‹ GazaliChapitre 63 sur 102 · lli'ja · texte numérisé non relu

lli'ja

UVSTIQLEïi ARABES POSTKRIEURS A li.UALI.

Souiis, dit-il en pi-opres termes', est d'fitre miséricorilieux, de pardonner, de rendre le bien pour le mal. Sof yan et-Tjiuri a dit : Le mieux est de faire du bien à qui vous a fait du mal, car rendre le bien pour le bien n'est que payer, comme on solde une marebandise dans un bazar : Vous prenez une chose, vous en donnez une autre. Que votre miséricorde, a-t-on dit encore, s'étende à tous et ne se limite pas à quelques-uns; que ses bienfaits soient universels comme ceux du soleil, du vent et de la pluie.

Notre auteur a trouvé ou recueilli de )>ien jolis mots et tout k fait modernes, sur la justice et sur la charité^. Quelqu'un a dit : '< Si les hommes s'aimaient et s'ils tenaient compte des bienfaits delà charité, ils n'auraient plus besoin de lajustice. » On adit aussi ; <c La justice est te lieutenant de la charité; elle s'emploie li\ où la charité manque » ; et encore : " suivre la charité est plus excellent que de suivre la règle monastique; car l'obéissance à la charité est intérieure, au lieu que l'i)béissance à la règle est extérieure ■>.

* Et Suhrawerdi s'étend et donne des développements d'un caractère très mystique sur la charité en religion, Dur l'amour des frères les uas pour les autres, sur l'amour mutuel du maître spirituel, du cheikh et de l'élève, il entrevoit une sorte de communion entre les Ames pieuses, une communication directe et mystérieuse des pensées, des vertus et des irràces. Je no sais

i.thya, ni, p. 3:..

Llllya, m. p. 71.

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si Gazali avait péiiétrù aussi avant sur ce point. « L'amitié entre les religieux, dît-il, est une Iransmîssion de l'un à l'autre; ceux-ci, s'ainiant en Dieu, se pas^seol les vertus; ils les reçoivent les uns des antres par l'effet de la charité, l'élève les prenant du maître et le frère du frère. » « Le religieux parait aux autres hommes un être lointain; mais pour les siens, il est un êti-e immédiatement visible ; le croyant est le miroir du croyant. Quand le religieux regarde son frère, il aper<;oit dei-rière ses paroles, ses actes, ses états, des éclaircments divins, des enseignements, des démonstrations de Itieu. toutes choses cachées au profane et que peri.'oiveiit les hommes doués de lumière, n-

L'assistance morale donnée aux pécheurs et aux faibles, l'apostolat, est un des devoirs de la charité religieuse. Ce devoir n'incombe pas à tous, il y faut une vocation. « La charge de l'apostolat, dit notre auteur', ne comient qu'à quelques hommes, aus justea qui se sont dépouillés de leur volonté propre et revêtus de celle de Dieu, et qui entrent dans les affaires par cette volonté divine. Quand ces hommes-là savent que Dieu veut qu'ils parlent aux autres hommes et les exhortent, ils se mettent à cette œuvre avec desgr&ces cachées. Ce sont des gens qui sont morts à eux-mêmes et sont ressuscites; ils ont quitté la demeure de perdition, et ils sont entrés dans la demeure d'éternité. Il n'y a dans chacjue région qu'un homme élevé à cet

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