L.V TUEOLOGIE AVA^ET GAULI
{' ilm el'Osoul) qui devait avoir un caractère rationnel. Les principes (osoui) au sens religieux, ce sont les propositions fondamentales du dogme et do la morale ; «n un sens plus spécialement juridique, ce sont les quatre éléments dont nous avons parlé sur lesquels se fondent les jugements : le Coran, la tradition, le consontcmcnt unanime, et l'analogie '. La science des principes devait comprendre la mise en ordre de ces éléments premiers, puis les régies de leur application à la pratique. La réflexion et la spéculation devaient donc y tenii- une large place. — Vers la fin de sa carrière, Ch&fi'i passa plusieurs années en Egypte, où il mourut dans la ville de Kostat en l'an 20i. Des biographes ds Gazati, frappés de ce qu'il ilcvait à ce docteur, l'ont sarnommé le second ChftO'i.
Les antres fondateurs de rites allèrent dans le sens !ela réaction contre la spéculation rationnelle, jusqu'au Tanatisme. Le pieux docteur Alinied ibn Hanbal, qui subit sous le khalife Molasim une dure flagellation pour la défense du dogme de l'éternité du Coran^, fouda une école dont l'esprit étroit et sectaire amena plus tard, dans les grandes villes de l'IrAk et de la Perse, Bagdad, Rey, des querelles sanglantes; Ibn Hanbal, né A Bagdad, en 164, y mourut en 2M, Un jurisconsulte
1. Cr. CbabrasUni, KiKlb tl-miUI v:n'n-nibal,tii. CQreloa, |i. Ih3.
7. Koui ne parlerons pu ii'i de ces persécatioas reUtiTcs au dogme ; dlM [ont iisrLie plulûl de l'hisloire religiensc que de Tbisloire philau)pliique. Nous arons louché ce sujel dans noire MaliomHisnie. Un savant CaURilicn. WallerM. Pallon. lui a cousacréun \i\r>i -..lltmedibii llanhol andlhaUihna. L«ide, IBDT.
moins célèbre, AJ)OU Soléïmôn Dâwoud, fils d'Ali* 270), foi-mula l'opposition contre le raisonnement et l'analogie dans un système outré qui, s'attachant à la lettre même et au sens extérieur des textes, fut appeU à cause de cela zâhirisme (de zâhir, extérieur). Cette école n'eut que peu de succès ; en même temps qu'elle marque le dernier terme de l'effort fait par l'esprit de foi pour s'affranchir du légitime concours do la raison, elle en marque aussi l'impuissance.
L'iî'tudc des origines de la science du di-oit, de la tradition et de la théologie dans l'islam, est assez en vogue aujourd'hui parmi les orientalistes, principalement depuis les féconds travaux de M. Goldzieher; elle ne peut nianquor de produire des résultats importants^.
Venons-en maintcuaut à la théologie proprement dite. Au temps où la théologie philosophique commence & manifester son existence indépendante dans Tislam, soit au iv° siècle de l'hégire, les doctcui-s voués à cet^^ science, sont appelés Motékedlim, et cette science elle^ même est appelée Kalâm. Cependant ces mots sont an
1. M. Colilzivlier a élQilîé stcc délait les caraclërea et l'bistidre de École, Die Zaliirite», ihr Lehnijatem Hiirf ikre Geschicbte, LeipUgi 1884. Houradgea d'Ohsson, dans son Tableau général de lempirt oU«man, 1738, avait appelé ce fondateur de rite DaToud Taji, comns l'appelle Ibn Kolelbab. Goldzielier l'appelle Danaud ei-Zâhiri.
2. Signalonï à Ulre d'exemple, pnnni les derniers Irai u'ieûce dea traditions et du droit, tu traduction du Tai/rlb de |wr H. MarçHis. dans le Journal Aiiattque, igao-i»oi. l'n antre sarut frin^U, H. Uoudas. prépare un travail contîdérablc sur Dokbâri,
L\ TIliOLOfltE AAANT GAZALI.
