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autre : un amant qui, tandis qu'il voit l'objet qu iloiiue. est occupf^ (le la crainte de la si^paratioD, le voit mnii» bien. Or la vue de Dieu, sans crainte d'éloignemenl, «l le seul terme de la marche mystique.
Le plus bas de^ré de la crainte est celui qui porte l'homme à s'abstenir des choses défendues; ce degré s'appelle tempérance {wara). Une crainte un peu plus forte fait que l'homme s'abstient aussi de ce qui pourrail le conduire à ces choses prohibées; c'est la piélt [tagwa). L'homme est ensuite porté à abandonner même ce en quoi il n'y a pas de mal par crainte de ce en quoi il y a du mal ; et c'est la générosité dans la piélé {tid^V La crainte est le fouet avec lequel Dieu excite son sei^ vitcur à avancer dans la science et dans les œuvres. Ij bête de somme a besoin du fouet; l'enfant aussi. Mui il ne faut par les frapper trop fort. De même la crainte peut être en défaut, mais aussi en excès: il y faut no juste milieu. Une crainte trop faible est comme la sensibilité des femmes qui, en entendant certains versets du Coron, sont émues en leurs cœurs et fondent en larme et qui, aussitôt l'image terrible effacée de leurs espril^ reprennent leur vie mauvaise. C'est le fouet trop faible qui frappe une béte robuste sans lui faire .irrand mal, Cette crainte est celle delà majorité des hommes, i[ui ne sont j>oiut savants dans les choses de Dieu. La craint'' I trop forte est celle qui conduit à l'impuissance et au A^ sespoîr. Elle rend l'homme incapable d'agir, étonne e' stupéfieresprit,et va jusqu'à causerla mort: c'eslla verge trop forte qui tue l'enfant sous prétexte de le châtier.
LA KTSTIODK »K GAZALI.
11 y a divers motifs de crainle. On peut tM'aindiv une chose ou pour elle-même, ou pour les nialheui-s tpii en résultent. Les choses que l'on craint pour leurs suites sont par exemple la mort avant la conversion , la violation d'un vœu, le manque de force pour rester fidèle, l'en- , durcissement du cœur, la puissance de l'habitude qui rejette l'homme p6nitent sous le joug: des passions. On craint pour elles-mêmes des choses telles que les affres et les violences de la mort, l'interrogatoire des ang;cs Mounkar et Nakir, la comparution devant Dieu, le dévoilement des secrets, le passage sur le pont de la géhenne, l'enfer. Le degré le plus élevé de crainte est la crainte de l'éloigncment de Dieu et des voiles tendus devant lui; c'est là la crainte des saints; les degrés antérieurs de crainte sont ceux des gens de bien.
L'on a demandé quel était le plus excellent de la crainte ou de l'espoir • ; les docteurs ont disputé sur cette question. Plusieurs ont dit : c'est une question vaine. C'est comme si l'on demandait : quel est le plus excellent du pain ou de l'eau? Il est clair que le pain est meilleur pour la faim, et l'eau meilleure pour la soif. L'excellence de ces choses est relative. La crainte et l'espoir sont comme deux remèdes pour le traitement de r&me ; leur valeur dépend de la maladie. Si l'Ame souffre de l'insouciance des châtiments de Dieu, la crainte est meilleure ; si c'est de l'effroi et du doute de la bonté divine, l'espérance vaut mieux. A considérer la fréqueuce
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(!(' la iiiiiliulio, cm pourrait dire «[lie la crainte csf nicillourc, car elle guorit de la <lé!Job(^i!Jsaiice, lUiiladio ptus répandue que le déscKpolr; au même sens que le p&in ([ui guérit de la faim, est meilleur que l'oxyiiii'l qui ne guérit «pie de la jaunisse. A considérer au contraire la nature des remèdes, rospéraiice vaut mieux parce qu'elle s'alimente à la mer de la miséricorde, au lieu que la crainte puise & la mer de la colère. Mais le meilleur pour la plupart des hommes, conclut notre docteur, est un juste mélange de crainte et d'espérance.
Enfin, puisque aussi bien nous avons assez vu que le but de foute cette ascèse n'est autre que d'aimer Ilîeu et que t(»utea ces émotions qui la composent n'en sont qat des manières, demandons donc à Gazali de nous parler encore et une dernière fois de raniour.
En tout être ', le premier objet de l'amour, c'est lui-même. Dire qu'un être s'aime lui-même, c'est dire que pai" nature, il désire conserver l'existence et répugne à la perdre. Ce qui est aimé par nature, c'est ce qui convient à l'être aimant. Or, qu'est-ce qui lui convient mieux que soi-même et que le prolongement de sa propre existence? Ainsi l'honmie iiime la vie et abhorre la mort; et il ne l'abhorre pas seulement parce qu'il en craint les suites et qu'il en redoute les affres; même la mort sans souffrance et sans jugenicnt lui serait odieuse; ce qu'il bait, c'est le manque pur;