les conditions qu'il doit remplir pour être licite sont à. peu près les mêmes que celles que nous avons indiquées pour la vente; mais il s'y en ajoute une d'un caractère moral : l'oeuvre salariée ne doit pas être auparavant obligatoire. Ainsi on ne peut pas payer de salaire & un homme pour l'accomplissement de ses devoirs de religion. Il faut aussi que ruiilîté de ce travail payé soit connue.

Le prêt à iulérêf est un contrat licite moyennant cer-

taines conditions. Il faut que le prêteur livre une bonne monnaie, liien connue, avec laquelle le commerce soit facile. Le préteur doit deuiander une quotité déterminée du gain, parexemple le tiers ou la moiti é . mais non

I pas le bénéfice en sus d'un chiffre fixe. Il faut que le commerce que devra faire l'enqirnnteur ne lui impose pas de charge. Par exemple demander à l'empriinteur d'acheter un animal pour ensuite partager sa progéniture, ou d'acheterdu froment pourqu'il en fasse du pain dont ultérieurement on partagera le prix, n'est pas licite, parce que le prêt à intérêt n'est applicable qu'au commerce consistaut dans l'achat et la vente et leurs

I nécessités immétliates. De même les conditions de n'acheter que de tel ou tel, ou de ne vendre qu'en robe rouge, ou toute autre condition restreignant la liberté du conmierçanl, sont inadmissibles. — L'on remarquera dans ce paragraphe que Gazali ne se montre nullement opposé en principe au prêt à intérêt, mais que son langage reflète seulement le caractère primitif et un peu gauche des procédés employés dans les affaires à sou époque.

Pour des motifs analogues notre auteur est assez restrictif dans sa doctrine du droit d'association. Il n'admet ni le contrat qui engage d'une façon générale toute la fortune des associés, ni celui qui les associe dans le salaire, ni celui qui les associe dans des œuvres diverses, les uns par exemple «'engageant à travailler et les autres à combattre. Il n'admet comme licite que la seule association dite société par apport, où les fonds

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mis en commun sont daus des proportions connues, fiscs et discernables.

Nous aimerions analyser un autre jm^sage ' relatif [a morale économiijue où noire imam traite «les bieus sur lesquels le sultan a droit de percevoir des revenus. C'est toute une théorie de l'impôt. Mais ce que nous venons de rapporter suffit peut-être pour montrer quel esprit de finesse et quel bon sens à la fois {lazali apporte dans l'examen des questions de cet ordre, comme il sait se mettre à la portée des mas-ses, se rendre compte ;<ie leurs intérêls et y mesurer sa doctrine. Ayant ainsi prouvé les qualités positives de son observation, il aura acqois le droit de céder tout à l'heure ii ses attraits perionncls, et de s'élancer vers les régions ardues et réservées du détachement ascétique et de la passion n iysti que. Avant de le suivre jusque-là, remarquons encore, sans tenter de justifier cet avis par- une démonstration, que, dans le passage qui précède, notre auteur ne parait pas relever de la tradition purement grecque, ni ime de l'enseignement des jurisconsultes musulmans idont la forme est tout autre ; il semble plutôt se rattacher à une tradition latine, et à une tradition fortement imprégnée de sentiment chrétien. Nous éprouverons, ^e pense, une impression analogue en lisant maintenant les belles pages qu'il consacre ii l'amitié"-.

Ihya, n, p. 9î,

Le liTra n de l'amUlé el de U fraternilé « est le cin[|uii'ine de In ptriie. Ihya. II, p. 109 et soir.

l,'aniitii>, t-noncc riiuleiir-, est un fruit du bon caracttre; la discorde, un fruit du mauvais. Connue le bon caractère eug;endrc l'affection, l'aniitié, la concorde, le mauvaÏ!] produit la mésintelligence, rinîmitié, la haine; l'arbre bon produit le bon fruit. On connaît en religion rexcellence du bon caractère. Le prophète a dit: ce qui conduit le pluH sûrement les hommes au paradis, c'est la crainte de Dieu et la douceur du caractère. Il a dit encore : Le croyant aime et est aimé ; il n'y a nul bien en qui n'a ni ne re*;oît d'afl'ectîon. Deux amis, lorsqu'ils sont ensemble, sont comme les deux maJus dimt l'une lavel'autre; jajuaïs deux croyants amis ncse rencontrent sans que Dieu ne fasse du bien à chacun d'eux 'par l'autre. — On le voit sans peine, nous ne sommes pas ici en terre grecque, mais sur un terrain où a levé la semence évangélicpie.

Gazali distingue en principe deux espèces d'amitié ' : l'auiitié selou Dieu et l'amitié purement humaine. Il établit de l'une à l'autre de ces espèces quatre degrés.

Au premier degré, vous aimez un homnie pour luimême ; vous trouvez du plaisir à le voir, k le fréquenter; il y a entre vous et lui concordance de nature. 11 vous plaît, soit par la beauté de son Wsage et de son extérieur, soit par celle de ses manières et de son esprit. Les racines île cette amitié sont très mystérieuses, cependant elle naît toujours de quelque rapport visible ou caché. Une fois, une colombe se tenait à côté d'un

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