L rieurs à la constitution »i'unp théologie spéculative, et
I ce n'est que par spéciûcatioii qu'ils sont alors appliqués
I& désignei" en propre cette science. A l'origine, Ip
I mot MotékalUni signifie seulement " ceux qui pni--
I lent, ceux cpiî disputent n; le vocaltle KAlani, comme
Lnum signitiant « théologie spéculative », est dérivé du
I p&rtictpe Motékalliin, » ceux qui spéculent ". On ne
Ipeut évidemment admettre avec Schmoehiers' qu'il
l&Ule ici partir du vocable Kalâm, pris dans son sens or-
[dinaire de « parole », spéciiler ce sens en celui de
1 parftle de Dieu <> et interpréter le participe par h ceux
I qui s'occupent de la parole de Dieu ". Tout lettré ou sa-
tvant musulman s'occupe de la parole de Dieu, et les
l'Motékallitii se sont fréquemment occupés d'autre chose
Les Motékallim ne constituent pas, h l'origine, une
de, ni même une école ; ils ne sont pas comptés parmi
s sectes dans les ouvrages généraux, tels que eelui de
Cbahrastani; est Motékallim en principe quiconque dis-
, et toute discussion estœuvre de Kalam. Il y a un
a et un mauvais Kalam. Le nom de Motékallim e)jt
appliqué aux Motazélîtes eux-mêmes', et nous verrons
1. A- Sclimoelders, Euni sur len l'coUs phUosophiqut* cAe: lei
taba. 1843, i>. 130.
r. AbOu'I-MibïSiD, II, p. t9S. cf. Spitla. Zur Geschichte Abu'l-Hasa'i ik'urfi. y. 5!. Voici le pitsage d'Aboa'l-Mabdsin : <i.., DjobbA]' dr htsa Hotaiétite qal était chef dans la science du Kallmj il eut pour f... le clieikh Abou'l-Kasan el-Acbsri. F.i-Zebebi dit : J'ai trouTé ceci HIT lu dosd'ua ancien livre: j'ai entendu Alton 'Amrau dire ; J'ai enn des disciples de Djobbïvqui parlaient de lui; il<i diMîent : Les Ira-
ion (le hadilh] à Ahmed ibn Hanbai, le droit aux disclpleg d'Abou I. le kaldm aui MolazélilM et le mensangc aui RAfidiLes. u
12 GAZALl.
encore Gazalî et ses successeurs (Usjmter sur la validité du Kalani, et rechercher k (juelles conditions on, peut l'appeler la première des sciences. Bref, le Kalam est la science de la spéculation applitjuée principalement, mois non pas exclusivement, à des matières théologiques, et si, à partir du quatrième siècle, il designs d'une manière plus spéciale la spéculation orthodoxe, c'est que les sectes plus ou moins hétérodoxes ont été elles-mâmes distinguées par d'autres noms.
C'est bien ainsi que les Musultrians ont compris I' toire du Knlam, « Quand se firent jour les divei^enoes entre les Musulmans, dit un auteur théologique ^, conmiença à spéculer, et la science des fondements tkf la foi appuyés par des preuves, s'appela le Kalâtn; OB' disait alors ; " le Kalâm, la dispute, sur ceci et cela «. Le Kalam fut une science fondamentale, jouant dans les' sciences religieuses le rftle <le la logique dans left sciences des philosophes. Ainsi se spécilîa le sens da mot el tel fut le Kalam des anciens. Puis parurent lefl Motazélitcs et ils s'emparèrent de la science du Kalam,. jusqu'à ce que Achari les vainquit et que son école domina. ■> Quant à Chaliraslani, il définit ainsi le Kalam*::
I. Tertazâni. CDTniiienUt'>ur des '.\qtViii de >'i-.seli; ^d. de ConsUntinople, 1313, p. isclsuiv.— Taini/omo /ï Bigniiie : disculersur queli|M chose. El. dans le 'Au-drif rl-Ua'ilrif de Suhrawcrdi. édili en marga de \'thj/â de Gazili, l. IV, ]>. 138 : n les cheli soufis ont discute IA~desMU; lakallaiiia fl ialika u.
'1. CbahrasUnI, f. 2S, — cl voyez dans celte juge un autre eietnplede l'eiiiplm du lukattama : ■< man takatlaina fi 't-lauhid, quiconque sptcule f HT U croyuice Dnilaire «.
LA THÉOLOGIE AVANT liAZALl. IS
les principes (osoul) sont l'objet de la science fin .alani, et les couséquenccs {foroii'} sont l'ulyet de la cience du droit », définition fonnidée un peu tard, aais juste néanmoins, où l'on reconnaît la graude diviîon des sciences, indiquée par les Philosophes, en ùeDces théoriques et en sciences pratiques.
