‹ GazaliChapitre 62 sur 102 · iiiijii. I, p. iï5-ian · texte numérisé non relu

iiiijii. I, p. iï5-ian

MYSTKJCRS AHABKS l'OSTKREGDBS !

paradis est l'ajiiour des petits et des pauvres ». Quel- (ju'un a déliiii la pauvretc : « n'avoir hcsoin d'aucune chose hormis Dieu i> ; ou encore : « le vrai pauvre (le faqîr\ est celui qui ne possède point m n'est possédé ».

Suhrawcrdi se plaint ' que quelques ascètes, et notamment les Syriens, aient confondu la pauvreté avec

l'état religieux » ; — c'est ainsi que nous rendons le mot /esauwM/' qui sigmlie recherche de l'état de soufi. — Il distingue quant à lui l'état de religion de ia pauvreté et aussi de l'abstinence; cet état a un sens plus large qui embrasse les sens des deux autres termes et y ajoute encore; il s'étend à la totalité de la vie spirituelle. Et, expliquant cette distinction, Suhrawerdi en donne une idée qui est admirablement chrétienne : celui qui n'est que pauvre, dit-il, craint de perdre la pauvreté, de peur d'en perdre le mérite, avec les récompenses qui y sont attachées; tandis qu'aux yeux du véritable religieux, pauvreté et richesse sont égales. Le vrai soufl n'abandonne pas les biens du monde pour les récompenses futures, mais pour les états actuels; selon une expression consacrée dans le sou&ime, h il est fils de son temps ». En d'autres termes, le pauvre renonce aux richesses par son choix et par sa volonté ; mais dans l'état religieux, il n'y a pas de cboLx ni de volonté. (( Le religieux agit en toutes choses par la volonté de Dieu, non par la sienne; il ne voit donc pas le mérite dans la forme de la pauvreté ni dans celle

Loi^. cit., p. 138.

de la richesse; il ne le voit qiie dans l'élal où Dieu ie place o( le fait entrer. » Quand Dieu le fait entrer dans un état d'aisance, il voit le nnÎTite dans celte aisance. — C'est là la pure doctrine de rimUifércnco mystique.

Quel est le but de la retraite? Suhrawenli le délinit' comme le ferait un directeur cbrétïen. Certains relîifieu.\, remarque-t-jl, embrassent la solitude dans de mauvaises conditions; ils ont entendu dire que les cheikhs et les soufîs avaient dans leur retraite dca révélations en lesquelles ils entrevoyaient des secrets et des merveilles; c'est pour chercher cela qu'ils sont entrés dans la solitude; mais ils se trompent. Le véritable ascète ne choisit la vie solitaire que pour le bien de la rebgion. ravancement de son àme et la pratique de la dévotion. Celui qui recherche la solitude doit ?trc libi-e de toute pensée autre que celle de Dieu, dégagé de toute préoccupation personnelle : autrement sa retraite n'aboutit qu'à la révolte et h la tentation. Ce solitaire qui n'a point de bonnes dispositions, croit être dans un état meilleur que celui des autres hommes; en réalité il est rempli d'erreurs et d'illusions folles. Il croit que tout le but do la piété est le souvenir de Dieu; et il oublie la soumission à sa loi et k ses prophètes.

Suhrawerdi aime les vertus douces, qu'honore le christianisme, l'huuulité, la mansuétude, le support du prochain, le pai-don des offenses, « L'une des vertus des

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