ihya,n, p. iiMia
corbeau; un homme qui les vit s'en étonna et dit : en quoi ces oîseaiL\ se ressemblent-ils? mais voici qii'ils s'envolèrent, ot l'homme s'aperçut f[ue tous deux étaient blessés à une aile. — Chaque bomme, a dît un sage, s'unit & ceux qui lui ressemblent, comme chaque oiseau vole avec ceux de son espèce, — Ainsi l'on peut aimer, s un motif d'utilité, un ftre pour lui-m^me, à cause d'un rapport de similitude par lequel ou lui est uni ; ou peut l'aimer aussi pour sa beauté. Et ces sortes d'amitié sont naturelles et n'exigent pas que l'on soit croyant. Au second degré, on aime un être pour obtenir de lui quelque autre chose qui est vraiment alors l'objet de l'affection; mais le chemin qui conduit à l'objet est aimé aus.si. C'est pourquoi la plupart des hommes aiment l'or et l'argent ; non qu'on ait de l'afl'ection pour ces métaux eux-mêmes, puisqu'on ne s'en nourrit ni ne revêt, mais parce qu'ils sont la voie qui mène à l'objet de l'amour. Si la chose que Ton recherche en aimant son intermédiaire n'a d'utilité que pour ce monde, cette affection-là est encore naturelle et n'est ,pas de l'amour eu Dieu. Si cette chose recherchée est Susceptiltle d'avoir une utilité hors de ce monde, mais qu'on ne la recherche pas en vue de cette utilité-là, ce n'est encore pas là de l'amour en Dieu; telle est l'affectioD de l'élève qui aime son maître pour la science qu'il Acquiert de lui, mais qui n'aime cette science que pour les richesses et les honneurs mondains qu'elle peut lui procurer, et non parce qu'elle peut l'aider à se rapprocher de son Seigneur.
Le troisièmn dcgrû <lc raffection est celui où l'on aime une clinse eu vue d'un autre objet, quand cet autre objet ue tend pas au bien-être temporel de celui qui aime, mai» à sa félicité dans l'autre vie. C'est le cas de l'élève qui aime son directeur parce qu'il lui enseigne la science et la vertu, au moyen desquelles il acquerra la félicité éternelle ; ou le cas du maître qui aime son disciple, parce qu'il gagne à cause de lui les mérites de l'enseignement, et qu'il en recevra un plus haut degré d'honneur dans le royaume des cïeus. Jésus a dit : h Celui qui aura su, agi et enseigné, sera appelé grand dans le royaume des cîeus. ii L'homnie qui aime le domestique qui lui lave ses habits, lui balaie sa maisou et lui cuit ses repas, parce que le travail de ce domestique le laisse libre de s'occuper du service de Dieu, aime en Dieu. Celui (jui épouse une femme bonne, afin qu'elle le prémunisse contre les suggestions de Satan, qu'il garde auprès d'elle sa religion, et qu'il eu ait de» enfants vertueux, aime en Dieu. Quiconque aime vraiment Dieu aime tout pour Dieu. Mais il y a beaucoup d'hommes en <{Ui se réunissent les deux amours, celui de Dieu et celui du monde; et cela est admissible, car il n'est pas dans la natiire de l'homme qu'il n'aime rien du monde. Les prophètes ont demandé dans leurs invocations les deux bonheurs à la fois : « Que Dieu nous gratifie dans ce monde et dans l'autre » ; et Jésus a dit ' : " Mon Dieu, fais que mon ennemi ne se réjouisse