Ces observations montrent que le Kalam ou théolog'ie Spéculative, est née tout d'abord spontanément au seîn l'ialani. avant l'introduction de la philosophie grecque', qui permit, comme nous le montrerons, de e développer, de le préciser et de le systéniatiser. Cet ancien Kalam n'eut, à proprement parler, pas de fondateur; il sortit des premières disputes qui purent agiter Musulmans; pourtant, à le considérer comme ime cîencc ou comme susceptible d'en devenir une, l'on ■oit assez qu'il est redevable de sa première foimation lux grands jurisconsultes et parmi eux à celui qui fonda c système du rat/, Abou Ilantfah ; Châfii s'opposa au [alam, tout en gardant dans son système un minimum le cette science, comme plus lard Gazali devait le faire.
L'art de la spéculation était donc devenu l'apanage de la secte brillante, variée, subtile, mais trop libre
Oploioii ptrlicllemenl r.oiilraire t celle Ae r.oldiletier. itnlianmedallUclleStudien, II, Ta. JaiantoKe conforme à celle de Renan. Hiltoiredes angitei êémitignes, IS63. p. .iso. — llconvicnl du ne pas oublier qu'avant 'époque oii tes musulmans trailuUirent et éludiJ;reD[ defai:on méthodique U (Burres de la philosophie grecque, iU étalent placés dans un milieu A s'eierçBient les influeaces arobieolcs de l'hellénisme, du cbrislianitme et dn lai m II dis me.
d'esprit dos Motnz<''litcs, lorsqu'il fut reconquis pour la cause de l'orthodoxie par un homme dont l'impoi-taDce dans l'hisfoirc de l'islam est très haute, Achari. Docteur du rite de Chà&i, Achari peut être consid^ comme l'inaugurateur de la seconde période du Kalftm devenu science rationnelle et orthodoxe. Son œuvre, un peu éclectique, comme colle de Châfii, représente tout ensemble une réaction contre l'extrôme liberté de pensée, contre la curiosité d'esprit des Motazélites, dans le sens d'une soumission au dogme humble et entière, et une adaptation modérée des méthodes spéculative* de cette secte à la science même du dogme. Par rapport aux Motazélites, rationalistes hardis et passionnés. Achari représente la foi ; par rapport aux hommes de foi aveugle et étroite, il représente la raison.
L'imam ' AliDu'l-I!asan el-Ach'ari ' naquit à Basrah en 260, d'une illustre famille de l'Yémen . Sott aïeul, Abou Uousn el-Ach'ari, avait été compagnon du prophète et avait conquis Ispahan avec une partie de
1. Imam a te sens url^ncl de présidenl. L'Ulamisme orthodoxe liaiMKV de ce tilre se» prîaclpaux docteurs : les Toadateura de n ritei <• dont noU avoD9 parle, Achari. Catali et quelques antres.
2. La vie, les œusres el l'école d'Acbari ont Tait l'objet de deux Irt- Taui baeéfl l'un el l'aalre sur le texte d'Ibn 'Asiklr dont nous pariou [jlusloin, l'un de Mehren. Expoiide la réforme dr: lislamisme, daiu 1« vol. Il dea Travaux de ta 3' seasioa du Congrès inleinational des Orient*lisle, 1879, l'autre de W. SpltU, Zur Gtichiehte AOit'l-Basan al-A»'arfM I87C. Il faut y niouler Schreîaer. Zur Cesckickie df.i As'anfrnhimi H.— les Actes du VllI" congrès internai ional dea Oriental) sles, la-.n. — Sar U période de fonualioadu dogme arant Achari, Tojei encore Houtsma De tlrijd over hel tto'jma in den Itldmtol op el:it/i'uri.
a Pei-se. Notre imam vécut à Bagdad, afiacho d'ahuni & 1a doctrine des Molazélites, jusqu'il i'Age de k\i ans. Il étudia sous la direction d'ol-Djubbây et fut condisciple de son lils Abou Mchini. Il acquit dans cette secte nne assez grande réputation. Son maître le chargea plusieurs fois de tenir sa place dans des disputes pu- Miqaes. Un jour , soudainement en apparence , mais probablement à ia suite d'un long travail intérieur, ses sentiments changent. Il se renferme dans sa maison et en ressort quelques jours plus tard, pour monter dans la chaire et alyurer publiquement ses erreurs. Il ôte son manteau et le déchire en disant : » Comme je me dépouille de mon manteau, je me dépouille maintenant de toutes mes anciennes opinions. » Il publie dès lors une quantité d'ouvrages, principalement dirigés contre les Motazélites. Il enseigTie et groupe autour de lui une foule de disciples. Il a des discussions puhliques, sm'tout avec Djobbày. Il meurt en 334, laissant une école qui ruinera celle des Mota- Eélites, durera concurremment avec celle des Philosophes et engendrera Gazall.
