I. Ihyn. Il
LA MORALK. 155
pas à cause de moî et que mon ami ne s'attriste pa» à cause de moi. Que le monde ne oie nuise pas, et i[u"il ne soit pas mon principal souci. » Cette invocation, observe Gazali, est une demande de biens temporels; Jésus ne ditpas : que.jen'aie nul souci du monde, mais: qu'il ne soit pas mon souci principal.
Enfin le quatrième degré de l'affection consiste h aimer Dieu pour lui-même, non pas pour obtenir de lui la vertu, la science ou quoi que ce soit d'autre que lui. C'est le degré le plus élev6, et ce degré-là est possible ; car OH voit que lorsqu'un homme en aime un autre avec beaucoup de force, il aime tout ce que celui-ci aime; il aime ceux rjui le sentent, il aime ceux qui le louent, il aime ceux qui travaillent à le satisfaire ; à tel point que l'on peut dire : quand le croyant aime son frère, il aime delui jusqu'à son chien. C'est pourquoi l'on fait des reliques des vCtemeiits de l'être aimé, l'on a un culte pour sa maison et pour les lieux où il siégeait. Un poète a dit' : « Je passe et je repasse à la maison de Leila; je baise ce mur et ce mui". Ce n'est pas l'amour de la maison qui tourmente mon coeur, mais de l'être qui l'a habitée, n Ainsi l'amonr, en croissant, s'étend et déborde de l'objet aimé à tout ce qui l'entoure. De même, quand l'amour de Dieu est devenu très fort, et qu'il domine entièrement le cœur, il s'cpand sur tout être autre que Dieu, parce que tout être est l'œuvre de Dieu et la trace de sa puissance. Le Prophète, quand on lui apport;iit les