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Utouaqid, loc.eil., p. i'i

LA MÏSTIOUK BE (iAZALI. 209

pcrfect ioagem ent moral; ilès les premiers mois qu'il prononce à ce sujnt. (lazall L^mel des pensées belles, péni'trantes et tout imprégnées de sentiment chrétien. Il y a des sens, dil-ii', qui ont nié l'utilité du combat ascétique en disant que le caractère n'est pas modifiable et que la nature ne se change pas. Pour eux, le caraclère est la forme intérieure, comme la taille, la figure sont la forme extérieure, et l'on ne peut pas plus changer

Json caractère qu'on ne peut ajouter à sa taille ou corrig-er les traits de son visage. Quelques-uns même ont pn'tendu sétre exercés pendant longtemps èi combattre leur irascibilité, et avoir à la fin reconnu que toute leur peine était vaine et que les p assio ns dépendaient seulement du mélange des humeurs. — Notre imam ré-

I pond à ces physiologistes en expliquant ce qu'il faut attendre de l'effort ascétique : ce n'est pas le changement de la nature . c'est la correction de défauts ou le gajp de qualités compatibles avec la nature. Nulle éducation ne

Ifait qu'un dattier devienne un pommier; mais on peut exei-cer quelque intlueuce sur la façon dont ce dattier se développe. On n'extirpera pas Jusqu'aux dernières

I fibres l'irascibilité du cœur, mais on pourra par l'cxer-

I cice en éWter les suites fâcheuses, ta diriger, la calmer;

, c'est là ce qui nous est ordonné et c'est de quoi dépend notre salut.

Le travail spirituel a pour but de tempérer, non de

I détruire les passions. Ce travail se fait en forçant les

1. Ihya, partie III. p. I0"il, «que letcaraclères peiiTenl èlte modifiés

•iQs par la volonli' à accomplir des actes conformes à la verfu que l'on veut acijuérir, afin que celle ve rtu naisse en l'âme par l'effet de l' habitud e. Par exemple qui voudra acquérir la générosité s'efforcera de répandre des dons et des bienfaits, et il continuera ) jusqu'à ce que ces pratiques lui deviennent naturelles. C'est tout à fait le système des moralistes chrétiens, et Gazali cil tire incidemment une noble pensée sur Tavantafi;e d'une longue vie : plus le travail spirituel aura duré longtemps, plus l'homme aura pris l'habitude du bien et plus fortement il aura imprimé les vertus dans

son cœur.

Puis, reprenant la comparaison des défaut s avec des maladies , de ce tempérament des passions qui constîlup la vertu avec cet'équilibre dans le m élang e îles humeurs d'où résulte la santé, notre imam en déduit la fameuse thé;jc mystique île la nécessité du directeur ' . thèse par laquelle le soufisme se rattache très étroitement au I mysticisme chrétien : L'âme étant malade, le directeur est son médecin; et comme le médecin doit tout savoir de l'état physique de son malade, parce qu'il ne peut soigner que les maux qn'il connaît, ainsi le directeur doit tout connaître de l'état spirituel de l'aspirant mystique qui vient solliciter ses conseils : " que l'aspirant (le morid) découvre au cheikh tous les secrets les plus cachés de son ôme, qu'il l'établisse juge sur lui-même et qu'il se conforme à se» avis )i. Ce sont les purs principes de la direction chrétienne.

l. lUya, lac. cil.,p. 45.

Les difl'iireiites vertus (îonl la pratique conslitue l'asct-se ne sont pus n«ttemcnt dîstîuguées par Gazali des sentiments ou états mystiques. Voici une suite de termes qu'il réunit sous l'appellation commune de stations {matjtimdt) : le re pen tir, la patience et la reconnaissanee, la crainte et l'espérance, la pauvreté et la continence, l'union à Dieu et l'abandon à Dieu. Une loi générale de ces situations de l'âme est qu'elles se composent d'une science, d'un état, et d'une action; cette division correspond évidemment à la division classique des facultés de l'âme en intellig-ence, sensibilité et volonté. La connaissance, dit l'auteur ', est le principe, elle euf^endrc l'état et l'état a pour fruit l'acte. Dans la reconnaissance, par exemple, la science est celle des grAces et des bienfaits de Dieu, l'état est un état de joie au souvenir de ces bienfaits, ef l'acte consiste à diriger sa vie dans le sens de ce que désire le bienfaiteur. — Arrêtons-nous un peu sur la déQnition du repentir^.

La Bciencc relative au repentir est celle par laquelle on connaît le dommage que cause le péché et comment celui-ci est un voile entre l'âme et tout objet digne de son amour. Lorsqu'un homme connaît cela d'une counaissance certaine, il naît dans son cœur une souflrance provenant de la perte de l'objet aimable, car toutes les fois que le cœur comprend qu'il perd ce qu'il aime, il et s'il l'a perdu par sa faute, il s'irrite contre

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