On a contesté la sincérité do la conversion d'Acharî. Tandis que ses admirateurs entouraient cette convor- Bon, ainsi que la mort et la personne même de leur m<re, d'une auréole de léffendes, des docteurs d"é- Odes rivales et jalouses, llanéfites, Hanbalifes, HAturidilcs ', prétendirent qu'il n'était. revenu à l'orthodoxie
I. École fondée par el-MâluriJi, réformateur conlemporain d'Acharl.
16 GAZJU.I.
que [lar atiibilioti rt |tour s'altirer de plus x adhérents. II est à remarquer que la plupart d es grant'i lioDiDieâ del'îâlani.ji quelque école qu'iU appartins sent, ont vu leur sincérité mise en doute. Il en fut è mJiae pour Avicemme; il eu fut de mt^me pot Gazait. Je croîs qu'on principe il n'y a pas lieu d'à tacher grande importance à ces récriiiiiuatioDs ; 1 sincérité intime d'un auteur n'est pas une questic d'ordre scientifique: et quant aiL\ li^Tcs plus ou moit ésotériqnes que cet autour aurait écrits pour révéler ses familiers sa pensée vcrilable. la plupart du lem| on on ne les trou%-e pas ou ils sont apocryphes. Il « plusieurs traditions sur les paroles qu'Achari aura prononcées à son lit de mort. La plus curieuse pi un certain sentiment très moderne qui l'iniprègne, c celle qui lui fait dire : « Je ne traite d'impie auci des partisans de colto qiblah '. car tous se toumei vers un même objet d'adoration, et tout cela n'est qc différence d'expression * ■■ : parole qui ne témot^era pas d'un srand fanatisme do^iatique, mais pluli!kt d'bi bîludes d'esprit très accueillantes et très libres. Cepei dani ce n'est pas sur un mot d'aulhenticîlé doutent que l'on petit ju^r un homme, mais plutôt sur l'en semble de ses œuvres et d'après son influence.
L'influcucc tl'Achari fut considérable. Elle s'exerp
1. Qihloli. dim-Uoi dans taqndk «a te laarwt pxir prier; mot «Tn boliqnMMat «nplo}* iri Autt le t«Bt de rel^MB. 1. Ihbrea, fw. ni.. \\ M.
i THEOLOGIE AVAST UAZALl. " 17
F ]par ses élèves qui gardèrent et répandirent su traditroQ pendant plusieurs générations. Le docteur et liistorien Ibn'Asflkir.qui vécut au vi* siècle [499-579) et écrivit pour défemlre l'orthodoxie encore contestée d'Acharî, nouKa laissé une liste des successeurs île cet imam, parmi lesquels il convient de nommer, comme ayaut eu à ce qu'il semble une personnalité philosophique assez distincte, el-Bâlûlâni de Basrali, mort en 403. et Aboulîla'flli cî-I)jowaïni, connu sous le surnom de Imam el- Uaramem, c'est-à-dire Imam des deux villes saintes La Mecque et Métline, qui vécut de 419 à 478 et fut le maître de Gazali. Cette grande école Acharite n'aLsorbe pas pour elle seule le titre de Motékallim; il y «ni des Hotékallim en dehors des Aeharites; mais lorsque les auteurs arabes citent l'opinion de Motékaliun célèbres, c'est presque toujours h des docteurs Achailfs qu'ils se réfèrent, et le plus souvent aux deux 9"^ nous venons de nommer.
L'ceuvre d'Acbari, qui futlmmense. — on dit qu'elle comprenait plus de deux cents volumes, — est presque lOuUs perdue. Kremer en connut un livre, le Kil<tb el- <o»ia'^ livre des aphorismes, l>ref compcndiuni à l'u- ^^fffi cïes élèves', Ibn 'Asâkir cite le début d'un ouvrage heauc-oup plus important, l'ouvrage capital, peut-on croii-^^ de notre imam, le kitâb el-ibdneh, livre de •«"l'osition; ce début est beaucoup moins intéressant \>out- iiiistoire philosophique que pour l'histoire reli-
'■ Sl'iiii, /oc cl(.,p. 83.
