V. iiuatrain 350 de Nicolas
i. V. Margulioutb, The letters of Aba'l-Ala. p. ixit-xiiti, htcc In
rérérpnces y iodiiiuées.
5. Quatrain 434 de Nicolas, fl. Heron-Allen, toc. cit., p. 103.
SrH LES POÈTES HYSTlgVliS PEBSAN'S-
loire; l'on ignore leurs évolutions. Par prudence saiiK doute, plus que par sincî-rité, Abou"l-'Al4 écrivit des morceaux pieux, Kheyyam déplora la jeunesse consumée en pure perte, demanda la miséricorde de Dieu « pour ce cœur sujet au chagrin, pour ces pieds qui l'entraînent à la lavemo, pour ces mains qui, malgré lui, saisissent la coupe ' ». On dit que Kheyyam renonça à la science et alla faire le pèlerinage. Ce put être la conséquence des progrès du désenchanlemenl intérieur autant que d'une convei-sion véritable; en tout cas cette circonstance modifie à peine l'opinion que nous devons avoii- de son scepticisme; car si, savant, il fut impie et si, devenu pieux, il cessa d'être savant, cela prouve qu'il garda toute sa vie le sentiment sceptique d'un irréductible antagonisme entre la raison naturelle et la foi.
Revenons à la question du panthéisme. Comment par exemple prouverait-on le panthéisme de Saadi? Ce pur et harmonieux poète ne fut pas un métaphysicien. Si parfois sa pensée touche à la métaphysique, elle de>-ient imprécise, et les conséquences que l'on peut déduire de ses expressions sont sujettes k caution. Il fut surtout moraliste, et si l'on tient compte de la liberté du langage et de la composition poétiques, on a peine à voir en quoi sa morale se distingue de celle de Gazait. Sans doute il substitue à une analyse mé-
thodiquc roi'tlre moins rigoureux dr-s sentences et les procédés indirects de l'apologue; maïs il prêche h douceur et l'iiumilité, la modération dans les déàn et le renoncement aux passions, rhutuanilé, la bienfaisance; il vante le silence, honnîl la médisancf. cliùtie les ascètes orgueillcuv, excite au repentir.
L'on peut.il est vrai, reconnaître dans cette éthique spontanée et peu savante, l'influence de celte morale naturelle que l'on voit exprimée le plus souvent dans les sentences et dans les fables; mais s'il y fant chercber une autre source, rien n'empôche de trouver celle-ci dans le soufisme orthodoxe, c'est-à-dire en dernier ressort dans le christianisme; et non seulement il n'y a point de raison pour contester cette influence, mais il y en a pour nier l'influence bouddhique. On ne découvre point dans cette morale les traits particuliers de la morale bouddhique, la notion que l'existence est un mal, l'idée du karma et de la métempsycose, l'extension systématique de la cbarîté aux animaux. Rien n'est moins bouddhiste que ce mot de Fii'dousi rapporté par Saadi ' : » Ne toumicnle pas la fourmi qui charrie son grain de h\é, car elle vit, et la vie est chose douce »; rien ne l'est moins que ce conseil de détruire les guêpes -, image des méchants, sous prétexte que la tolérance accordée aux méchants est un encouragement au mal. Cela
I, Le Bovstanou verger, (rad. Barbier deHeyoard. Parïi, 1830, p. m. — Sudi nioDrul l'an I!9I de J.-C. (OSl H.).