gieusc, Heurcuscnicnt ily a lieu d'ospéi-or que cet ou vrage nous sera un jouf connu. Le titre en tiguro dai le catalogue de la bibliothèque de la mosqui^e FAtihiel à Coiistautinoplc ', et de courts l'onseignements q j'ai pu obtenir sur ce manuscrit, bien que n'ayant p une précision suffisante pour être rapportés ici, m'iii' clinent à croire que cette indication est authcntïqae,. Sur l'œuvre d'Achari en général, nous possédons UMf liste des livres qu'il composa de l'an 300 à l'an 320^ Cette liste, dressée par lui-même et consei-vée par s panégyriste Ibn 'As&kir, est instructive A parcourir. On voit que la plus grande part <ractivité de notre auteul se porta sur la polémique. Les ouvrages de cette catégorie dominent. Un grand nombre de traités sont ditî gés contre les Motazéliles, contre les Rawcndites, contr les dualistes, contre ceux qui admettaient que Dieu po» séde un corps, et contre plusieurs Philosophes, tels qua el-Iskflli et el-Balkbi qui nous sontun peu connus d'ailleurs. Dans les tilrcs des traités dirigés contre les Pliilosophes, on aperçoit qu'Achari les partage en Philosopbei proprement dits, c'est-à-dire platoniciens et aristotéli cîcns.enphysiologues et eu matérialistes, comme Icfert plus tard Gazali. Mais l'école philosophique ne faisait q [ naître chez les Arabes, au moment où Acbari eut à lutt« I contre elle , et elle était représentée par des disciples asse r obscurs d'el-Kindi. Cette polémique n'était donc qn'oi l premier bégaiement, si on la compare à, celle qui, deii
n m'a dit, des disputes
rii'clrs plus tar«f, devait opposer l'œuvre de (inzali .à »He d'Aviceiine. La tAchc qui incomba cii propre A ichariet à son *!'coIe, fut le comljat contre les Motazé- ■s. Oh apprend encore par la môme liste que notre nam écrivit, un peu comme les apAlres du christiaue, h. différentes commnuautés qui lui avaient fait Semauder des avis, La diversité des régions où résilient ces communautés montre combien s'étendit, de on vivant même, sou influence : l'on avait recours à ni da Kliorâsan, de Djordjân, de Damas, de WAsit, de gdad.
Les œmTes de BAkiIrtni et de rimam el-Hai-amélii sont îrt rares aussi. Notre Bibliothèque nationale a acquis a premier, faisant partie du fonds Schefcr. un ouvrage pie polémique contre les Motazéliles et d'autres secqui doit être fort important '; et la bibliobèque de Berlin possède du second un traité « des foncments de la foi* ... qui ne doit pas manquer d'intérêt. Ce n'est que lorsqu'on aura étudié ces deux manusrits et le livre de l'esposition d'Acharî , recueilli et lig en ordre les nombreuses citations sur les docteurs lotékallini qui se rencontrent chez les théologiens, chez 8 commentateurs du Coran et chez les historiens de l philosophie, tels que cl-Idjî, que l'on pourra souw à écrire une histoire assez complète de l'école du
t. X. Dtrvnbourg l'appeUc i ane de» merveilles de la callection Sche-
r ». £« Maniiscrilt arahet delacotircliun Sclieftràla Bibliollièqve l((ma(«, eitruUdu Journal dti savants, 1H91. Ms. coté 6U90. i. KiW> tl-lomii' fl Qatid-iU el-.Viâ'Ui, llerlin. 3073,
KalAm et à montrer de façon précise comment elle se modifia peu A peu sous Tinfluence de Técolc grandissante des Philosophes: En attendant, nous nous contenterons de définir en quelques pages son œuvre et son caractère, d'après les citations un peu pauvres d*Ibn Asâkir et les renseignements un peu secs et obscurs de Chahrastani ^ Nous retrouverons d'ailleurs cette école à une époque postérieure. Ce que nous allons essayer (l'en dire ici suffira, j'espère, et pour faire sentir le besoin qu'il y a de remettre à l'étude cette phase intéressante <le l'histoire philosophique, et pour permettre d'apprécier quelle fut, par rapport auxMotckallim en général, la très grande originalité de Gazali.
In premier coup (l'œil jeté sur les textes, montre que les questions qui préoccupèrent les Motékallimsont, j>oui la plupart, les mêmes que celles qui avaient occupé Icî Motazélites. Bien qu'ennemies, les deux écoles se suî vent et se soudent l'une à l'autre. Achari le Motékal lim sort de DjohbAy, le dernier grand Motazélite. Sam doute, il V a des dillorences dans les solutions donnée; aux questions ; mais il y en a assez peu dans le tour d'esprit qu'elles supposent et dans la manière de les traiter C'est de i)art et d'autre la môme recherche et la mém< subtilité d'analvse, les mêmes ellbrts d'invention dans l'abstrait qui aboutissent à des cflcts parfois brillants parfois bizarres ; et l'on doit croire <iue dans ce concourî pour raffinement et l'acuité de l'esprit, ce furent les Mo